dimanche 22 janvier 2017

Burkina Faso 1 une tournée au pays des hommes intègres


BURKINA FASO


Une tournée au pays des hommes intègres






Jeudi 24 FÉVRIER 2011 : arrivée


Intégrité : Qualité d'une personne qui ne se laisse entamer par aucun vice.

Je suis partie le 22 février de Montréal direction Paris, le vol est archi plein. Pas de siège sur lequel m’étendre pour faire un petit roupillon. Paris, il fait gris, comme c’est l’habitude l’hiver mais ça ne me dérange pas, je m’en vais vers le soleil. Départ de Paris pour Ouagadougou. Nous sommes retardés à cause d’un bris du système de levage, ils doivent sortir le container de fret pour laisser celui des bagages. Là encore, le vol est archi plein. C’est le Festival du Film de Ouagadougou qui commence cette fin de semaine. À ma droite, un monsieur qui vient découvrir des nouveautés pour le festival du film qu’il organise je ne sais plus trop dans quelle ville de France.

J’arrive à Ouaga avec du retard à cause d’Air France et j’espère que le chauffeur et l’accompagnateur de mon ONG seront là. Il fait nuit et déjà on sent qu’il a dû faire très chaud aujourd’hui parce qu’il fait 34 degrés et qu’il est minuit passé. Premier contrôle pour la fièvre jaune, deuxième à la police, troisième, le douanier. Évidemment, je ne suis jamais dans la bonne file mais je me dis que les bagages ne sont pas encore arrivés de toute façon alors pas la peine de s’énerver.

Dans l’avion, j’ai commencé à saisir un peu ce que sont les Burkinabés, des gens calmes, souriants, courtois, ils n’ont pas un physique agressant, le regard est doux, la peau est sombre quelque fois un peu plus claire, ils ne sont pas tapageurs, la vie coule. Il y a beaucoup d’entraide avec les bagages à mettre dans l’overhead bin !

Enfin, je traverse de l’autre côté de l’aéroport, jette un regard, il n’y a pas d’affiche avec mon nom dessus, est-ce qu’ils sont partis ou s’ils sont de l’autre côté de la porte à m’attendre ? Je verrai bien. Mais là, c’est le zoo, les passagers d’un 737 dans une salle de 30 pieds x 30 pieds c’est petit et tous sont à la recherche de leur bagage respectif. Wow ! Un deuxième avion en provenance du Sénégal. Évidemment on ne voyage pas léger dans ce pays. Alors des valises il y en a partout. On demande au gars du chariot qui s’attarde et vous regarde seulement si vous avez toutes vos valises. Je reste là, plantée là, à regarder tout ce va et vient et je me dis ; je vais attendre. Je m’habitue à la chaleur, je traîne mon manteau d’hiver, je ne suis pas la seule d’ailleurs, ma petite valise roulante, mon gros sac à main, mon foulard. Dans ce qui aurait pu être à Montréal un événement ou on se serait toiser du regard sèchement, ou bousculer pour prendre nos valises, non ici ça reste calme et très civilisé, même si les bagages arrivent et que la passerelle à bagages ne fonctionne pas. On m’aide à retirer mes énormes valises. Merci c’est gentil.

Enfin, je sors et vois la pancarte ONG. C’est bien mon chauffeur. Eudoxie l’adjointe du responsable de l’ONG au pays est dehors dans le stationnement elle parle avec une québécoise que je venais tout juste de croiser, elle vient retrouver sa mère elle aussi volontaire. Le chauffeur ira la conduire en premier ensuite nous arrêtons prendre une bouteille d’eau et enregistrement à l’hôtel. Première impression arrivée à l’hôtel, sous l’éclairage des néons ça semble lugubre, mais bon, le gros Colonel, le bus boy de service (il se fait appeler comme ça), me montre comment me servir de la climatisation et enfin je dis bonne nuit à Eudoxie il est 12 :30. Je suis assez fatiguée, les idées se bousculent et comme elle doit venir me prendre demain à 9 :00 alors je me dis ; je dois dormir et vite. J’ai toujours du mal avec l’air climatisée, c’est soit trop ou pas assez, enfin je rafraichis ma chambre qui est correcte, pourrait aussi être pire, bonne toilette, la couleur de la taie d’oreiller laisse à désirer, une chance que j’ai emporté la mienne, et dodo.

Ce matin le réveil est difficile, j’ai dormi comme une roche et je serais volontiers restée une heure de plus, mais bon, je me prépare et réalise que j’ai regardé l’heure sur mon cellulaire européen et que j’aurais pu dormir une heure de plus.  Je me dégourdie un peu, je descends, traîne un peu dans le lobby, je sens la chaleur déjà qu’il fait dehors, je fais le tour de la piscine, je remonte à ma chambre.
Une fille m’appelle, le son est québécois, qui ? Carmen, oui je suis de ONG qu’elle me dit et qu’Eudoxie ne viendra pas et qu’elle voudrait se présenter à moi. Mais bien sûr. Je monte à sa chambre. Elle est informaticienne 35 ans de service à la commission scolaire de Montréal, 53 ans comme moi mais elle a un bon fond de pension. Elle est grippée. Elle me montre sa chambre et on descend au restaurant (c’est un grand mot) et on me dit que le petit déjeuner est fini, je vois des brioches et me dit qu’elles feraient bien l’affaire, jus d’orange frais, un café nescafé en poudre Ok, je me mets deux autres brioches dans une napkin. Ça fait un fond.
Je défais mes valises, prend le temps de charger mon ordinateur, les cellulaires et tout. Mets de l’argent dans le téléphone. Je dois aller dans le lobby pour avoir accès à Internet pas grave, je skype. Louise, ma sœur Agent de bord pour Air Canada, est à Londres donc sur le même fuseau horaire à – une heure. Elle devait aller à Tripoli en Lybie chercher les ressortissants canadiens. Le gouvernement a décidé qu’il envoyait des avions militaires à la place. Alors, elle doit revenir à Montréal. Je suis désolée pour elle mais  pas fâchée.  Eudoxie me téléphone pour me dire qu’elle viendra plus tard, ce qu’elle ne fera pas. Je commence à saisir…la notion de temps.
3 :30 je fais un petit somme. Carmen me rappelle ; passe à ma chambre je veux te présenter Denise et son mari Michel. Ils habitent à St-Donat et ont voyagé partout dans le monde, elle aussi travaille pour ONG et son conjoint vient avec elle, elle s’occupe de micro crédit et beaucoup d’informatique bancaire. Elle travaillait au gouvernement, elle aussi bonne pension. On se donne rendez-vous pour aller souper à 6 :00 dans le lobby. Entre-temps Carmen m’a passé son Petit Futé, que je vais lire sur le bord de la piscine. Michel vient m’y retrouver et me dit qu’il va acheter de l’eau alors je me joins à lui.
C’est mon premier voyage en Afrique de l’Ouest mais pas en Afrique. J’ai déjà importé des fruits d’Afrique du Sud et donc j’y suis allée à quelques reprises. J’ai aussi été au Kenya, Tunisie. C’est aussi mon premier voyage à titre de conseillère volontaire. Je n’ai aucune idée de ce que sont les attentes du client et de comment se déroulera mon mandat et dans quelles conditions. Que l’aventure commence ! En général, les mandats avec mon ONG sont d’une durée qui varie entre 4 et 6 semaines. Il y en a de deux semaines mais en général c’est cela.
Première sortie de la journée WOW. Les chemins sont en terre ou plutôt du sable rouge qui se soulève à chaque pas. Les mobylettes, vélos, autos arrivent de partout. Il y a quelques feux de circulation, mais pas de noms de rue. Je dois regarder ou je mets les pieds les trous sont comme nos nids de poule, il y a des marchands, oups une femme avec un gros sac sur la tête, je dois regarder par terre ou je mets les pieds mais je me rends compte que je ne regarde pas ou je vais. Bon, c’est juste au bout de la rue mais c’est une expédition en soit. On arrive au coin, on cherche ha c’est là. Je me suis presqu’esclaffer de rire. Une SAQ !!! Nouveau genre. Ils y vendent du vin, du champagne par cette chaleur wowowo. Merci pour moi. 2500 FCFA pour 6 bouteilles d’eau, Michel  qui m’accompagne va m’en laisser 4 au passage. Je retourne à ma lecture.
6 heures, Ils sont là, Denise, Michel et Carmen, dans le lobby, point de ralliement pour aller souper, on marche de clarté, pour aller au restaurant, à toute vitesse à contre sens de la circulation, qui est tellement intense à cette heure- là ce n’est pas croyable et la pollution me prends à la gorge tant il y a de ces mobylettes rafistolées, en trois coins de rues on a croisé trois boutiques de réparations de mobylettes, c’est dire. On va rencontrer d’autres volontaires de ONG. Micheline de Saguenay qui travaille au niveau de la restauration et sa fille en visite (celle que j’ai croisée la veille à l’aéroport) et  Claude en ressources humaines.
Le restaurant ? le Bouguinvillié. L’odeur est incroyablement intense, je ne savais pas que ces arbres pouvait être si odorants, pourtant ce n’est pas la première fois de ma vie que j’en vois David mon frère qui habite au Brésil, en a même un chez lui mais on s’entête à me dire que ce sont ces arbres qui sentent bon, enfin je doute. Beau et très bon restaurant. J’ai pris une entrée d’avocat vinaigrette et un Capitaine braisé avec sauce provençale et haricots verts et j’ai partagé une bière avec Claude. Excellent poisson qui ressemble beaucoup au doré et sans arête de surcroit le bonheur c’était vraiment délicieux. J’en profite parce que Micheline est déjà venu ici trois fois elle peut donc faire les recommandations. Tous sont super gentils et ont beaucoup voyagé. Micheline vient ici presque pour 6 mois Ouf, et en général elle est à la campagne ou dans de petits villages isolés.  On sentait vraiment qu’elle était contente de voir du monde. 9 :00 heures, la nuit est tombée, et je me demande comment je vais faire quand ils ne seront plus là et que je serai seule à mon tour dans de petits villages.
Je dois aller à Banfora et tous m’en ont dit grand bien et Denise, Carmen et Michel veulent descendre avec moi. Demain c’est le travail. En fin de semaine on prévoit déjà d’aller au cinéma. À+

Vendredi 25 février : Première journée de travail.


Mandat : Mettre en place un regroupement pour la commercialisation des produits de la filière mangue, manioc et anacarde. Élaboration de la structure organisationnelle, réglementaire, de fonctionnement, de financement et de budget d’opération et ce dans la recherche de l’assentiment majoritaire de ses membres dans sa mission et sa réalisation.
Eudoxie doit venir me chercher à 11 heures bon avec une demi heure de retard. Une fois arrivée à XXX (mon client) rencontre avec M. Sampebre, M. Traore de XXX, le président Traoré et Mme Sonny qui est aussi la vice-présidente de l’Association. Bon, présentations, palabres, et je leur explique ce que je pense du mandat et comment je vais le réaliser.


Mme Sonny est tout sourire. Plus tard, elle me dira que quand elle a vu mon CV que j’étais son premier choix. Bon la flatterie on connait, mais ça fait toujours plaisir. Je suis ici, il fait très chaud dans cette salle. Nous convenons de définir





Figure 1Mme Sonny



l’agenda de la prochaine semaine, ça va prendre 5 heures seulement pour faire ça ! wow. Ça promet !  Elle vient me reconduire à mon hôtel. J’ai très chaud, en chemin nous croisons un cortège funéraire. i.e un cercueil sur une vielle charrette tirée par un âne et des tas de gens qui suivent. Je vais me baigner, l’eau est fraîche et Denise vient m’y retrouver.
On se prépare pour aller souper. Nous irons au Verdoyant. Je prends une escalope de veau, quelques bouchées et là les coups de poignards m’arrivent dans l’estomac, je gonfle à vue d’œil. J’ai mal au ventre, mais je me dis peut-être que ma ceinture était trop serrée, je demande la permission de me déboutonner. Bon ça ne passe pas. On s’en va au Jardin de l’Amitié, sous les arbres, un orchestre va jouer de la musique, il y a aussi des gens qui exposent leurs créations. Il y a un jeune homme appelé Amidou qui me montre comment on fait le bronze avec la cire et pour démontrer que c’est vraiment du bronze, le pauvre  laisse tomber sa création qui n’est pas supposée casser et voilà, le bras a cassé que dire… ensuite ça été la même chose avec une fille qui voulait nous montrer un petit sac en cuir elle tire sur les cordons et un d’eux reste dans ses mains…J’ai déjà voyagé dans des pays africains mais c’est le premier ou je vois des statues de bronze, c’est une de leur spécialité ici. Aussi, il y a des chevaux. Une cavalerie même. Le cheval est honorée parce qu’il est associé à comment le pays est né d’une princesse etc…Alors je me lève je marche de long en large en espérant que les crampes passent, je vais aux toilettes wowo, il n’y a pas de papier et j’en ai pas pris avant de partir de l’hôtel et l’odeur et la saleté, que dire… je retourne et là Denise qui ne me voyait pas revenir s’est inquiétée et est venue à ma rencontre et a offert de rentrer, je ne voulais pas casser leur veillée mais tout le monde a dit non on rentre, nous aussi on en a assez. Alors négociations pour rentrer en taxi, il faut toujours négocier les taxis. On tient bon, 1000 francs cette fois pour les 4.
J’essaie de me coucher sur le ventre, ça ne passe pas, je passerai la nuit à avoir mal au ventre, en matinée, c’est confirmée ; diarrhée. Bon sang je n’ai rien fait pour avoir ça. Mais c’est comme ça. Je pense bien que c’est la bouffe sur Air France, je voulais prendre les pâtes comme Louise me l’avait conseillé et arrivé  à ma rangée il ne restait plus que le poulet en sauce.

 Samedi 26 février : diarrhée et festival des films de Ouagadougou (FESPACO)


Marcel, un autre conseiller volontaire spécialisé dans le monde bancaire, m’appelle pour savoir comment je vais, lui aussi a la diarrhée, et  me demande si je veux me joindre à lui et Carmen pour aller faire des courses. Pharmacie où j’achète une moustiquaire enduite, ensuite épicerie, et j’achète au marché en plein air une bouilloire. Première occasion de m’en servir je fais brûler l’élément. La belle affaire. Je devrai retourner demain c’est pratique cette petite chose. Nous revenons à l’hôtel à 11 :15 et repartons seulement Marcel et moi manger une soupe dans un restaurant qu’il connait. Très bonne soupe et je me prends un bol de riz pour compacter tout ça.

Au retour, je skype un peu, question de rassurer maman et je vais retrouver la gang au bord de la piscine. Je suis fatiguée, et lasse. Je remonte à ma chambre et me tape un immodium. Marcel nous montre les photos de son dernier voyage ici et comme je m’en vais sur la route pendant près de 10 jours et dois aller à Banfora, il me montre un beau petit hôtel et les choses à faire dans le coin. La gang va venir m’y retrouver pour le week-end super. Si Mme Sonny ne veut pas aller aux chutes prétextant : qu’elle ferait remonter le courant ! ( parce qu’elle est un peu grassette) moi j’ai bien envie d’aller voir ça. Bon je vais me coucher, ensuite souper, spaghetti blanc et un judor (genre orangina)  Ah oui hier j’ai bu du bissap jus de fleur d’hibiscus c’est très bon, meilleur même que du jus de raisin.

La pollution ici est terrible toute ces mobylettes qui roulent avec des « exas »perforés, ça pu tellement ! C’est je pense ce qui est le plus difficile ici et les déchets qu’on fait brûler un peu partout, Il y a toujours de la boucane ou de la pollution. C’est ça le problème, on envoie nos vieilles bagnoles dans ces pays et ça tue le monde à petit feu et nous aussi quand on y va.




C’est le début du Festival du film de Burkina Faso, un événement qui arrive à tous les deux ans et ça commence officiellement ce soir. Aujourd’hui, il y avait des rues de fermées et des tapis rouges dans les rues. Ce soir la grande première était au plus grand stade d’Ouaga. On a regardé ça à la télé pendant qu’on mangeait. Dommage. Ils invitent le monde entier et nous on ne sort pas parce qu’on est malade….Je me suis acheté une jupe longue, parce que les pantalons, c’est pas mal chaud.  Demain on doit aller voir au moins un film, j’espère juste que j’irai mieux parce que le travail commence lundi et je dois être en forme.

                                           



Dimanche le 27 février : repos



Ce matin ça va un peu mieux, j’ai pris la moitié d’un immodium au cas où…. Je me suis réveillée tôt, la personne de la chambre à côté faisait pas mal de bruit on aurait dit des talons hauts sur la dalle. Alors, j’ai commencé à me préparer, petit déjeuner ; deux mini-danoises et une petite banane. C’est gris ce matin, j’espère seulement que ça va se dégager parce que je pensais m’étendre un peu au soleil. Je suis étonnée, le soleil ne bronze pas trop ici, je pense que c’est parce qu’il y a trop de sable en suspension dans l’air et que ça filtre les rayons. Les filles disent aussi la même chose parce qu’elles ont des lunettes qui changent de couleur quand il y a trop de UV et ici elles arrivent à peine à atteindre brun au lieu de noir alors…

Apparemment, il y a quelques années ont a tout détruit des vieux quartiers pour rebâtir à neuf et c’est pourquoi il y a tant de terrains vacants alentours de l’hôtel ce qui rend propice aux squatteurs et donc vols. Il faut donc être très prudent quand on marche autour de l’hôtel mais ça c’est presque partout la même chose. Je me suis acheté une jupe, genre poche. Parce que comme j’ai trop engraissée plus aucune jupe ne me faisait et comme c’est plus confortable que des pantalons pour voyager. Elle n’est pas à mon goût ni dans ma palette de couleur mais que voulez-vous. Je suis donc assise au bord de la piscine en ce dimanche matin en train de vous écrire pendant que les hommes s’affairent à remplir la piscine à ras bord et faire de menus travaux aux alentours. Hier ils jardinaient, binaient, enchaussaient et plantaient quelques plantes manquantes dans la bordure qui enjolive l’arbre à pin majestueux.
Hier, au marché, j’ai pris une photo des étals d’arachides et les femmes pensaient que je prenais des photos d’elles, elles étaient choquées et je leur ai montré ma photo et elles m’ont dit qu’ici on doit demander la permission, on n’aime pas que nos visages soient pris dans la boîte. Quand elles ont vues que ma photo était les cajous elles ont ris mais elles ne riaient pas au début.

Hier midi, quand je suis allé luncher avec Marcel le Sherbrookois, au restaurant  MAXI j’y ai rencontré la propriétaire Brigitte, très gentille. Quand Marcel m’a quitté pour aller avec Jacques un ami de M. Jacques  comique non ? Bon,  acheté des sels réhydratants je l’ai attendu au restaurant et Brigitte est venue s’asseoir avec moi et on a jasé de tout et rien et ensuite elle me dit que les profits qu’elle fait dans son restaurant elle les donne à son œuvre de charité. Elle a une fondation qui s’occupe de 300 enfants orphelins et maintenant elle est reconnue comme ONG et elle s’occupe des femmes veuves et battues. Je me suis mise à lui raconter ce qui était arrivé au Maire de Virginie et elle s’est mise à pleurer. Je vous raconte  de mémoire le gros de l’histoire. Ce maire est marié à une neurologue et il fait face à de gros problèmes, ses prisons sont bondés et il cherche une solution et un soir qu’il en discutait avec sa femme et elle lui a dit que s’ il voulait éradiquer le problème il devait commencer à la petite enfance. Elle lui a montré des scans des cerveaux d’enfants aimés et d’enfants battus le premier était rose  et remplissait complètement la boîte crânienne et l’autre était noir et petit. Il a donc décidé de commencer à mettre en place des résolutions pour ce faire et depuis ses prisons se vident.

Brigitte a perdu un enfant à l’âge de 4 ans et elle a ensuite adopté deux enfants. Son mari est dentiste ils ont donc fait bâtir cette bâtisse où son restaurant occupe le premier plancher et le deuxième est la clinique de dentiste de son mari.

Marcel s’occupe de micro-finance ici, il vient de se joindre à moi sur le bord de la piscine. Il quitte vendredi et il a une grosse semaine et doit préparer ses dossiers. Mardi rencontre avec tous ses intervenants, une dizaine, qui vient d’un peu partout du pays, ensuite il doit finir l’installation du système informatique. Les caissières comptent l’argent avec des calculatrices. Il m’a recommandé d’aller manger dans un petit restaurant dont le nom lui échappe mais qui est en face du restaurant chez Simon. Je ne sais pas quand j’irai mais on verra.

J’ai envoyé un courriel à L. Gagnon la femme de R.Tremblay un journaliste… dont je n’ai toujours pas eues de nouvelles, elle devait m’envoyer sa liste de contacts ici au Burkina etc… mais bon, ils te disent ça et tu sais bien qu’ils ne le feront jamais. Pour ce qui est de mon monsieur Campaore à qui j’ai vendu une maison Laprise ici à Ouagadougou, je ne peux pas le voir en fin de semaine parce qu’avec ce qui m’arrive je ne peux pas commencer à chercher les toilettes chez un client, la fin de semaine prochaine je vais être à Banfora, donc je l’appellerai pour ma troisième fin de semaine ici pour visiter la maison.

Ma chambre est séparée en deux, partie salon et partie chambre et hier après-midi j’ai fermé la porte de la chambre pour garder la climatisation d’un côté et je me suis embarrée il a fallu faire venir le gars avec le passepartout mais tu penses qu’ils auraient pris la peine de dire attention de ne pas fermer la porte, bon ce n’est pas bien grave je n’étais pas toute nue, une chance.

Bon je suis obligée de monter à ma chambre, il commence à pleuvoir sur mon ordi. Dommage. Hier soir, j’ai remarqué que l’eau du robinet était très chaude et je me suis empressée à me faire couler un bain. Quand j’ai dit ça à Carmen que j’avais pris un bain elle a dit c’est toi qui a pris toute l’eau moi j’avais juste un filet d’eau, et bien y a pas que des mauvais côtés à rester au premier étage (voir qu’il y a des coquerelles, je n’ai même pas vu l’ombre d’un moustique encore quelques mouches dehors mais rien de bien spécial). En général à l’hôtel les gens sont assez tranquilles y a pas de grabuge, de claquage de portes, on est très poli en ce sens.

Ici les hommes ont l’air des hommes ! Faites-en ce que vous voulez mais c’est ça. Dos droit, belles épaules, ….ça va j’en dis pas plus.

Le premier soir quand nous sommes allés manger au restaurant le Bougainvillier il y avait de gros oiseaux qui volaient de branches en branches, je m’en étonnai parce qu’en général la nuit les oiseaux ne volent pas trop et Claude de me répondre se sont des chauves-souris ! Ha ben là, je ne te crois pas ça ne peux pas être aussi gros qu’un pigeon quand même ? Apparemment que oui, j’en doute encore à suivre….

Denise et Carmen ont acheté du beurre de karité et s’en sont enduites et ont dit que cela avaient une odeur… et l’autre soir Cheik m’a dit que les femmes ici enduisaient les enfants jusqu’à l’’âge de trois ans de ce beurre et les massaient avec ça. Alors je ne sais pas si je peux faire une parallèle avec ça…mais nous aussi on a une odeur, et ce n’est pas du Baby’s Own !


Cette Afrique là est beaucoup plus dépaysante que tout ce que j’ai vu à présent que ce soit en Afrique du sud, au Kenya, en Tunisie….

Ici la terre est rouge, il y a que quelques rues goudronnées. Quand je suis allée au resto hier avec Jacques on a pris une rue goudronnée pour arriver au bout et en prendre une autre non goudronnée et là sur les deux côtés s’entassaient des cabanes rudimentaires, malpropres, dans la rue je marchais sur une vielle brassière, des sacs de vidange qu’on n’est pas capable de recycler qui se mêlent au sable ouach, la pollution, ça vient de chez nous cette merde là, et sont bleus marins donc très voyants. C’est la même chose pour les mobylettes dont on ne veut pas dans les pays riches et qu’on envoi ici, Ouach encore. Dans ce désordre, dans cette pollution, arrive comme dans un mirage, une fille, belle élégante, racée, le port altier, qui s’en vient vers moi portant une jupe longue et un corsage assorti et une écharpe pailletée portant sur sa tête une bassine remplie de fraises fraîches montées de façon à faire rougir les plus grands étalagistes de chez Harrods. Comment elles font ? Je me le demande. Tout à coup elle porte la main à sa bassine, prend une fraise, la mange et rien ne tombe, alors là !!!! je suis estomaquée !
Quand on vous emmène l’addition, elle est présentée en général dans une boîte sculptée très chic. Cette idée devrait être récupérée au Québec. Parlant de récupération, ici on fait de tout, l’autre jour je me suis fait apostrophée encore par un vendeur, ici ils sont assez, pressants je dois l’avouer, il avait fait cette petite bicyclette, bon ici je pense que je radote alors je vous envoie ça j’espère que ça va vous donner une peu de mes nouvelles. Je vais essayer de faire ça à tous les dimanches.

Journée un peu plate, je me remets tranquillement, Immodium fait effet. J’ai essayé tout l’avant-midi de créer un blog pour que tout le monde puisse me suivre, mais le temps pour downloader le tout et surtout les photos ça pris un temps fou, une heure pour 4 photos alors on s’entend que je ne recommencerai pas l’exercice. Ce que je vais faire c’est envoyer un long courriel qui récapitule ma semaine, je ferai ça le dimanche. Alors comme ça vous aurez des nouvelles au moins. Le niveau d’internet n’est vraiment pas assez rapide alors il faut ce qu’il faut.

Alors j’essaie de m’assoir à la piscine pour vous écrire et il se met à tomber des gouttes, alors comme j’ai le portable, je remonte à ma chambre. Je mange un petit quelque chose pour me raplomber l’estomac, sardines (ce n’est pas le meilleur choix mais quand même), un triangle de fromage, la vache qui rit et oui elle est ici elle aussi, une banane, des cajous, un yogourt.

Je suis allée faire un film sur la terrasse de l’hôtel, en fait c’est là où les femmes de ménages étendent le linge à sécher. Je retourne à la piscine  où Marcel me présente son ami Jacques un Mossi super gentil. Les hommes ont l’air bien jeunes aussi et c’est aussi dans leur comportement. Marcel me dit qu’il a une trentaine d’années et pourtant de la manière qu’il raconte, c’est comme s’il en avait seize. Il est bien drôle dans sa manière de parler avec ses mains de ce que ses ancêtres faisaient et de comment son grand père s’est fait surnommer ; l’homme qui n’entend pas l’eau bouillir. L’histoire est que si tu reçois quelque chose en cadeau tu dois aller le montrer au chef et c’est à lui de t’autoriser à le garder par exemple un t-shirt ne pourrait pas être plus beau que celui que le chef porte. Il est aussi défendu de faire cuire un poulet si le chef n’en n’a pas donné l’autorisation. Alors un jour, le grand-père de Jacques faisait bouillir de l’eau pour faire une soupe au poulet, le chef a entendu l’eau bouillir et le grand-père s’est empressé de tout cacher, et n’a pas été attrapé, mais il a été depuis surnommé l’eau non bouillie.



SEMAINE 2

Lundi 28 février


Petit déjeuner : mes deux petites brioches…un verre d’eau ça fait assez sec. Premier meeting avec membres de l’association
Meeting toute la journée.








17 :30 partis avec Denise et Michel voir un autre film du festival super bon ! Manger sur place et visiter exposition tableaux de Patrick Singh, qui était assez exceptionnelle.  Si je gagne la loterie je sais où aller chercher mes prochains tableaux, lesquels je vous présente ci-bas.
Rentrée en taxi  dodo 10 :30 réveillée à 2 :30 à cause de la clim et debout à 5 :30 pour préparer départ.












                                                                                                                     




Mardi 1 mars : Le départ en brousse

 
Je suis dans le lobby en train d'attendre mon chauffeur qui s’appelle Adama. Il est 7:30 et je suis debout depuis 5:30, 45 minutes juste pour le check out, 20 minutes pour avoir de la monnaie pour les pourboires bon, ça va être une grosse semaine déjà qu'hier ouf, la pollution me dérange pas mal. Je suis obligée de me mettre un foulard au visage tout le temps. Y a des millions de mobylettes et d'autos sans silencieux alors ça te donne une idée.
Avant hier je suis allée à la première du festival du film, le président était là avec tout le gratin burkinabé, tapis rouge etc...Hier, ont est allé voir un autre film super bon Death Weight de Yémane Demissie, extra il devrait être à Cannes !
Ma chambre m'a couté 135,000 CFA pour une semaine  
Finalement, ils sont venus me chercher à 8 :30 merci j’aurais pu rester couchée, on a dû retourner à l’APIPAC pour avoir le camion, ce n’était pas prêt, le per diem de Mme Sonny non plus n’était pas prêt, enfin on a mit de l’essence et nous sommes partis à 10 :30 !!! Bravo !
Ma cliente Mme Sonny va m’accompagner tout au long de mon séjour. Nous irons donc de villages en villages rencontrer les producteurs de mangues séchées et d’anacardes afin de connaître leurs besoins respectifs vis-à-vis la création d’une nouvelle coopérative.
Mme Sonny est mère de 4 enfants et grand-mère de deux petits-enfants.  Elle est plutôt corpulente et se coiffe avec beaucoup de petites boucles. Elle est très gentille.
Ça nous a à peine pris 1 :30 pour se rendre à Boromo halte routière et sommes arrivés à 15 :30 à BoboDioulasso alias Bobo ou on n’avait pas nos réservations !!! Entrée dans ma chambre à 16 :00. Brûlée, crottée, brassée à souhait. Bon une bonne douche un petit roupillon et me voilà en train de vous écrire il est 18 :02.
Je vais aller manger de bonne heure, un bon capitaine (nom du poisson local) à la bobolaise. Il faut en plus que je refasse mes valises ça pas de sens de trimbaler toutes ces valises, mais bon. Alors je suis descendue à l’hôtel Entente à Bobo Dioulasso communément appelé BOBO, ensuite je serai au Calypso à Banfora et au Prestige à Orodara.


Ce qui me tue c’est de voir tous les sacs de plastique qui traînent partout c’est la seule chose qu’ils n’arrivent pas à recycler une vrai merde que ces sacs de plastique pour moi là j’en ai eu une écoeurite aigüe et j’ai bien vu le tort que ça peut faire ici. Il y en a dans les arbres, dans les bosquets, dans le sable, dans les fossés là je ne vous dis pas, alors SVP il faut arrêter toute consommation de sac de plastique !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! C’est dégueulasse.


J’ai même demandé à Adama le nom des arbres qui avaient ces fruits noirs. Il m’a dit que c’était des sacs de plastique OUCH !!!!Ici toutes les routes ne sont pas asphaltées, ici on dit goudronnées et on utilise ce terme pour dire ; la goudronnée à droite tu vois le genre, bon. La terre est très rouge. Alors, il y a des milliers de petites cabanes ou l’on vend de tout ici, tout est bon pour le commerce, on recycle l’huile de voiture pour la vendre dans des bouteilles de vitre, je dis bien tout !!! Les Burkinabés sont des commerçants et des travaillants.

Il y a une grosse industrie de ciment ici la Diamond cement, quand on pense que tout est en ciment on doit s’imaginer un peu le compte en banque de cette personne !!!
Il y a beaucoup d’écoles, de lycées, privés ou non,  d’universités et aussi beaucoup de bureaux gouvernementaux.

Maintenant le paysage change de couleur, de pollué avec des millions de mobylettes il devient plus paisible et respirable. J’enlève mon foulard de sur la bouche pour me le passer sur la tête. Il y a un poste de péage et là tout le monde qui a un petit quelque chose à vendre se garoche sur ta voiture bon pas tant que ça mais quand même. Ça fait à peine une demi-heure que nous roulons que déjà je peux me rendre compte que les mangues sont plus grosses ici et ça va aller comme ça jusqu’à ce que nous soyons arrivés à Bobo ou on commence à les voir se faire vendre sur le bord de la route.
Je manque l’auto que nous avions hier, ça brasse pas mal en camion, mon dos va en prendre pour son rhume.



Mon premier baboab !!!!! Dont le fruit s’appelle le pain de singe, dont je vais aller prendre un jus tout à l’heure pour accompagner mon repas au capitaine, je vous fais saliver dites-le !!!






Je vois un arbre, ha ! C’est le néré, avec ses graines on en fait une épice relevée, assez prononcée et avec la gousse on fait la teinture pour la poterie. On en fait de la farine pour les beignets et le fruit se mange, pas mal !
De toute évidence tous les enfants ne sont pas à l’école malgré que ce soit la loi, j’en vois de tous petits sur le bord du chemin tendant des sacs au bout de leurs bras pour que nous nous arrêtions. Hélas….
Ici, il y a les maisons en pierres, en blocs de ciment, des huttes de paille. En fait, derrière les maisons il y a souvent quelques huttes de pailles couvertes d’un toit, ce sont les greniers ou on engrange les grains etc… ça contient près d’une tonne de grains.
Ouagadougou, dougou ça veut dire ville, ça va revenir souvent alors c’est Ouagaville, compris ? Parfait on continue.
Il est fortement conseillé de ne pas boire trop d’eau mais plutôt un peu à la fois, parce qu’une vessie pleine dans un camion qui affronte toutes les bosses sur son passage, ce n’est peut-être pas la meilleure idée du siècle, j’ai été bonne depuis 7 :00 ce matin et nous ferons une halte à 12 :30 quand même elle doit être plutôt élastique mais j’avoue que c’était temps qu’on arrive.
On passe Vitry Bongo
Alors voilà notre arrêt BOROMO halte routière 10 :30 à 12 :30 départ à 12 :50. Mme Sonny me fait gouter à un moka café, c’est une boisson gazeuse à base de café et très parfumée délicieuse et rafraîchissante.
Neem ; arbre avec le fruit rouge.  Huile.
Les fermiers brûlent des lopins de terre pour faire pousser la végétation. Après Boromo on commence à voir quelques collines par-ci par-là, en général la morphologie du pays est plutôt plate.
J’en reviens pas encore de voir comment ce peuple est travaillant, partout on fait quelque chose, pousse une charrette avec des bananes plantains, on tire un âne qui porte des fagots de bois, on marche à côté de sa bicyclette parce qu’elle est aussi chargée, on porte des colis sur la tête, on accompagne son troupeau, on charge une mini-vanne, on fait toujours quelque chose. La vie est très active.
Il y a ces allées d’arbres géants et magnifiquement vert qui longent la route à certaines occasions et on me dit qu’ils ont été plantés lors de la colonisation, c’est qu’ils sont très vieux. J’ai vu mon baobab !!!! On y reviendra.
Il fait très certainement autour de 35 degrés si ce n’est pas 40 d’après Mme Sonny. On vend aussi des cordes de bois sur le bord du chemin. J’ai aussi vu des poches de maïs, les mangues etc…
Ce soir j’ai encore mangé du capitaine mais cette fois façon bobolaise, c’est-à-dire avec banane plantains, tomate bouillie et maïs, frites et un Bullvit (eau pétillante) (pas touché aux tomates, ni au maïs… on se comprend).
Le menu à jus ; ananas, orange, bissap, avocat, pin de singe, mangue, papaye, ananas Ivorio, jus d’ananas en canne en provenance de Côte d’Ivoire, les connaisseurs le choisisse au détriment du local qui a trop d’eau dedans alors je saurai pour la prochaine fois, en général les jus sont à 600 fcfa, celui-là 1000 mais pour la canne au complet.

Mercredi 2 mars : meeting & visite de la mosquée de Bobo



Figure 2 Séchoir à mangues

Bon encore essayé d’envoyer des courriels avec des photos pas facile et ça consomme pas mal de temps.
Mme Sonny est passé me chercher à 8 :15 et nous sommes parties à 8 :30. Première rencontre extrêmement intéressante avec les productrices de mangues séchées.



Figure 3Groupe de femmes qui font le séchage de mangues



 





Bon ensuite on retourne à l’hôtel, je suggère peut-être d’aller luncher dans un maquis mais ça ne semble pas faire l’affaire alors je suggère d’aller à l’hôtel comme ça on pourra travailler à l’ordi, sauf que sur l’heure du lunch les ordis tu ne peux pas les prendre ils capotent parce qu’il fait trop chaud, quand on est revenues de Ouagadougou l’autre après-midi je l’ai sorti de ma pochette et je capotais de voir comment il était chaud. J’ai parti la climatisation de la chambre avant de l’ouvrir et encore ça pris un certain temps.












Figure 4Mosquée de Bobo-Dioulasso

Alors en se dirigeant vers l’hôtel, j’entrevois la Mosquée de Bobo Dioulasso, là, devant moi, je demande à mon chauffeur d’arrêter que je veux prendre une photo, comme il est musulman, ça n’a pas trainé quand je lui ai demandé de s’informer si on pouvait aller la visiter. Mme Sonny qui ne connait pas ça non plus, alors entre-temps le chauffeur revient et nous dit que c’est 1000 par personne, les amis je vous invite tous allons-y, alors c’est le petit petit fils du fondateur de la mosquée qui nous fait faire le tour de la maison ou son arrière arrière grand-père est enterré d’ailleurs.


J’ai bien voyagé en pays musulmans et j’avoue que ce n’est pas arrivé souvent ou les femmes étaient invitées à entrer ou à prier. Alors on y va, magnifique construction, c’est très reposant, le lieu invite à la prière c’est évident, il y a une sérénité , rassurez-vous je ne me convertie pas mais quand même c’était bien, il y a avait des tapis, donc on a pas besoin de trainer le sien, et là il nous invite à monter sur le toit, mais comme on a enlevé nos chaussures, alors et qu’il est midi et que sur le toit il y a du sable extrêmement chaud je me mets à sautiller comme une vrai sauterelle et là je me  moque de moi-même et les autres se bidonnent mais eux aussi trouve ça chaud et lui mon guide ne bronche pas le petit orteil tant qu’il est concentré de nous conter l’histoire du paternel….Dans les tourelles on peut y séjourner un jour et même deux semaines ( en autant qu’on ait quelqu’un qui vient nous porter à manger, un genre de retraite fermée quoi ! il y a 5 étages, et la circulation de l’air et tout a été pensé, simplement génial pour l’époque début 1800 quelque chose… et on dit qu’on invente… eux ils n’avaient rien… que du bois, du beurre de karité et de la chaux….belle visite. Alors on s’en va à l’hôtel, on se commande de la pizza et surtout de l’eau j’ai le gosier sec. Pourtant hier j’avais laissé dans la camionnette 4 bouteilles d’eau pour aujourd’hui mais ils les ont sortis et ont oublié de les remettre, ce n’est pas grave. Alors on s’installe  et je vais même chercher la barre d’extension pour qu’on puise brancher nos ordis, bon là on nous demande de changer de place, il y a un groupe et  ils doivent tasser les tables, je me dis c’est mieux parce que sinon on ne pourra pas se parler de toute façon, alors on change et là il y a une dame déjà à notre table.


Elle vaut un chapitre à elle toute seule. Maman Assita Kone 70-37-76-86. Une petite vieille de 88 ans, avec toute sa tête, les yeux coquins malgré une légère cataracte. La vilaine elle nous a fait bien rire. Malheureusement je n’ai pas de photos d’elle, je n’ai pas osé. Elle vend des produits médicinaux, elle est guérisseuse. Les sinusites, le diabète, les ulcères, elle connait. Elle grignote des cacahuètes et nous raconte toute sorte d’histoires incroyables. Son secret ; garde ton cœur propre ! Qu’elle  me dit. Elle vient de la région d’Orodara, la même que Mme Sonny elles découvrent qu’elles sont presque du même village et donc le même sang !!! bon elle essaie de me filer un truc un cure-dent (guèssé) elle appelle ça son guéssé viagra et elle vend ça aux hommes et  y en a plein qui achète je l’ai vu, alors elle me dit tu t’en vas au meeting tu en prends un petit morceau ( j’avoue que ça donne une bonne haleine) et là tu vas avoir du succès tu vois le genre et elle raconte un autre truc  et là elle se poigne le sein et dit que c’est doux comme le lait et là on s’esclaffe comme des bonnes on en peu pu elle est juste trop drôle..


De retour du travail on passe par le marché de BOBO, superbe, y a une telle abondance ce n’est pas croyable et là c’est la saison des choux et c’est fou mais malgré la chaleur l’odeur s’endure. Dans l’air y a toujours un peu cette boucane qui vient des gens qui font les grillades dans la rue. Il faut avoir l’estomac solide, sinon on ne mange plus jamais, voir les viandes étendues au soleil ouf… il ne faut pas y penser. Mais le marché grouillait de vie de femmes qui vendent et achètent. Les femmes sont très actives dans la vie économique de ce pays. Elles sont partout, partout. Un bébé au dos, en train de laver, à la banque derrière le comptoir caisse, à la pompe d’essence à collecter les sous, à fabriquer des poteries, à opérer des usines de transformation de la mangue, partout je dis. Mais les garçons aussi. Tout le monde travaille très fort ici.

Jeudi 3 mars : meetings et visite de la vieille ville de Bobo


On va rencontrer le président d’une des associations, qui malheureusement a été opéré pour les cataractes et ça mal tourné et là il ne peut plus rien faire il n’arrive même pas à traverser la rue. Il nous fait visiter ses bureaux qu’il partage dans un dispensaire. Avis aux intéressés, vous n’avez pas envie d’être malade ici !!!!!

Bon comme on est un peu en avance sur notre programme, Mme Sonny me propose une sortie, alors je dis qu’on devrait retourner près de la mosquée, la veille on nous avait suggéré d’aller visiter la vieille ville mais faute de temps… bon allons-y. Je m’étonne qu’ils soient partants, mais elle me dit qu’ils ne connaissent pas non plus et démontre un intérêt aussi grand que le mien. Ils sont aussi surpris d’apprendre comment Bobo a été crée par des ancêtres Guinéens et Ivoiriens !!! Ils ne connaissent même pas leur histoire. Comme ils n’ont pas vraiment les moyens de voyager c’est difficile pour eux de me faire visiter. Alors je comprends rapidement que si je veux voir quelque chose je dois les inviter. Il en va de même pour manger. Ils sont habitués à un repas par jour pas moi. Alors j’invite. Parfait, ça me fait des compagnons et ils apprennent sur leur pays). Alors la Basse-Ville ou la vieille ville, comme vous voulez c’était quelque chose à voir. Les musulmans d’un côté les catholiques de l’autre, les animistes, les fétiches, les créateurs de battiks, forgerons, masques, musique en plus. On a visité le Quartier des Musulmans (la maison du premier ancêtre), le Quartier des Griots, le Quartier des Forgerons (artisans de bronze, de bois, de fer). Assez difficile de décrire l’endroit je ne trouve pas les mots, même l’école au deuxième étage enfin…J’y reviendrai…


Mais avant d’entrer dans ce lieu on s’est bien amusé, une école de percussions, de tam-tam était en pleine exécution quand je m’y suis pointée et les enfants voyant la caméra ont été débridés c’était un moment de bonheur africain. (vidéo disponible)

12 :30 nous sommes toujours dans le village à apprendre l’histoire des masques, leur signification un oiseau : masque de célibataire, deux oiseaux un couple un masque avec la forme ronde au-dessus, amoureux, masque passeport bien avant les cicatrices portées au visage pour identifier notre tribu, on voyageait avec celui-là pour se présenter. Mme Sonny est Mossi elle ne porte pas ce cicatrices mais beaucoup ici en ont. Maman Assita a toute une balafre qui traverse toute sa joue droite de bas en haut, d’autres on trois lignes près des yeux etc… en Afrique j’en ai vu avec des moustaches de lions. Il y a cette femme qui fait une grosse chaudronnée de soupe, Mme Sonny me dit que ce sont des abats, les intestins, le foie etc…franchement à première vue ça pas l’air très tentant, mais l’odeur elle …Hummm. Avant j’aurais osé demander à goûter mais là avec le mal de ventre que j’ai eu la semaine dernière et je pense bien que c’est de la malbouffe d’ « Air Franche » qui m’a fait ça, je reste un peu sur mes gardes, mais ça viendra, parce que jusqu’à maintenant, tout est bon ici, mais je mange de la nourriture dite européenne, j’ai bien hâte de me taper mon premier maquis.

Les mères sont assises sur des nattes et s’occupent de leur progéniture.


Quelques jours après mon arrivée, j’ai reçu  un message de l’Ambassade canadienne qui nous disait d’être prudents dans la région de Koudougou. Un étudiant a été tué, turbulent il a été appelé chez le directeur et quelque chose a dégénéré, l’enfant a été abattu et on a fait passer ça pour une méningite. Alors la population s’est révoltée et ça brassé, on a demandé à ce que les écoles soient fermées le temps que l’histoire se calme. Alors c’est une des raisons pourquoi je vois tant d’enfants dans les rues, avec leurs parents, partout, parce qu’ils ne vont tout simplement pas à l’école. Ça me fait penser au cas de Montréal-Nord qu’on a eu chez nous il n’y a pas si longtemps avec ce jeune Noriega de San Salvador, là aussi ça avait dégénéré. Mais il semble que dépendant des régions les enfants sont retournés à l’école aujourd’hui et comme demain c’est congé alors…





Figure 5 Griots

On va luncher et devinez qui est là ? Maman Assita. On rigole encore et encore plus quand je lui demande de me montrer comment me faire un boubou, lequel j’ai porté à la rencontre du focus group et tout le monde a aimé. Je ne l’ai pas porté longtemps parce que ça me donnait chaud et que je ne voulais pas ambitionner. Mais j’avoue que ça m’allait bien et tout le monde semblait d’accord, même la réceptionniste de l’hôtel était de cet avis. On a partagé une assiette de spaghetti bolonaise et des haricots verts. L’haricot vert ici est cultivé partout au Burkina et est très bon, il a été introduit par un Ministre suite à des pertes agricoles importantes et ça été un succès et depuis il y a des haricots verts partout ! Pendant ce temps j’observe Maman Assita, elle a pris par terre un plume d’oiseau, enlève les plumes et garde un demi-pouce à la cime et tout à coup je la vois qui se met ça dans l’oreille et qui se cure les oreilles avec ça. J’aurai tout vu !  Mme Sonny me dit non, non, c’est comme ça qu’on fait ! Je pensais que c’était encore une blague de maman Assita, alors voilà pour les cure-oreilles nouveau genre !
17 :30, mes amis semblent partants pour que nous fassions une autre petite excursion avant de nous quitter pour la soirée. Alors nous optons pour aller visiter les potières, mais avant on va passer au rond point du cinquantenaire, magnifique avec des chevaux et tout…apparemment que le soir c’est grandiose parce que c’est tout éclairé. Je peux facilement m’imaginer.


Alors nos potières travaillent dans des conditions pas très faciles je dois l’avouer, leurs petites cases sont assez mignonnes mais l’éclairage plutôt restreint, on me dit qu’on fait le plus gros du travail le matin quand la lumière est bonne. Alors, du sable, de l’eau, beaucoup d’huile de bras pour pétrir tout ça, ensuite on met sur la meule et on façonne un objet, pot, assiettes, mais là j’ai vu deux objets que je n’ai jamais vu nulle part en poterie, un bain marie pour faire cuire le couscous ou autre semoule et riz et ensuite un abreuvoir pour les poulets, quand même ils ont droit à un peu de luxe ces poulets déjà qu’à l’occasion ils servent de sacrifice pour le fétiche. On se sert de la feuille de Néré (un arbre en fait c’est plutôt la graine) pour faire la teinture des pots, qui deviendra noire à la cuisson. Je me suis acheté une petite pintade et une petite assiette.
Je rentre à l’hôtel, ça été une bonne journée. J’ouvre mon ordi en attendant un jus d’ananas et maman et Louise sont en ligne sur Skype alors et pour la première fois elles sont capables de me voir, je leur fait donc un petit tour du propriétaire et leur montre les masques de la maison.
Monte à ma chambre, transfert mes photos, écris mon rapport, de la journée et mon livre de bord de voyage, douche, fais les valises car demain on va partir tôt, on se rend à Toussiana ensuite voyage jusqu’à Banfora. Alors dodo à 9 :30



Vendredi 4 mars : direction Toussiana, mecque de la mangue

Je suis debout depuis 2 heures 40, les tam-tams vont bon train, j’essaie de me recoucher… me relève, me mets des bouchons dans les oreilles, en vain, le bruit et la vibration de mon oreiller m’empêchent de dormir.

J’apprendrai que Bobo est la capitale du tata tam, on s’en sert toujours pour communiquer et surtout pour les funérailles.et des funérailles y en a à tous les jours. Alors on s’en sort pas il faut aimer le djembé ici ! Finalement je me lève pour de bon à 5 :30  fais ma toilette, finit les valises, vous écrit un peu et je vais descendre bientôt pour le petit déjeuner. Jus  de bissap, de mangue, de papaye ou autre, baguette de pain frais avec confiture d’abricots et un thé. Le café je n’ose pas encore.

Je viens pour payer, non  on ne prend pas les cartes de crédit. Avant de partir, à Montréal, Johanne Veilleux me dit ; mets l’argent sur ta carte de crédit pour payer l’hôtel, arrive ici pas de carte. Bon la jeune fille a été assez gentille pour me faire crédit, sinon il aurait fallu attendre l’ouverture de la banque et décaler notre voyage. Comme on revient à Bobo je lui dois 10,300 FCFA.

Bon, l’histoire du jeune qui est mort ressemble en quelque chose comme ça. À l’école une jeune fille faisait du grabuge dans la classe au point ou le professeur a décidé de quitter la classe, il en avait marre. Un étudiant du groupe a commencé à dire à la fille : tu vois ce que tu as fait ? À cause de toi on n’a pas de classe, moi je suis venu ici pour étudier etc… et il était fâché et il l’a giflée. Elle, qui sort avec un policier, est allé dire ça à son copain et son copain a emmené le jeune étudiant au poste de police et ils l’ont tabassé à mort et le coroner a dit que c’était une méningite. Comment est-ce que ce médecin peut signer un tel papier ? Alors, c’est pourquoi les classes sont suspendues à l’échelle nationale jusqu’à lundi, tous groupes confondus.





Ce matin, on s’en va directement à Toussiana, la Mecque de la mangue. J’avoue que le spectacle de ces arbres qui ploient sous leurs charges de fruits presque mûrs est très joli. Certains sont encore en fleurs et ça fait comme un nuage rose autour de l’arbre, vraiment très beau. Dans la région, il y a plus de verdure, plus de troupeaux aussi. On passe devant Sofitex, une usine de coton et sur le bord de la route il y a une file de semi-remorques qui arrivent de la brousse avec l’or blanc du Burkina.
Je mets un turban sur la tête, de un, mes cheveux ne s’en vont pas en tout sens et de deux, ça fait du bien aux oreilles, mais l’état des cheveux quand j’arrive chez les producteurs et bien ce n’est pas grave.

Il faut vraiment mettre sa ceinture de sécurité ici, parce que des fois ça brasse pas mal fort, même que je suis obligée de retenir mes seins avec mes bras parce que je pense qu’ils s’envoleraient. Alors, les filles soyez avisées, ici les demi-bustes oubliez ça et optez plutôt pour la extra extra sportive ! Hier,  la voiture que nous devions prendre n’était pas prête du garage et alors on nous a dit de prendre ce véhicule grand bien nous en fasse l’autre véhicule a perdu une roue pendant la nuit et ils ont pris des heures à la retrouver dans la brousse.

On commence à voir des palmiers par ici, la végétation change rapidement. Le néré, arbre avec le fruit rouge de la grosseur d’une pêche, il y en a beaucoup par ici. Il y a aussi pas mal d’eucalyptus. Y a des manguiers qui sont vraiment énormes, j’ai compté jusqu’à 60 pieds de circonférence. Alors, il faut prévoir beaucoup de place entre eux à la plantation. Il y a aussi des arbustes jaune qui me font penser à des forsythias ou des glycines jaunes, mes compagnons ne les connaissent pas, on verra si on peut s’en approcher de plus près. Quelques éperviers planent ici et là. Nous arrivons à Toussiana et sommes accueillis par les manguiers et les étals de vannerie.

Le rônier est un palmier duquel on retire une sève tôt le matin à la cime de l’arbre. Ça goute un mélange de jus de noix de coco et de limonade un peu piquant sur la langue et qui au cours de la journée va fermenter et donner un alcool d’environ 3 %.  C’est très rapide déjà vers 4 heures on entendait les gros bouillons dans le jerricane.

Nous nous rendons chez XXX, de loin la plus grosse entreprise. Elle aussi est très favorable au regroupement. Elle n’a pas été atteinte autant que les autres parce qu’elle a un autre client, un exportateur qui fait dans la mangue fraîche, séchée, le bissap etc… Vend principalement en Europe, soit  Hollande et l’Allemagne.

En 2007 elle a fait 40 tonnes de sec !

Un manguier peut vivre 100, 200 ans. Ici elle a fait des   boutures, ce n’est pas du marcottage, bon des greffes de manguiers XXX et ça fonctionné, c’est une mangue plus petite et plus sucrée très bonne pour le séchage, on ne sent pas du tout l’acidité. Ces producteurs ont aussi de l’Amélie, petit à petit ils tentent de greffer les arbres avec de plus en plus de XXXX.





Nous arrivons à l’hôtel Calypso, à Banfora, très bien. De petites cases regroupées autour d’un beau jardin où frangipaniers, palmiers, bougainvilliers et bien d’autres nous montrent leurs parures et ou attirent l’attention de par leurs effluves.

Les cases sont très confortables et très bien décorées. Je vous écris en ce moment c’est samedi matin il est 5 : 29 et le Muezzin chante Allah, je suis dans mon lit sous la moustiquaire et au plafond un ventilateur oscille et m’évente. Hier, il a fait assez chaud et c’est un peu plus humide ici par rapport à Ouaga.

Nous nous sommes donc installées et ensuite sommes passées par la banque et puis sommes allées manger au restaurant de l’hôtel Calypso mais qui lui est en ville. J’ai choisi de manger une pintade avec un riz gras avec oignon et j’avoue que pour la première fois de mon voyage ce n’était vraiment pas un succès. La pintade a été bouillie et était dure comme de la semelle de botte, par contre le riz était savoureux. Nous sommes retournées à l’hôtel, j’ai tenté de faire un roupillon mais en vain. Sommes ressorties à 8 :00 pour aller  diner et notre chauffeur nous ramène à ce restaurant disant que c’était le seul qui vaille en ville, ô misère. Mais bon là j’ai pris du capitaine grillé servi avec une sauce au poivre et à la crème que j’ai demandé de servir à côté et avec des alocos grillés.  C’était bon. On semble ne jamais se tromper avec le capitaine mais quand même je ne peux pas toujours manger ça.

Il y a des problèmes d’électricité et nous avons traversé la ville pour nous rendre au restaurant dans la noirceur. Au restaurant, il n’y a avait pas non plus d’électricité et c’est une chance que nous y soyons allés pour le dîner parce que je n’aurais pas été sûre d’aller là, on ne voyait pas ou on mettait les pieds tant il faisait noir et pourtant le restaurant s’est rempli dans le temps de le dire, évidemment de touristes. Alors, ils ont porté aux table de fausses petites lampes à l’huile qui éclairent genre fluorescent pas un bel éclairage mais au moins ça éclaire. On peut aussi voir les étoiles. Nous avons discuté sur la forme organisationnelle du regroupement. Ensuite on s’est essayé à aller au maquis pour écouter de la musique, nous avons attendues pour ensuite nous rendre compte que les musiciens emballaient leurs instruments, la belle affaire, alors on est parties se coucher. Ce qui nous ennuie c’est que nous restons ici trois jours et on se dit trois jours au même resto, comment on va faire ? Comme dirait Mme Sonny.


Samedi 5 mars : Banfora, meeting productrice de cajoux, et hippos du Lac Tengrela



Je réalise que je vais être ici encore 20 jours ! Que de découvertes jusqu’à maintenant.
Je pense à toutes les défaillances en marketing. À commencer quand on arrive à l’aéroport. Comment bien recevoir ses invités. L’aéroport est en  chantier depuis deux ans, est-ce qu’on ne pourrait pas accélérer tout ça ? Accueillir les visiteurs avec une liste de choses à faire, puisque les guides touristiques sur le pays sont assez rares. Aussi il pourrait y avoir une petite boutique un coin pour s’assoir quand on attend nos bagages, de l’eau en bouteille, un endroit pour changer l’argent toutes ces petites babioles nécessaires aux voyageurs.  De même que quand on organise un événement supposément d’ordre international, que les hôtels soient avisés, et qu’ils soient en mesure de donner une information pertinente. ( Festival du Film aucune information disponible à partir de l’hotel !!!) Qu’on enseigne aux vendeurs de ne pas harceler les touristes, ils vont acheter davantage si vous les laisser venir à vous. Tant de choses à faire dans un pays en émergence. Chez nous tout a été fait et il n’y plus de place pour personne. Ici, il y a du rêve au moins.


Quand on déambule sur la route et que je vois défiler le paysage, je me prends à me demander si je viendrais vivre ici, établir un verger de  mangues ??? Le risque est grand, seule, et 53 ans !!! Bon revenons sur terre.

Ce matin petit déjeuner au deuxième étage d’une case. Pain baguette, confiture de bissap, beurre français (pas salé) et un thé Lipton !

Il fait très chaud déjà je crois que je vais aller me changer. Bon ! J’ai une mauvaise nouvelle, j’ai commencé à être menstruée, je suis supposée être ménopausée Ostie !!! 

C’est quoi cette affaire là, les patchs que le docteur m’a prescrites ce n’est pas pour venir en Afrique colle colle pas alors peut-être que j’ai manqué et que ça déboussolé mon système.

Les dioulas parle le dioula Les mossis parlent le moré Hier soir les musiciens chantaient en bambara.



J’ai gouté à du Ochata c’est un jus de pois sucré c’est comme un lait blanc sucré avec un petit goût de corn starch dans les dents, c’est bon je pense qu’il devrait pasteuriser le produit et le vendre comme un lait.

Le riz gras est fait à base d’huile de palme et ça tache en tsitsi, des grains de riz ont touché le pantalon, scrapé ! Avis aux intéressés





Figure 6 productrices d’atchiké

La petite sauce aux piments on l’appelle piment du diable ça veut tout dire on mélange ça avec le riz gras assez bon. J’ai essayé le poulet un peu moins coriace que la pintade mais encore là il faut se battre. Mme Sonny elle le trouvé délicieux alors les bases ne sont pas toujours les mêmes.No problem,  M. Kone YAYA m’a dit comment ça se disait mais j’ai oublié Mme Sonny me dit que c’est djoumantè mais ce n’est pas ce qu’il a dit enfin j’aurai l’occasion de lui redemander à un autre moment donné. Bon c’est revenu c’est FOUÉTÉ, le type devant moi qui accompagne le français vient juste de me le dire et c’est revenu.

Alors la journée de travail terminée, je suis en sueur aujourd’hui. Ici il fait plus humide. Dans la soirée on aura droit à des éclairs, le temps est chargé, mais il y a une brise et la pluie tombera mais à Toussiana pas ici.

La dame des cajous c’est toute une personnalité, je ne suis pas étonnée qu’elle ait réussi, déjà elle a une stature imposante, assez jolie et comme toute les Burkinabés coquette, mais elle a la pogne et ne s’en laisse pas imposer. Elle est en guerre ouverte contre XXX et gare à lui s’il vient mettre le bordel dans la gang des cajous. M. XXX lui est plutôt âgé avec les dents bien gâtées, les yeux un peu croches, on dirait peut-être aussi un début de cataracte, mais est assez présent au niveau des associations. La visite chez la personne qui fait l’attikeh a été assez intéressante, derrière la clôture, elle a fait ses opérations de transformations là, et tout de suite en franchissant la porte on est assaillie par l’odeur nauséabonde de l’attikeh qui pisse son jus au soleil, mais aussitôt que je comprends d’où ça vient, l’odeur se dissipe parce que enregistrée dans le cerveau, mais en fait c’est assez bordélique chez elle. Mais il y a là les employés, les enfants (5 en bas âge), alors elle fait ce qu’elle peut j’imagine.

 

De là, nous irons manger notre poulet tiraille et ensuite nous irons visiter le Lac Tengrala. Le chef Tengrela est un homme prospère, le territoire qu’il couvre est très grand et très orienté sur l’agriculture, les troupeaux de bovins, on croise des rizières, des plantations de bananiers, et… on croise encore l’arbre de kapokier, mais qui cette fois les fruits ont explosés sur les branches et partout il y a des minous qui tombent sur le terrain.




Figure 7 Celui-ci me montre ce qu'il a mangé pour déjeuner!!! un peu trop près à mon goût!!!
   

En passant pour aller voir les hippopotames du lac Tengrela, il y a un petit marché et quelqu’un  a suspendu sur un rack rond des bas dépareillés pour la vente, et pourquoi pas, on cherche toujours le bas qui manque alors on peut le trouver ici !!! 



On croise encore de magnifiques baobabs. Nous arrivons, la pirogue nous attend, derrière nous il y avait un 4X4 d’une société d’ingénierie minière, deux gars avec leurs copines de Banfora, il y en a un qui a peur, il ne viendra pas, c’est la même chose pour Mme Sonny et mon chauffeur, ils nous attendrons sur la berge. Alors, l’embarquement se  fait pendant qu’une ribambelle d’enfants se baignent là, j’ai donc moins peur de tomber à l’eau. On glisse tranquillement, entre les nénuphars, les joncs. Notre pagayeur Nassi, un étudiant, fait ce travail à temps partiel. Ils sont tellement forts ici les jeunes. La pirogue est lourde en plus de 5 personnes à bord. On traverse le lac. Je les vois, les hippos sortent leurs petites oreilles, c’est une famille de 10. Ils réussissent à se reproduire ici. Alors il ne faut pas les approcher de trop près pour  leur faire peur. Ils amènent de l’argent pour le village. Sur la berge on voit les troupeaux on les entend aussi. Tout à coup un gros hippo mets sa tête sur le dos d’un autre, on le voit bien, ils se font de petites mamours. La mère se mets devant les petits on sent la protection. Nous on reste coi, la main sur l’appareil photo pour ne rien manquer. Ce qui me fait chier c’est que la caméra ne fait pas le focus, alors je manque toujours les photos qui sont loin. 

Alors, c’est plate pour ça de pas avoir de souvenir à montrer. Mais bon, moi je sais bien que je les ai vus. Alors comme on quitte et que ma caméra est éteinte et bien un des plus gros s’ouvre la bouche toute grande !!!! C’est quelque chose. Nassi nous fait des colliers avec des nénuphars magnifiques. Nous sommes presque sur le point de rentrer quand une des jeunes fille qui m’accompagne se rend compte qu’il y a une sorte de grosse mouche sur son épaule elle fait le saut mais c’est l’autre copine qui fait un plus grand saut et qui manque de tomber à l’eau, alors on se met à rire de tout ça et tout à coup un dès gars qui les accompagnait se lève debout dans la pirogue alors ça se met à tanguer et là je lui dis de se rassoir avant qu’on finisse tous à l’eau, mais on rigole encore. Je voulais montrer les quelques photos d’hippos à mes amis qui m’attendent et là pouf plus de pile. Ce n’est pas bien grave parce que là on est sur le chemin du retour.
C’est difficile ici parce que dans ma case il n’y a qu’une seule prise  électrique alors je fais le relais constamment entre l’ordinateur à recharger, la batterie pour la caméra et le cellulaire, et la lampe de chevet si je veux y voir
clair. La prochaine fois je dois emporter un câble à extension.



Dimanche le 6 mars : Cascades de Banfora, Les dômes, les Pics de Sindou et les caïmans sacrés !






Figure 8 Aruna et Adama




Je vous écris c’est déjà lundi et je sais que vous attendez ma missive avec impatience, mais je n’ai pas d’internet ici, alors patientez, ça vaut vraiment la peine. Je me suis réveillée au son du train et comme je n’ai pas de réveil matin et que là je ne sais plus ou est passé mon cellulaire, je stresse en tsitsi parce que je n’ai surtout pas envie de rembourser ça. XXX nous fournit un cellulaire local quand on arrive dans le pays. Alors j’attends que Mme Sonny se réveille pour qu’elle vienne dans ma chambre et on va tenter d’appeler mon téléphone pour savoir ou il est. Ce qui m’énerve c’est que je suis presque sûre de m’être dit, on s’en va pour une grosse journée d’excursion je vais l’emmener au cas qu’on ait un pépin sur la route, ensuite je me suis dis Mme Sonny en a un alors je ne sais plus ce que je fais du maudit cellulaire croisons-nous les doigts. Alors je me suis réveillée à cause du train, de l’appel à la prière et du coq, le tout ensemble je me suis dit il doit bien être passé 6 heures. Je me lève donc, fait ma toilette, pars mon ordi, pendant ce temps je finalise mes valises, parce que ce matin on s’en va travailler et on doit aller à Beréga etc… quoi il est 5 :00. Bon, ça va me donner plus de temps pour vous écrire.

Petite note, ici, on ne va pratiquement pas à la toilette tout ce qu’on boit c’est-à dire en moyenne 4 litres d’eau par jour, on le transpire.


Alors je vais vous raconter notre première journée de congé.

Petit déjeuner, rituel baguette, confiture thé. Nous attendons mes amis conseillers volontaires Carmen, Denise et son mari qui lui n’est pas volontaire mais accompagne sa femme dans son travail de coopérante. Ils m’ont téléphoné pour me dire qu’ils avaient eu toute une aventure avec leur voiture dont le moteur avait sauté. Selon les recommandations du chauffeur, ils ont mis leurs valises sur le bord du chemin pour montrer qu’ils avaient besoin d’un lift et non pas que quelqu’un vienne réparer leur voiture. Un fonctionnaire les a embarqués, ils ont été chanceux. Donc, l’agence de qui ils avaient loué, chauffeur et véhicule, leur a envoyé une autre voiture, oups celle-ci l’air climatisée ne fonctionne pas, il retourne au bureau de l’agence, enfin l’agence trouve un chauffeur et une autre voiture. Bon, le gars arrive de Bamaco au Mali il est fatigué et cogne un peu des clous mais ils réussissent à arriver à Bobo et visiter la ville. C’est de là qu’ils me confirment qu’ils seront à Banfora avec nous dimanche matin 9 :30. Ils viennent nous trouver à l’hôtel pour nous dire qu’ils vont faire leur check-in et s’en viennent tout de suite nous trouver. Apparemment, ce qu’on leur avait loué était vraiment une case en tôle, ils décident donc de changer pour aller au Canne à Sucre. Reviennent nous trouver avec plus d’une heure de retard. Merde on va visiter quand le soleil va être au maximum de sa force. Bon on est ensemble. Notre chauffeur est allé chercher un jeune qui connait très bien la région il sera notre petit guide mais si c’était juste pour accompagner son ami. Alors comme mes amis n’ont plus leur guide chauffeur et que celui-ci ne connaît rien et bien ils sont bien contents de nous suivre, c’est parfait comme eux ont l’air climatisé ils peuvent encaisser toute la poussière qu’on va leur envoyer !!!

Alors départ, on fait un petit arrêt à la banque et à l’épicerie, bouteille d’eau, biscuits, cajous grillés, bananes frites, des petites choses au cas où on ne voudrait pas s’attarder pendant deux heures à table. Alors c’est parti, direction les Cascades de Banfora. Le trajet est bien et le paysage en constant changement, jardins d’échalotes, de choux, de piments se succèdent pour laisser place à la canne à sucre, bananier et autres. Nous prenons des chemins soit sous l’ombre de gigantesques arbres ou soit sous le soleil qui plombe déjà. En cours de route notre guide Aruna (72-59-15-92) voit un Baobab et nous dit qu’il peut en cueillir les fruits, je le prends au mot et nous arrêtons donc les voitures au pied de ce géant. Bien oui, il grimpe. Lucky ( mon neveu de 14 ans) je pense à toi en cet instant quand tu le verras faire je pense que tu vas te dire que tu aurais bien aimé ça le suivre. Il revient avec le fruit que nous goûtons.  De l’autre côté du chemin il y a des rôniers alors j’en profite pour expliquer à mes amis qu’ils en font une boisson etc… (Je vous ai déjà conté ça. Alors nous reprenons la route et croisons à l’occasion ces citernes géantes qui arrosent les champs de canne à sucre.
Nous devons stationner les voitures et emprunter un sentier et monter jusqu’aux chutes. Le chemin est ardu et très escarpé par endroit. Mme Sonny a de la difficulté à suivre alors on prend notre temps et j’avoue que ça fait mon affaire aussi à cause de la température. Arrivés tout en haut, le spectacle est magnifique et valait la peine de se dégourdir les jambes. La descente C’est tout aussi ardue. Nous avons extrêmement chaud.
C’est la première fois de ma vie que l’eau me pisse au bout du nez ! Ça coule sur les jambes. Tout en haut des chutes nous aurions pu traverser les chutes, mais Carmen et Denise ne voulaient pas se déchausser et Mme Sonny venait de voir deux jeunes glisser alors c’est pour ça que nous avons décidé de redescendre et de prendre la voiture pour aller voir les Dômes.

N’ayez crainte je ne suis pas toujours habillée comme ça, mais les chaussures de marches s’imposaient et je mets souvent une écharpe autour de mes hanches pour empêcher les pickpockets d’aller directement dans mes poches de pantalons. Aussi les écharpes ça aide à vous couvrir les épaules au besoin et se laver le visage quand un caïman vous arrose. Mes chapeaux sont toujours très pratiques.

Encore là, le soleil plombe et comme nos fenêtres sont descendues mon bras droit prend le soleil. Je me couvre comme je peux, j’ai des écharpes de coton très léger et m’en sert, merci à Louise.



La vue des chutes est vraiment magnifique. Avis aux intéressés, il faut y aller tôt le matin.


En compagnie d’Adama et d’Aruna . Blandine, Michel, et les garçons, Adama et Aruna font saucette.

Les Dômes se sont des XXXX (quand je fais ça je cherche mon mot, c’est le fun les blancs de mémoire), ah ! Des formations rocheuses particulières, ont dirait des mini canyons, je ne sais pas comment l’exprimer, la mer s’est retirée et a façonné les roches, ça me rappelle un peu Mingan sauf qu’ici les pierres sont stratifiées.

Ça fait un joli paysage ! Avec le soleil, les couleurs changent c’est très beau.

De là, nous nous dirigeons au Pics de Sindou 45kms plus loin sur un chemin de terre rouge en escalier, nous devons donc rouler à une bonne vitesse si nous ne voulons pas sentir la planche à laver sous nos fesses.

Visite des Pics ou nous apprendrons qu’anciennement cette partie était le royaume des Sanafous.






Et qu’ici vivent maintenant les Sedoufos.

En cours de route et ce n’est pas seulement ici, nous voyons des termitières géantes, mais pas encore aussi géantes que celles que j’ai vues en Afrique du Sud.

Le camion de mes amis a encore des problèmes alors quand nous rentrons nos chauffeurs ne sont plus là, ils ont dû aller chercher une pièce, alors nous attendons mais ils reviennent vite.






Nous quittons pour rentrer, mon guide me dit que nous sommes sur la route pour aller voir les caïmans sacrés, ceux dont Marcel nous avaient parlés. Allons-y donc si c’est sur la route. Alors on nous  fait visiter et là je me dis, ce n’est pas l’endroit dont Marcel m’a parlé, les caïmans étaient en liberté ici ils sont dans un petit enclos en ciment de 6 x 6 avec un peu d’eau dégueulasse et des poissons morts qui flottent à la surface. C’est quoi ça ? Le monsieur de me répondre que ce que je dis est vrai c’est un autre endroit et ceux là ils sont tellement énormes que le crocodile ne peut pas se retourner pour te manger c’est pourquoi on peut s’assoir dessus. Alors on regarde les siens et ils les faits se bouger  car Michel pensait qu’ils étaient morts aussi. Puisque je ne vois pas très bien d’où je suis alors je vais de l’autre côté pour les voir et là y en a un qui bouge la queue tellement fort que je me prends toute l’eau dégueulasse au visage, dans les yeux dans la bouche DÉGUEULASSE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ouach et reouach !!!! C’est pour ça que je traîne toujours une écharpe. La vitesse à laquelle je me la suis mise au visage je ne vous dis pas. La bouteille d’eau y est passée je vous l’assure !

J’en ai ri après m’être lavée à grande eau, et vous dire comment la gang s’est moquée de moi s’est peu dire, ils étaient pliés en quatre ! Le proprio me dit que c’est une grande chance et tout le bazar et que si je veux, je peux venir chercher le caïman, il me l’offre. C’est sûr que je vais revenir toi, ça s’emporte bien dans une valise!!!!

Bon il nous montre que dans les hautes branches du manguier il y a une colonie de chauve-souris alors il les fait se bouger en criant pour les appeler. Oh mon Dieu !s’il faut qu’elles viennent sur ma tête comme quand j’étais jeune chez grand-maman, je vais mourir, alors je me couvre, et je dis à mon jeune guide Aruna que j’aime mieux affronter un lion que des chauves- souris et il se met à rire de bon cœur.

Les Burkinabés aiment bien rire, ils sont très faciles et bons enfants. Je pensais que celui-là avait 13 ou 14 ans mais non 18, la même chose pour Mme Sonny je pensais qu’elle avait peut-être mon âge vu qu’elle a une grande fille mais non elle a 60 ans et pas une ride, elle dit qu’elle met de la Vaseline !!! Voilà pour le truc ! On visite une petite boutique, pendant ce temps les garçons se mettent à jouer du tam-tam dont je ne me rappelle pas le nom, c’est viscéral aussitôt qu’ils en voient un c’est plus fort qu’eux.

Carmen et moi on essaie le xylophone géant dont les caisses de résonnance sont faites à partir de calebasse dont nous venons de voir l’arbre dans lequel ça pousse c’est assez étrange, énorme melon d’eau dans un arbre ! On appelle ça un balafon.

Nous reprenons le chemin du retour il est près de 6 heures et nous voulons rentrer
avant la nuit, pas question de conduire sur les routes de brousse le soir.

Toute la journée, je disais, il va pleuvoir, et tout le monde me disait ben non, il ne pleut pas ici, ben non c’est juste des gouttes. Tu sais maman comment je suis bonne pour dire la température et ben croyez le ou pas mais… notre voiture ne pars plus ! Oh my GOD! 

Elle est ou la chance des Caïmans et ben notre chauffeur est aussi un bon mécanicien parce qu’il a trouvé le bobo super rapidement pendant que j’allais aviser mes amis de notre pépin, la tempête nous tombe dessus. Rafale !!!!!!!!!!!! à je ne sais trop combien de kilomètres heures. Je m’engouffre dans la voiture, notre chauffeur aussi juste à temps. Merci Caïman. Là mes amis ça tombe, tout revole un peu partout. Je dis au chauffeur d’attendre un peu. Les gens qui sont à bicyclette, à pied, reçoivent les fruits par la tête et toute sorte d’autres choses, et on doit conduire doucement je n’ai même pas eu le temps de mettre ma ceinture de sécurité que BANG on poigne un trou je me tabasse la tête pas trop fort mais juste assez pour que mon petit guide trouve ça drôle après que j’en ai ris moi-même. Bon, je fais la bouffonne de service et ça plais alors des fois j’en remets, ça détends et ça tisse les liens. On repart, il vente, il pleut, il éclair, une chance on n’est pas trop loin. 15 minutes à peine.

Quand on rentre dans le village de Banfora, c’est la désolation, ça tombe plus fort ici, toutes ces personnes qui vivent dans de petites cases… les commerces sont vides. Toute cette foule qu’il y avait en ce dimanche de marché a abandonné l’endroit, c’est triste, mais d’un autre côté je suis contente d’être là en plein milieu de cet orage. J’ai toujours aimé me retrouver au milieu des éléments. Je n’ai jamais peur de sortir pendant une tempête de neige ou un orage, j’ai toujours aimé me confronter aux éléments sachant très bien que je ne risquerais pas ma vie pour autant, il faut savoir calculer les risques. J’ai confiance en notre chauffeur, jusqu’à maintenant il n’a jamais pris de risque, il est aussi bon que moi, c’est peu dire ! J’ai un petit moment d’humilité ici laissez-le moi !!!

Aujourd’hui j’ai mangé de la canne à sucre, du pin de singe, j’ai goûté à la datte du palmier qui donne l’huile de palme (ça goute un peu à l’avocat). Nous arrêtons donc nos véhicules à l’hôtel Canne à sucre. Nos amis nous ont dit qu’à leur hôtel il y avait un restaurant. Quoi ? Ça fait je ne sais combien de repas qu’on prend au Calypso. C’est un très bel, hôtel, et on y a bien mangé. Le gros problème que nous avons rencontré partout aujourd’hui c’est toujours et encore le manque flagrant de monnaie. Il faut se battre pour avoir du change. La banque même n’en a pas, même pas de coupures de 1000. Alors, tu ne peux jamais laisser de pourboires ou sinon il faut que tu consommes plus, comme ce matin, j’ai dû prendre un autre sac de cajous pour qu’il arrive à me donner moins de change c’est dire.

Somme toute, nous avons tous eu un grand plaisir aujourd’hui, chauffeur, guide, Mme Sonny et moi étions aux anges quand nous sommes rentrés. J’ai demandé à mes amis de se cotiser afin qu’on donne des sous à notre chauffeur et à notre guide. Ce matin j’ai montré au plus jeune qu’il devait nous offrir la main, et nous aider à monter et qu’un d’eux doit aller devant et l’autre derrière. Tu dis quelque chose une fois ici et c’est enregistré et là ils prennent plaisir et exagère la chose et c’est bien. J’aimerais bien que ça soit la même chose avec nos ados ! J’ai rencontré une Française hier qui est ici avec sa petite famille d’ados et elle a dit que ça leur a fait un grand bien de voir comment les jeunes d’ici vivent et les conditions et le travail qu’il doivent faire juste pour manger un repas par jour ! Je vous laisse là dessus, je vais manger et chercher mon cellulaire.




SEMAINE 3

Lundi  7 mars : meetings et direction Orodara





Encore une grosse journée de travail, Départ 8 :30, j’ai retrouvé mon cellulaire, il était tombé du siège de la voiture dans la crac. Adama (notre chauffeur) me l’a emmené ce matin après être allé reconduire Aruna à La Canne à Sucre joindre mes amis (qui apparemment ne sont pas partis avant 11 heures à cause des problèmes de voiture qu’ils ont eus. Dommage pour eux.). J’ai offert qu’il prenne le jeune avec eux pour la journée afin qu’il puisse faire un peu de sou mais aussi pour qu’ils aient quelqu’un du coin avec eux.
Alors rencontre avec M. Kone qui a été super longue mais fructueuse. On est ici dans le village d’Adama, alors pendant qu’on fait de la business lui va faire un tour dans sa famille, c’est jour de noces à la maison, avoir su on se serait organisé autrement pour lui laisser plus de temps, mais bon, dans son village, des femmes font du savon au beurre de karité et aux beurre de cajous alors on passe en prendre, c’est une association de veuves. Elle me montre aussi le moringa ou quelque chose du genre et Mme Sonny m’en avait déjà parlé, elle prend ce produit naturel pour faire baisser la pression artérielle et ça semble

Figure 9 Mme Sonny & M. Kone

fonctionner pour elle. La pluie d’hier a laissé ses traces sur la route.
Ici quand je rencontre des Mossis, ils nous serrent la main et en même temps font comme une petite révérence et à l’occasion on cogne le front 4 fois de gauche à droite. D’autres, serrent la main et claque le bout des doigts en même temps.
On fait toujours des feux de brousse malgré que ce soit défendu, ça abîme les arbres fruitiers je ne sais vraiment pas la raison du pourquoi ils continuent de faire ça. Ici quand il pleut des gouttes on dit il a gouté !









On passe devant l’usine de canne à sucre c’est très grand et ça fait travailler tout le village de Bérégoudougou. Il y a de gros camions qui transportent la canne du champ à l’usine qui sont devant celle-ci ce matin pour se faire décharger.
Ici on a planté de l’anacardier, pas pour le fruit mais pour le bois afin d’alimenter l’usine de canne à sucre, quel gaspillage.
Nous aurons l’occasion d’acheter des produits dérivés tels que le chocolat d’Anacarde, le caramel.



Figure 10 Moringa
À mon départ, en signe d’appréciation, Antoine m’embrasse différemment, avec la tête cette fois et à 4 reprises. On se cogne le front de côté. C’est spécial. Lui a 3 cicatrices  de part et d’autres des deux joues comme des moustaches de lion. Paul que je verrai plus tard ces trois lignes sur les tempes.
Il y a un endroit, une terrasse ou flânent des balafons et des tambours en attendant la prochaine fête, j’imagine.
Comme il ne reste plus de savon à l’anacarde on nous indique où allez en chercher, on passe devant de toute façon pour se rendre à Orodara. Alors notre arrêt nous amène chez des femmes, des veuves, regroupées pour faire quelques produits, savon d’anacarde, savon au beurre de karité,





Figure 11Boucherie à ciel ouvert
la transformation de Moringa.
Je remarque que les gens ont les pieds super larges ici.

Ensuite nous irons visiter les transformatrices de manioc. Je reconnais l’odeur à l’arrivée qui s’estompe une fois entrée. C’est une pas mal plus grosse opération que celle que j’ai vue à Banfora. Ici il y a après d’une vingtaine de femmes qui s’affairent à la coupe, au pressage, au tamisage et à la cuisson et l’emballage. C’est un travail dur. Elles sont assises par terre avec les bébés à côtés d’elles dans une bassine ou sur les cuisses endormis ballotés par le mouvement répétitifs du couteau sur le manioc. Elles ont environ 6 fours et c’est chaud en tsitsi à côté de ça, c’est là qu’elles font cuire l’attikeh, ensuite emballage etc… La présidente me donne des échantillons de gari fin, de gari gros, et de tapioca et deux sacs d’attikeh. C’est pour dire, ils n’ont rien et je repars les bras pleins de choses à emporter et des gros sourires dans mon cœur. Je ne sais pas comment je vais cuisiner tout ça alors je les donne à Mme Sonny et ça prend de la place dans les valises aussi.






De là, nous partons pour Djéri, rencontrer Katidja, elle travaille dans le grillage de noix d’anacarde, le cajou. Un travail extrêmement physique encore une fois, elle a 5, 6 personnes des jeunes qui travaillent pour elle. Elles réussissent à casser l’équivalent d’un tin par jour


Figure 12 Anacarde  dont le pédoncule devient la noix de cajou

pour être capable de recevoir leur maigre pitance. On fait cuire les cajous dans une huile très chaude et ensuite on les roule dans la terre pour le refroidir et enlever l’excédent d’huile, sauf que ça colle toujours au doigt l’huile d’arachide, on a les doigts tout gommés et avec une clé anglaise on frappe sur la noix accroupie par terre.  J’ai essayé et ce n’était pas agréable du tout. J’ai discuté avec elle et elle n’arrive plus à vendre son produit au marché parce que ses concurrentes sont propriétaires de leurs vergers, tans qu’elle doit acheter sa matière première. Alors c’est sans issu. Je discute de la possibilité de faire autre chose, j’établis ses forces. Elle a déjà fait du savon d’anacarde. Elle a donné une formation pour faire le produit à une très grande productrice, pour laquelle elle me dit avoir été payé, oui je comprends, mais tu lui a donné ton idée. Tu aurais pu percevoir des royautés… des concepts étranges à ses oreilles. On décide qu’il faut faire d’autres savons, plus petits et parfumés à la mangue et autres parfums, elle est d’accord, mais cette fois elle ne doit pas donner son idée. Je lui conseille de s’enfermer dans sa hutte et personne ne doit y entrer pendant qu’elle fait sa recette. Bon c’est compris. Je lui dis que le 16 avril prochain, lors de notre rencontre, je veux quelle ait déjà fais des tests. Elle acquiesce.
De là on va s’enregistrer à l’hôtel Le Prestige, bien correct un bonne grosse douche, la première avec de l’eau chaude et ensuite on va manger, quoi ? Un capitaine grillé !


Il y a un homme qui est seul à une table alors je l’invite à venir s’asseoir avec nous. Il est sûrement dans la quarantaine avancé, un espagnol, petit, qui travaille dans un centre de recherche à Greenwich et qui travaille sur la mouche tsé-tsé ! Quel sujet de conversation, mais oui c’était très intéressant, le paludisme et tout ça et j’en ai profité pour parler du problème de mouche blanche que nous avons avec les fruits et il nous donne des contacts avec qui communiquer. Il est très intéressant, il m’a dit qu’un jour en Guinée il est arrêté dans un maquis pour manger, il commande, désolé il n’en reste plus alors il dit d’accord pour le met africain. On lui a servi une tête de singe avec une cuillère ensuite on est venu lui porter un marteau. Pas mal exotique non ?

Demain je vous écrirai sur la super extraordinaire magnifique journée des femmes que j’ai passé ici d’ici ma prochaine missive, je vous embrasse tous et soyez assurés que je ne m’ennuie pas de vous ni de la neige. Mon ordinateur chauffe pas mal je vais lui donner un brake. Bisou

J’essaie d’apprendre le vocabulaire de politesse mais ces si différents d’un dialecte à l’autre, enfin je m’aventure,  initchié ça veut dire merci pour une personne et anatchié pour plusieurs en Samou et inisohoma ; bonjour en samou et aussi en djioula.
Nous allons visiter.



Mardi le 8 mars : Journée de la femme à Banflagaye







Je commence cette partie avec la Journée Internationale de la femme!!!!!! Vous allez en avoir pour votre argent je vous le garantie, ça été la plus belle journée de la femme que j’ai jamais fêtée. Ici avec des femmes Burkinabés qui travaillent tellement fort. Le futur de ce pays est en train de se bâtir avec elles et je suis fière d’avoir pu être dès leur en cette journée pour les célébrer. L’ancien président du Burkina, M. Sankara a fait de cette journée une journée fériée !!! Hé les canadiennes à quand la nôtre ???
Je vais reprendre cette écriture un peu plus tard, parce que là je suis sur mon départ pour Ouaga, Adama et Mme Sonny viennent me chercher à 7 :30. À +

Notre départ officiel sera 8h55 après avoir changé une roue. Je profite du trajet pour écrire ces lignes car il y a tant de choses à dire que je ne crois pas avoir assez de temps ce soir pour tout couvrir d’autant plus que Carmen m’attend pour aller faire une balade en mobylette avec nos amis africains Jacques et Cheik mais on verra si je ne suis pas trop fatiguée par le voyage.

Ici on a fait un regroupement de 12 villages de la commune et on fait une rotation des villages. C’est chacun son tour pour recevoir la visite lors de la journée de la femme. Chemin faisant, nous traversons le petit village de Bandougou et les gens sont tous attroupés d’un côté et de l’autre de la rue, il y a fête et tout a coup j’entends quelqu’un crier Danielle. Impossible !  Katidja, la dame musulmane que j’ai rencontrée hier et qui faisait les anacardes grillées, m’a reconnue dans la camionnette. Nous nous arrêtons donc, elle me salue chaudement et nous décidons de rester ici quelques temps pour y voir ce qui s’y passe. Une course à vélo pour les femmes 6 kilomètres. Et c’est un départ. Elles s’élancent au volant de leurs bolides, habituées qu’elles sont à pédaler en tout temps ici, elles se dirigent vers l’école du village et reviennent en gagnantes, toutes. On y joue de la musique, les officiels sont assis et nous demandons la permission au chef de photographier, ce qu’il accepte gentiment. Les enfants me regardent éberlués. Les femmes en grand nombre, portent le pagne de la journée de la femme. Au Canada nous avons des T-shirts pour afficher nos slogans, nos compagnies etc… ici ce sont les femmes de par leurs pagnes qui affichent ces publicités. C’est nuageux et il fait frais. La course des hommes se préparent et décidons de partir avant qu’elle ne commence. Je salue Katidja et lui demande de ne pas laisser tomber son projet de savon à la mangue.

Alors nous sommes donc en direction du village de la mère de Madame Sonny. Sa mère n’y habite plus mais elle a encore de la parenté ici. Alors on va visiter sa tante de 88 ans qui malheureusement a eu un accident de la hanche et en plus elle est aveugle à cause des cataractes. Alors elle est assise là, par terre sur une natte, toute frêle dans un pagne. Elle a les traits très fins, elle devait être très belle jeune. Les belles-sœurs de Mme Sonny sont là elles aussi. On apprend que cette année la fête à lieu à Banflagaye. On passe  Toussiamasso. Il y a des gens sur le bord de la route dont des femmes qui transportent de l’eau sur leur tête sans en verser une goutte,  et j’ai envie de leur dire que la fête n’est pas loin, mais la fête n’est pas pour toutes encore.




Nous passons des ponts dont le lit des rivières est sec.

Adama est tranquille et je lui demande ce qu’il a fait hier soir. Il me dit : « j’ai mangé un riz gras et il m’a abattu et suis allé me coucher. »

Quand je pense que je vais rentrer et qu’il va y avoir encore de la neige et tous ces problèmes à faire face !!!! Je me dis que je veux rester.

Direction SIDI et Banfoulagoue.

Je vois des chiffres écris très gros sur les cases et on m’apprend que c’est pour dire que les habitants ont été vaccinés contre la poliomyélite.

Chemin faisant je m’informe toujours des différents arbres fruitiers sur notre chemin, cette fois nous croisons un arbre dont les fruits ressemblent étrangement à des oranges mais s’en ne sont pas. Que ce sont des congobaranis, dont la chaire à l’intérieur est brunâtre et très bonne avec à l’intérieur des noyaux, ça me rappelle un fruit dont Luciana ma belle-sœur brésilienne est friande.

Un autre qui s’appelle le tamacoumba est un genre de noix qui est apparemment très bonne contre les infections de méningites. L’intérieur est verdâtre et très tannin. Au village nous prendrons le neveu et la nièce et leurs vélos, ils vont nous accompagner à la fête et reviendrons en pédalant pendant que nous rejoindrons le goudron plus loin. Mais avant allons fêter ! Celui-ci est un dès plus gros rôniers que j’ai vu et il y en avait une plantation derrière la maison de la tante de Mme Sonny. Ils étaient absolument magnifiques.

Sur le chemin, on voit toutes ces personnes qui, de bon pied, se dirigent toutes dans la même direction, la fête. Je suis joyeuse comme un enfant. Honnêtement je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de gens. (Je regarde Adama et  il sourit, il est toujours tout sourire ce gars là et il émane de lui une paix, je ne sais trop comment dire…il est très gentil, serviable, toujours prêt à me cueillir un fruit parce qu’il sait que j’aime ça, apprendre de son pays. Il me tend la main, ouvre les portières, vient s’assurer que lorsque nous allons au restaurant que tout est Ok et quand il revient nous chercher aussi, vraiment une très belle personne, et il sourit toujours !).

Nous y sommes, Oh mon Dieu, il y a tant de gens, on y a organisé une arène et tout autour, tout le monde y est attroupé. Nous garons la camionnette, je suis Mme Sonny qui nous amène droit devant les dignitaires que nous saluons et nous nous assoyons parmi eux. J’aurais vraiment préféré me promener dans l’audience et prendre de jolies photos, mais comme je suis la seule blanche on me désigne un siège à côté d’un colonel et sa femme qui sont assis à la gauche du maire. La belle affaire. Nous sommes en retard mais la fête aussi alors on est arrivés juste au bon moment. Que la fête commence ! 



Il y a un défilé  des femmes de chacun des villages, elles paradent dans leurs plus beaux atours, la démarche est fière et parfois on essaie même de faire rire. Certaines, comme les femmes du peuple Peuls qu’on appelle Poulottes portent des habits traditionnels extrêmement colorés, c’est magnifique, elles portent aussi sur la tête tous leurs outils de travail. Il y a des démonstrations de danse entre les présentations protocolaires. Je me demandais si tout ce protocole avait un rapport avec les chefs des tribus ou la colonisation, il semble que ce soit plutôt le deuxième d’après ma conversation avec Mme Sonny. Il y a des divertissements. Il y a un groupe d’hommes qui se met à danser et tout à coup y en a un qui vient vers moi et il se met à se trémousser comme s’il était possédé par amour pour moi ou le démon (je ne saurai jamais) et se touche partout, partout … et tout à coup il feint et tombe raide mort devant moi et on vient le secourir. Tout le monde rit.  Il y a  vraiment beaucoup de monde. 1000, 2000 ?




En 2010 c’était à Sidi, 2011 Banflagaye reçoit ses invités et j’avoue que c’est réussi. C’est la journée de la réflexion sur la vie de la femme et d’enfanter dans de bonnes conditions. « Donner la vie sans être en péril » à Ouagadougou hier je voyais des affiches qui elles disaient donner accès aux femmes dans les sciences !

Tout à coup il y a eu une grosse bourrasque de vent, le sable a levé et piqué les yeux. Nous sommes vraiment bien, les feuilles de rôniers sont utilisées pour nous faire un abri du soleil.








Les Dozos, des hommes chasseurs viennent jouer une très belle chanson, très douce et tout à coup ils tirent du fusil, mon cœur a fait 10,000 tours !!!!!! Au compteur, wow et ils m’ont eue deux fois !!! Je suis assise à côté de Mme Macroi coordonatrice des femmes départementales. C’est elle qui reçoit et est au micro souvent. Elle vient de Kourignon. Une autre femme vient discourir très longtemps, c’est une directrice d’école, on comprend mieux !!! Mais je me demande comment elle fait pour se rappeler d’un tel discours. Ensuite on fait la remise des cadeaux aux officiels, en général des hommes, quel paradoxe, dont une chèvre, des couteaux, des bols de lait et des carnets de santé pour les 50 première femmes qui voudront bien en avoir un.
Bienvenu c’est DANSÉ !!! Facile non ?



Ensuite un groupe de griots vient faire des louanges au maire pour avoir de l’argent et maintenant c’est la fête, on va danser, écouter de la musique, prendre beaucoup de photos. Adama vient me chercher pour me faire la tournée. On se promène de groupes en groupes, d’un village à un autre quoi. Les 12 villages sont très bien représentés.

On visite les Poulottes, les filles aiment bien se voir à la caméra, elles rigolent. C’est difficile de montrer les photos sur la caméra alors je me cache sous leurs foulards pour leur montrer. Le soleil tape fort. Ensuite nous nous dirigeons vers ceux et celles qui dansent et ces autres qui regardent comme au Québec et celles qui font à manger même en ce jour. Nous empruntons le chemin de la nourriture et là j’essaie toute sorte de choses, je prie que mon estomac me le permette, alors gâteau à la farine bleu (de l’arbre de Néré), beignets à la farine de pois de terre une autre variété avec des haricots, des pois sucrés. J’avoue que tout était très bon. Il y avait aussi de l’attikeh, des poissons grillés, de tout quoi. On revient voir Mme Sonny qui a encore mal aux cuisses de notre randonnée de dimanche.












On ne chante pas ici, on raconte plutôt.

Je suis la seule blanche à des kilomètres et aussi une curiosité pour les gens alors j’essaie de ne pas trop prendre de place pour ne pas enlever le spectacle. Déjà que quand j’étais assise parmi les dignitaires ont venait me serrer la pince et me souhaiter bonne fête, tous me dévisageaient autant les enfants, les femmes que les hommes.

Les femmes ont aussi fait des démonstrations de danses, elles portent aussi par-dessus leurs pagnes des ceintures décoratives avec des billes et c’est très joli et ça accentue le mouvement des hanches. J’ai rempli plusieurs GIG de mémoires, une carte de 8 et deux cartes de 2 quand même, et ma batterie ne me lâche pas, sauf que j’aurais bien aimé en avoir une deuxième pour ne pas stresser. Là je filme en me retenant.

On a bien fêté jusqu’à trois heures trente de l’après-midi. Sur le chemin on prend des enfants dans la boîte du camion jusqu’au prochain village, c’était loin !!!

Je me sens en totale harmonie avec Mme Sonny et Adama, tous les trois comme ça on pourrait voyager sans fin… Ça roule nous trois, enfin j’ose espérer qu’il en va de même pour eux.

Aujourd’hui, j’ai réussi à mettre ma jupe pour la journée de la femme, mais honnêtement je ne suis plus sûre que ce soit le bon vêtement parce que quand il fait chaud, les cuisses viennent vite trempées et elles frottent l’une contre l’autre et je me dis que c’est une chance que je n’ai pas loin à faire sinon je crois qu’elles seraient irritées. Il y a tant de couleurs et de choses à voir, je voudrais toutes les prendre dans mon appareil, mais bon Mme Sonny dirait que j’en ai pris pas mal. Il y avait pas mal de poussière, la danse, le monde, au point ou j’avais de la misère à parler et j’ai demandé à Adama si c’était la même chose pour lui, Affirmatif !  C’est dur et me dis que  c’est pour ça que les gars sont en train de fêter et boire de la bière de mil. Je les laisse à contre cœur. Je sais qu’ils vont fêter jusqu’à tard dans la nuit. Nous les quittons avec regret.


La fête c’est la danse, c’est aussi rencontrer sa famille, les voisins et peut-être un futur mari, mais c’est aussi prendre un verre entre ami avec de la bière de mil.



   



https://www.youtube.com/watch?v=HDuX0no9B1g

La fête, c’est aussi la bouffe que l’on sert en de rares occass, j’ai essayé les beignets à la poudre bleue (farine de Néré), des beignets aux pois de terres, des beignets aux pois sucrés. Il y avait aussi de l’attikeh, des poissons frits toutes sorte de bonnes choses. J’ai apprécié le travail des femmes qui assises aux côtés de leur feux brassaient la pâte d’un rythme que je ne connaissais pas. J’’aurais voulu rester là encore et apprendre d’elles.

Je retrouve l’hôtel Entente et règle ma note tout de suite pour le lendemain car nous partirons tôt. Je Skype maman, envoies des courriels, me douche, me prépare pour aller dîner vers 19 :30. Le quotidien quoi. Nous irons manger dans un maquis, enfin ! Je crois bien que mon estomac est acclimaté.

Malgré que j’aie été  pendant une partie de la matinée sous l’abri, j’ai pris un peu de couleur, je me suis crémée et me demande si ce n’est pas pour ça que j’ai aussi chaud. La clim n’est pas forte et la chambre est humide, je demande à ce qu’on vienne voir et le gars l’a ajusté de l’extérieur. Mes amies m’ont conseillé un autre hôtel, dont le nom m’échappe, non pas que je n’ai pas été bien servie au contraire, mais les tams tams et  j’aie bien aussi essayé des endroits nouveaux.

Je me demande si Carmen, Denise et Michel ont fait un bon voyage de retour à Ouaga.
Le maquis  Le Bel Air, à Bobo Dioulasso,  je vais me rappeler de ce nom là pour longtemps. C’est tout près d’où habite Mme Sonny ici à Bobo et elle ne connaissait même pas l’endroit.  À chaque bouchée on s’exclamait, ha que c’est bon,  que c’est délicieux, que c’est doux, que la sauce est bonne ! Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas tant régalé !  Premièrement, quand le garçon est venu prendre la commande il nous a dit qu’il n’y avait pas d’accompagnement seulement de la salade et là Mme Sonny se demandait si c’était pour être suffisant, (comme elle ne prend qu’un repas par jour je sympathise) mais comme Adama nous avait déjà quitté pour aller manger lui aussi, on a dû se rabattre sur  l’idée qu’on irait finir ça ailleurs ci ce n’était pas. Il n’y avait pas de garnitures parce que c’était la journée de la femme et comme elles ont chômé aujourd’hui, ben pas de riz gras ou d’alloco, (banane plantain), Deuxièmement, les assiettes n’arrivaient toujours pas Mme Sonny est même allée au feu pour voir si on cuisait notre repas, dans le noir. On nous dit dans encore trois minutes, mais en fait c’était 15,  notre assiette arrive. Troisièmement, il n’y a qu’un lampadaire pour éclairer la rue, il fait donc noir comme chez le loup. Quatrièmement il faut manger avec nos doigts, alors on emmène le savon à vaisselle et la bouilloire à la table pour qu’on se lave bien les mains. Cinquièmement, il arrive avec une seule assiette allongée qu’il pose sur la table ente nous deux et lève le couvercle WOW deux énormes morceaux de poisson nappés d’une délicieuse sauce légèrement citronnée avec une petite salade. La première bouchée je suis montée au ciel, et en même temps on a dit : Dieu que c’est bon !!!!!! Le petit côté braisé et la sauce et la délicatesse de la chair un vrai péché ! Divin ! Je pense bien que je devrais kidnapper le chef et le  ramener avec moi à Montréal et moi de me mettre à importer ce poisson digne des dieux. Rien de moins !

Après s’être relavé les mains, j’aurais bien voulu en gardé le goût plus longtemps mais bon, on a déposé Mme Sonny chez elle, Adama est venu me reconduire. J’en ai profité pour discuter un peu avec lui question de le connaître. Il est fils unique et doit s’occuper de ses parents il leur envoie 20,000 FCFA par mois, son père aveugle aussi à cause des cataractes, ne marche pas non plus et sa mère aussi a des problèmes et ne veulent pas déménager à la ville avec lui alors il envoi des sous, il gagne 74 000 par mois soit 140$ et peut-être d’autres petits à côtés mais bon on s’entend que ce n’est pas le Pérou, comment peut-il s’en sortir ? C’est dur la vie. Je lui parle que peut-être il pourrait s’associer avec Aruna pour approcher les hôtels et offrir des services de guides ils seraient bons là dedans et les pourboires pourraient les aider, mais comment seulement avoir accès à une auto ?? Tout devient tellement difficile quand tu n’as pas une cenne, j’en sais quelque chose. Sauf qu’ici on peut encore rêver chez nous  non. Je vais aller dormir, le ventre plein, des idées plein la tête sachant qu’un ami n’a peut-être pas mangé à sa faim aujourd’hui.



Mercredi le 9 mars : Manifestations étudiantes !




Figure 13 Mme Sonny


C’est la fête des jumeaux  Clara et Kevin, ma nièce et mon neveu Brésilien et de ma bonne amie Suzie.

J’attends mes compagnons de voyage devant l’entrée de l’hôtel, la vie s’active. On sent qu’hier ça été la fête et que ce matin la levée du corps est difficile pour plusieurs d’enter eux. Pousseurs de citernes d’eau sur roulettes, jeunes femmes à la démarche lascive, vendeurs de colliers qui sollicitent, des gens gentils, qui partout qui vous disent bonjour comment ça va ? Et la famille ? Bon voyage de retour ! bien dormi ? La famille ça va ? Et la mère et le père ça va ? Alouette… les formules pour se dire bonjour ici sont longues et importantes, ça fait partie d’une sorte de rituel de politesses réciproques, ça me semble encore plus long quand c’est en dioula.

J’aurais bien voulu voir Maman Assita avant de partir, malheureusement elle n’est pas là, alors j’ai demandé à un des garçons qui la connaisse de lui faire une bise pour moi.
Les mobylettes, les vélos, les autos de tout  genre, se rendent au boulot, on les lave, on les bichonne et répare comme on peut.

Je n’ai pas très envie de rentrer. Ouaga la polluée. La brise est tellement bonne ce matin. Mes amis sont un  peu en retard ce matin. Ce n’est pas grave ça me donne le temps de jouer à la voyeuse. Départ, on attache les valises et c’est parti. Nous arrêterons en route à quelques reprises,  premier arrêt, le village de Yéguéresso, on y change un pneu en même temps qu’on achète des mangues fraîches, et des chenilles de karité séchées. Il existe aussi des chenilles d’acacias mais ce sont les premières qu’on préfère. J’y goûte et j’avoue que ça ne goute rien de bien particulier à part que c’est très sec. Mme mon amie me dit que les chenilles avec la potasse c’est bon et dans la soupe et en sandwich. La potasse diminue l’aigreur des tomates par exemple. Lucky je t’en ai acheté un plein sac, tu pourras faire goûter ça à tes amis !!!

On vient d’arrêter acheter du charbon pour un ami d’Adama et il a payé 2500 le sac son ami lui en avait donné 3000 alors il négocie bien cet Adama, quelques instants auparavant il s’est gâté, il a acheté une chaise en bois pliante pour 2400 !! Il était très content ! On vient de croiser un camion semi remorque complètement couché sur le côté et la cargaison toute sortie par le toit. BRRR….


Bon, sur la route y a une affiche qui dit qu’ici 165 personnes sont décédées en 2008, deux autobus, chargés à mort, on fait une face à face !

Sur cette route c’est le quotidien. C’est l’Union européenne qui a fait cette ostie de route ou tout le monde verse sur le côté et ou les gens  et les chèvres se font frapper et ou les face-à face sont mortels, c’est quoi l’affaire ? Ils ne savent pas travailler ou sont trop cheap pour en mettre deux pieds de plus en largeur. En général, d’Ouaga à Bobo soit pendant 5 bonnes heures de trajet on peut facilement compter 6 camions versés. Le problème c’est que le rebord est tellement épais et le chemin trop étroit alors ils doublent une charrette et se font coincer et vire…. J’en ai trop vu et je vous épargne ces photos morbides.

En chemin on croise une école où les élèves sont en uniformes et portent des couleurs lilas c’est très joli.

Lorsque nous sommes allés à Bobo nous avions croisés un magnifique baobab et nous nous étions dit que nous prendrions une photo au retour et bien je vous le montre, n’est-ils pas magnifique et gigantesque. Le problème c’est qu’un homme de l’autre côté de la rue est venu nous signifier que ce baobab était sacré et que pour prendre des photos il fallait débourser disait-il en titubant. Oui, je comprends, et c’est en prenant la photo que j’ai presque mit le pied sur un fétiche qui était là à ses pieds. Je m’excuse. J’espère juste que je ne me suis pas attirer le mauvais œil.  




Je vais le savoir bien assez tôt !!

On roule toujours dans notre camionnette. Adama est au volant Mme Sonny à sa droite et je suis assise derrière en train d’écrire un rapport d’activité. Je suis concentrée mais je ne veux pas manquer l’affiche qui indique le festival des masques de Pouni. Je garde un œil sur la route.  Un peu plus loin je vois une pancarte qui annonce le festival des masques de Pouni que je prends en photo pour avoir les renseignements.

À quelques cent mètres de là on voit une foule dans la rue et un camion remorque canté sur le côté et là on comprend que ce sont les étudiants qui débrayent  500, 600, 700  des ados 16 à 18 ans certains? Je ne saurais trop dire je ne suis pas une spécialiste en évaluation de foule mais y en a une méchante gang ! autant de gars que de filles, et j’ai encore ma caméra entre les mains et un étudiant remarque ça et me crie qu’ils ne sont pas des acteurs et je lui montre que je l’ai serré et là on nous dit de canté notre camionnette sur le bord   du fossé et là on s’agglutine autour de nous, on nous observe, jusque-là ça va. J’avais mis une écharpe dans la fenêtre pour me protéger du soleil pendant que j’écrivais sur l’ordi.

Il y a vraiment trop de monde, je me demande bien si ça va mal tourner, tout ce monde autour de la camionnette. Notre camionnette a une boîte de camion ouverte. Mes valises, les sacs de provisions d’Adama et de Mme Sonny sont aussi dans la boîte de camion. Ils ont le nez collé aux vitres. À un moment donné quelqu’un se met à voler dans nos sacs de provisions, des mangues et ça semble vouloir dégénérer, je fais voir que je vais sortir et pendant ce temps Adama  sort de la camionnette et interpelle les gens. On m’a dit qu’une femme blanche au Burkina avait autant de pouvoir que le Président. Alors forte de cette information je suis sortie du camion en montant sur le plancher de la camionnette et donc je surplombe le toit de la camionnette et je leur dis être d’accord avec leur manifestation mais qu’ils ne devraient pas s’en prendre à moi et voler nos effets personnels. Un jeune homme me demande : qui a fait ça ? Je ne sais pas et ne veut pas le savoir je veux juste qu’on me rendre nos choses. Il a retrouvé le sac de mangues volées et les restitues et il fait comprendre aux autres à coup de bâton qu’il ne faut pas faire ça et nous dit de nous en aller, nous acceptons l’invitation avec empressement.

Vous comprendrez que je n'ai pas de photos de l'événement. 
J’avoue que ça passé pas mal proche. OUF ! Mon chauffeur me gronde d’être  sortie de la camionnette. Je comprends, mais il fallait bien faire quelque chose avant qu’ils ne s’en prennent à mes valises, mon ordi etc…  Sauf qu’on n’est pas au bout de nos peines. Plus loin, dans un autre village entre Tita et Koupela, la même chose, je cache mon ordi sous la banquette. On encercle encore notre véhicule et là on se met à taper dessus et on casse le miroir et un bord de la fenêtre ou est assise Mme Sonny, et là elle se met à engueuler les enfants comme du poisson pourri et ça leur a fait peur et nous avons donc pu quitter en leur disant que nous avions écris le nom du village et que nous reviendrons et que nous les dénoncerons au Chef du village. Ce groupe-ci, moins nombreux, peut-être 100, 200 et plus jeune entre 10 et 15 ans avec des bâtons de bois ! OK là, ça suffit, j’envoie un texto à Carmen pour lui donner ma position, donc s’il nous arrive quelque chose elle pourra toujours savoir dans quel coin je suis.

Eudoxie, l’adjointe du responsable de l’ONG au pays m’appelle pour savoir  ce qui s’est passé, (Carmen a dû l’appeler pour l’en aviser) je lui explique, mais elle ne semble pas me croire et demande à parler à Mme Sonny qui en remet plus que ce que j’ai dit alors… tiens toi. Tout ça en protestation avec cet ado qui est mort. Je les comprends, mais ce n’est pas en prenant la population en otage qu’on va arriver à quelque chose. Sauf que là je dois  retourner dans la région dès mardi et je me pose la question à savoir si oui ou non je vais revenir. Pour s’en venir on ne savait pas, mais là je sais alors !!! Je suis donc avisée et ne compte pas me jeter dans la gueule du loup. Demain, rencontre avec le président de l’association et conversation pour assurer ma sécurité sinon on verra qu’est-ce qu’on fait.

Prochain arrêt des oignons pour les voisines d’Adama, je pense que ces vielles dames veillent sur lui et lui sur elles. Il s’est refait une deuxième famille ici à Ouaga. Monteront à bord, du tamarin, des fines herbes séchées pour la soupe, les noix pour la méningite, les jujubes, qui ressemble à un pois dont le noyau est très gros et qu’on mange la pulpe un peu sucrée et d’autres petites choses.

Dans la brousse l’autre jour on a aussi ramassé un autre type d’anacarde dont la noix est à l’intérieur du fruit en dioula ça s’appelle finsan et elle est plus allongée et mince que l’autre. En entrant dans Ouaga, je vois une clinique du Point G !  Ça c’est quelque chose !!!! Je défais mes valises, downloade mes photos, me change et va souper avec Denise, Michel et un nouveau conseiller volontaire arrivé depuis vendredi, Réal Nolette, un gars, un autre Sherbrookois et l’associé de Marcel Jacques !!! Qui lui nous a quitté pendant que j’étais à Banfora. J’ai mangé un Shish Taoulk et une babaganoush, avec une bière, comme je n’avais pas lunché ça rentré comme une balle. Là je vais faire dodo. Demain 9 :00 meeting. On appelle ça une tite journée !
On voit ici un arbre à vautours


 

 

Jeudi 10 mars : juste une tite journée !


Je demande au président à ce que ce soit le même chauffeur qui nous ramène à Bobo. Avec les événements qu’on a connus j’ai confiance en lui et il conduit très bien et est prudent et prévenant. Après le meeting avec le président de l’Association on me reconduit à l’hôtel.

Je profite de l’instant pour rappeler l’ambassade pour leur demander pourquoi je n’ai pas eu de retour d’appel, comme j’avais laissé le message sur le répondeur et qu’il y a des problèmes avec le système téléphonique et bien alors je demande à parler au directeur de la Sécurité, M. Bernard. Je lui raconte donc ce qui s’est passé à Tita il semble vraiment étonné et me remercie de l’avoir informé. Parce que c’est la route principale entre Bobo et Ouaga. Je lui dis que je dois retourner là mardi et retourner jeudi et il me dit que dans d’autres conditions il me ferait escorter par la police mais là les étudiant en ont contre la police alors ce n’est pas une bonne idée, il me dit d’être prudente. Alors je lui dis que je vais procéder de la même façon et envoyer des SMS et donner ma position à Carmen. Alors s’il y a quelque chose au moins ont aura une idée où je suis. Il me dit d’être prudente parce que vendredi il doit y avoir aussi une manif des étudiants dans Ouaga, alors ne pas s’approcher des sites de manifestations. Je suis bien d’accord. J’avise ma gang.

Je dois m’occuper de mes finances, je ne sais plus trop où j’en suis. Je n’ai pas trop bien dormi, ils ont changé le matelas et il est très dur, je suis sortie de là courbaturée.

Je vais me baigner et ensuite je lunche avec Réal avec qui je discute de coopérative puisqu’il connait bien le sujet et que ça concerne mon client. (Pire bouffe de tout mon voyage, incapable de mâcher l’agneau). Alors il me remet des documents pour m’aider. Je rentre à ma chambre vers 16 heures lis les textes de loi 10 et 14, me lave la tête et va dîner encore avec Michel, Réal, et Denise, cette fois je suggère à l’hôtel l’Indépendance, chic, je mange encore du capitaine, mais celui-ci n’arrive même pas à la cheville de celui du maquis Le Bel-Air de Bobo. C’était quand même très bon et en entrée un tartare d’avocat, aussi très bon. Denise me dit que Carmen aimerait aller voir une pièce de théâtre du centre culturel vendredi soir, je suis bien d’accord avec l’idée. Dodo 9 :30

Vendredi 11 mars : rédaction


Je me réveille souvent le lit est dur. 2, 4, 6 :30 enfin je peux aller prendre mon petit déjeuner. Ce matin, fruits frais avec yaourt, une génoise, un thé.
Je dois rencontrer XXX ce matin vers 11 heures, Mme Sonny va venir me chercher. Ensuite je dois m’enfermer pour réussir à pondre un rapport.
Deux nouveaux conseillers, Alain  Horpa et Carmen Cardin arrivent ce soir vers 6 :00 alors on va les attendre et manger une bouchée avec eux et ensuite on va aller voir une pièce de théâtre au Centre culturel français. C’était très réussi cette pièce de théâtre. De petits sketchs (13) qui s’enchaînent un à l’autre, des textes durs et joués avec brio par tous les comédiens burkinabés.

Samedi 12 mars : visite de M. Compaore et sa maison Laprise


Je vais rencontrer M. Campaore, à qui j’ai vendu une maison Laprise. Il va envoyer son chauffeur venir me chercher.

Il devait venir me chercher à 9 :00 mais m’a téléphoné pour me dire qu’il serait plutôt là vers 10 ou 11 heures et finalement il est arrivé à 9 :50.

WOW il arrive devinez dans quoi un HUMMER !!!!!!!!!!!!!! Faut le faire ici ou tout est si pauvre, c’est exagéré mais j’avoue que c’était confortable en tsitsi et pour quelqu’un qui doit aller sur des chantiers c’est pas mal. Alors la maison est époustouflante pour le Burkina Faso, j’ai de très bonnes photos, j’étais assez contente de moi d’avoir réussi ça. Une maison canadienne en Afrique ! Il me fait visiter et je suis comme dans une maison au Québec, la climatisation, salle de cinéma, tout, c’est vraiment très bien. Il me dit préférer recevoir les présidents et ministres dans sa maison plutôt que d’aller dans un hôtel de luxe. Il a tout fait venir du Québec, la maison, les employés de construction et tout le mobilier.


De retour à l’hôtel, je travaille un bon deux trois heures ensuite piscine. Je travaille très fort avec mon client et tous les membres mais je m’amuse aussi ici. Je suis la sirène de la piscine, y a pas trop de blancs qui se baignent et la vingtaine d’ados je dirais entre 15 et 19 ans me regardent faire mes prouesses de ballet aquatique y en a même un qui m’invitent à faire une course avec lui, évidemment je l’ai planté comme un chou et je lui dis : et j’ai trois fois ton âge !!! Alors je m‘amuse un bon deux heures avec la gang et avec deux belles petites filles. Elles étaient fatiguées et voulaient se coucher sur ma chaise. Me touche la jambe, me touche le bras et pi ben on devient des amies. La plus jeune, 3 ans voulait se baigner avec moi alors je lui ai dit de demander la permission à son papa qui était là juste à côté, elle courre, revient avec sa permission alors je la prends la fait glisser sur l’eau et l’autre Aida n’était pas pour être en reste alors elle aussi 5 ans me fait des signes qu’elle veut sauter dans mes bras, dès lors l’atmosphère autour de la piscine change, je fais partie de la gang. Les ados viennent me parler tour à tour, mais je dois quitter je dois bien travailler encore un peu avant d’aller souper.
Je remonte donc à ma chambre travailler un autre deux heures.

On va souper au Gigot à la Ficelle, le nom est très évocateur et c’est ce que c’est. Un gigot attaché par une ficelle qu’on suspend au-dessus d’un feu de braise, il y fait très chaud et les jeunes filles nous servent en patin à roulettes et il y a de minis spectacles, chant, baguette de feu dans les culottes etc…
Aussitôt que la jeune fille mets le panier à pain sur la table une colonie de coquerelles sortent de là en grouillant de tous les bords et de tous les côtés OUACH !!! Ce qui m’a étonné c’est qu’il n’y a pas un conseiller qui a bronché, on dirait qu’on est tous faits de la même couenne ! pas qu’on aime les coquerelles mais ça en prend plus que ça pour nous énerver. Au Québec la totalité du groupe aurait quitté le restaurant, ici rien ne nous étonne ! On demande à  la jeune fille de reprendre son panier et de nous en ramener un autre. Les discussions sur les voyages de tous et chacun fusent de tous bords. Toute ma vie on m’a dit que j’exagérais dans mes histoires enfin j’ai un groupe dans lequel je fitte et mes histoires ne sont pas plus rocambolesques que les autres. Je me sens en famille. Je fitte dans la gang !
Réal me commande un dessert parce qu’il y a droit dans sa table d’hôte, un flan, d’accord, Michel a avalé le truc en une seule bouché, Denise est presque rendu à la moitié quand j’ approche la cuillère à mon nez, je me dis ça ne va pas et effleure seulement avec mes lèvres et crache le tout dans mon assiette c’était dégueulassement suri, REOUACH ! Bon finalement y avait que le gigot qui valait la peine, les aubergines pas terribles et l’attikeh non plus. On ne reviendra pas là c’est certain et la chaleur étouffante !

Dimanche 13 mars  : cathédrale, village artisanal








On va à la messe pour visiter la cathédrale, jolie et surtout bondée de tellement de monde, il fait trop chaud même à 9 :00, alors on s’en va vite, j’ai les pantalons déjà mouillés ensuite on s’en va à un centre d’artisanat. Chemin faisant on croise un jeune, tout nu, qui va son chemin en se baladant ! C’est le deuxième que je vois. Ici la nudité c’est autre chose, le premier c’était à Banfora et il portait des morceaux de pneus… Bonne idée. On dit qu’ils sont soit très pauvres ou à l’occasion drogués. S’ils ne s’en prennent pas aux gens on laisse faire.

Je magasine les prix parce que cette semaine je retourne à Bobo et là c’est la place pour les bronzes. Je veux donc connaître les prix pour pouvoir marchander un beau souvenir. De mes amis Peuls ici j’ai acheté une belle boîte en cuir repoussé de couleur turquoise pour maman. J’ai acheté un cadeau à Josey pour quand elle va graduer infirmière bachelière à 49 ans !!!, j’en dis pas plus, il faut attendre une autre année avant de savoir HAHAHA. Bon là je rush, je dois quitter il va être 6 :00 dans quelques minutes et je dois ranger mon ordi dans la valise. On s’en va souper au Coq Bleu je crois, Bisou et c’est climatisé OUF parce que ça fait deux soirs de canicule !!! Il a fait 43 cet après-midi et il est 7 :00 et on sent encore la chaleur.

SEMAINE 4

Lundi  14 mars : rédaction


Une nouvelle semaine devant moi ! Aujourd’hui je travaille de l’hôtel toute la journée à préparer des documents pour la présentation de mercredi, je dois aussi téléphoner le président de l’APIPAC pour savoir si je peux rencontrer un avocat en droit coopératif. J’aimerais ça en fin de journée peut-être aller au Grand Marché mais mes collègues détestent aller dans les marchés parce qu’on y est très sollicité. Alors je vais voir.

Vendredi matin il y a le changement de garde au gouvernement et apparemment ça vaut la peine alors je vais sûrement y aller avec Carmen elle est pas mal belette celle-là, comme moi et calme, mais elle déteste la chaleur, elle courre le moindre petit coin d’ombre ! 7H41 je vais aller travailler Bonne journée à tous ! Quand j’ai quitté ma chambre j’ai laissé ma clé à la femme de chambre et là je dois monter rapidement, voyez ce que je veux dire… ça cogne à la porte, alors je me dépêche, évidemment elle n’est pas là. Je demande au concierge, qui par hasard est dans les alentours, où est passé la femme de ménage, alors il descend et fait remonter quelqu’un avec la clé et bien c’est la réceptionniste devant laquelle je me suis attardée pour demander ma clé au cas ou, mais non elle ne l’avait pas et bien tant pis pour toi il a fallu que tu montes parce que t’es stupide ! Bon je me suis défoulée, dès fois, ça arrive.

J’ai travaillé comme une damnée de 8:15 à 12 : 30 sans broncher. Je suis allée faire des photocopies et j’ai travaillé jusqu’à 15 heures, envoyé mes documents à M. Sampebre et lunché avec des sardines et des biscuits soda. Ensuite fait mes valises, fais mon check-out. Cette fois-ci ça pris exactement 45 minutes pas mal non, Je pense qu’ils ont dû passer ma carte au moins 15 fois pour se rendre compte qu’il n’y avait  pas de papier dans la machine yo !!!!!, y’a quelqu’un là-dedans ??? Je n’ai pas accès à Internet pour voir ce qui s’est passé dans mon compte je devrai veiller à ça à mon retour. Il est 4 heures, je vais porter mes valises dans la chambre de Réal pour les quelques jours que je vais être partie. Je ne veux pas laisser ça à la réception devant les yeux de tout le monde, d’autant plus que la serrure d’une de mes samsonites a été brisée au cours du vol et de plus, je n’ai pas l’intention d’attirer l’attention d’autres manifestants estudiantins qui auraient encore le goût de nous voler dans la boîte de la camionnette. Alors je pars léger et celle-là elle va entrer sur le siège avec moi.

J’ai super mal à la gorge. Hier ont est allé dans un restaurant ou c’était assez moyen et ou l’air climatisée m’a tombée dessus. Carmen a besoin d’un camion réfrigéré en tout temps alors c’est un peu dur pour les autres. Michel s’est retrouvé avec un foulard au cou toute la journée parce qu’il fait de l’arthrose dans le cou suite à un accident de jeunesse et là il a souffert le martyr hier apparemment selon sa femme Denise qui l’a empêché de prendre trop de comprimés. J’espère juste que ça ne va pas dégénérer en rhume etc. Je commence à sentir ça monter dans mes oreilles. Demain sur l’aller à Bobo ou il va faire super sec comment va être ma gorge. Il faut être en forme en tout temps ici parce que les éléments de la nature nous sollicitent beaucoup.



17 heures, je retrouve les 2 Carmen pour aller au Grand Marché, rien d’exceptionnel, si ce n’est que la constante arrogance des hommes qui sont au marché et nous harcèlent au point ou je me choque et là on m’accuse de racisme, va te faire foutre sans dessin, je suis ici pour faire du bénévolat par pour me faire harakiri dans un marché. J’adore me promener dans les marchés, je suis curieuse et pose des tas de questions sur les choses que je ne connais pas, mais là c’est peine perdue. Carmen Tardif se choque elle aussi, encore plus que moi et sacre même ! hors d’elle ! Bon, elle leur a foutu la frousse ils sont partis, mais c’est qu’ils étaient douze à rôder comme des larves gluantes qui peuvent toujours faufiler leurs mandibules dans nos poches pour nous voler notre maigre butin. On prend une rue où se sont des femmes, marchandes de légumes qui nous accueillent avec sourire. On s’attarde à leur marchandise, on discute, j’apprends que celle qui me vend le sambalac et autres épices a 36 ans et qu’elle s’est mariée sur le tard a 25 ans et qu’elle a choisie son mari et qu’elle tient commerce depuis avant qu’elle se soit mariée, elle est très gentille. Je lui demande pourquoi est-ce que les garçons sont si agressifs envers nous et qu’elles les filles nous laissent approcher au point ou nous laissons tenter et achetons, tomates, concombres, épices et même des louches faites de calebasse qui ne serviront peut-être jamais mais qui m’ont fait plaisir d’acheter à cette vieille dame malgré ce garçon qui encore nous achalait. Ils nous ont poursuivis comme ça jusqu’à notre taxi, jusqu’à ce que nous n’en pouvions plus de ces racailles. Dommage. J’avais 25,000 F dans mes poches et n’ai rien acheté, je voulais me procurer des pagnes avec le logo de la fête de la femme et un nappe pour 12 personnes et des tissus légers pour faire une robe ou une jupe, au lieu de ça on a fui l’endroit comme la peste. Ça été la même chose en face de l’hôtel Indépendance où il y avait des bronzes, impossible d’approcher tant il te harcèle. Je vais emmener mon budget à Bobo, ils sont pas mal moins fous dans ce coin là.
Demain matin départ 7 :30 alors je vais aller me coucher, me rincer la bouche avec du sel, sucer une pastille pour la gorge, boire et boire et boire beaucoup d’eau.
Bonne Nuit

Mardi 15 mars : départ pour Bobo


4 :30 je me lève, ma gorge brûle toujours, je gargarise au sel, ça soulage, mais j’ai bien peur que ça  n’aille pas du bon côté. La femme de chambre n’a pas mis de papier de toilette j’ai rien pour me moucher. Je dois m’habiller et descendre aller m’en chercher aussi bien me préparer pour quitter. 6 :10 je déjeune et vous retrouve. Hier soir on est encore allé manger aux 4 saisons, ce n’est pas trop loin, on peut donc marcher en gang. Les 2 Carmen, Denise, Réal, Michel et moi. L’air conditionné  me saute dessus, là, je leur dis je change de table et la serveuse arrête la clim qui est directement dirigée sur nous, ça soulage. Carmen Gagnon est une voyageuse avertie, elle a toute sorte de produits qu’elle a ramenés de Montréal pour se sustenter c’est  l’expérience car elle n’en n’est pas à sa première affectation, elle est souvent allé aux Philippines, et d’autres endroits comme ça. Vendredi soir elle nous quitte, elle s’en va à Lisbonne un mois, Venise une semaine et revient à Madrid un autre mois, pour le plaisir, elle partira à l’automne encore pour les Philippines. Elle me donne ses contacts, Easy Jet en Europe n’est vraiment pas cher et un autre qui s’appelle booking.com où tu peux presque réserver trois chambres en même temps. Elle a dit que ça  été super pratique quand elle a été coincée avec le volcan qui a fait éruption cet été. On a les mêmes intérêts, elle fait aussi plein de croisières, c’est bien d’être à la retraite d’avoir un revenu, faire des mandats comme ça, génial, je me vois bien suivre sa trace. Si mon expertise ne vaut rien chez nous au moins ici je me sens utile.

M. Sampebre m’a téléphoné hier soir 9 :30 pour me dire qu’il avait trouvé un notaire et il m’a transmis ses coordonnées et m’a dit que nous devions quand même passer au bureau pour Mme Sonny, j’imagine que c’est pour son per diem. J’espère juste qu’on ne sera pas des heures à trainer là.

Je veux juste payer ma note, je me prépare à l’avance, je vais lui donner un bon 30 minutes pour me trouver le change de 10000 F on va voir combien de temps ça va prendre. C’est vraiment problématique ce « couraillage » de change, c’est rendu que les petites coupures valent plus que les grosses tant elles sont rares. Bien, c’est ce que je pensais il me revient en me disant qu’il va me faire un bon et que je n’aurai qu’à me présenter à la réception à la fin de la journée que d’ici là ils vont peut-être avoir de la monnaie. NON ! Tu vas me facturer ça quand je vais revenir jeudi, c’est plus simple. Voyez ce que je veux dire. J’ai fais le saut hier quand j’ai vu ma facture de nettoyage, la dernière fois il devait y avoir erreur et là $40.00 alors j’ai parlé à ma femme de ménage et je lui ai fait comprendre qu’elle devait faire mon lavage et que je paierais pour le repassage seulement, moyennant un petit extra bien entendu. Je m’occupe bien d’elle.

J’ai bien hâte de retrouver Mme Sonny et Adama pour notre voyage. Je vais tenter de rencontrer le notaire pour le lunch et ensuite j’aurai du temps libre pour aller me promener un peu chez les Bronziers parce que j’ai bien peur que demain, ça va être une grosse journée, le meeting doit  être de 9 :00 à 12 :00 mais je suis sûre que ça va déborder, à moins que mon groupe soit prêt à être bien dynamique et que ça roule.

Je ne sais pas si je vais être en mesure de remplir la totalité de ce mandat, ce n’est pas à moi à incorporer la nouvelle coop et ça c’est s’ils acceptent mon choix, et les budgets, je n’ai aucune idée de combien coûte un loyer, le téléphone etc… je vais demander à Eugène Sampebre s’il peut me donner un exemple de budget pour ici.

Les nouvelles de la troisième centrale nucléaire qui a explosée dans la nuit me dérangent. Ce tremblement de terre, suivi d’un très fort tsunami a secoué le Japon. Ce matin aux nouvelles j’écoutais un québécois sur la chaîne française. Il est employé d’une compagnie de Tokyo qui ont décidé de donner congé à tous leurs employés pour une semaine parce qu’ils ne sont pas capable de se faire approvisionner et vendre etc… et les radiations qui soufflent maintenant sur Tokyo, alarmant au point ou ça supplanté le conflit armé du gouvernement Libyen contre son peuple.

6 :45, je vais aller à ma chambre faire usage de mon papier de toilette et ensuite dans le lobby vous envoyer un petit coucou en attendant mes comparses.





Figure 14 Kapokier en fleur
 Nous avons quitté finalement à 8 :30. Une heure de retard sur mon horaire c’est quand même mieux que la dernière fois. En sortant d’Ouaga, sur le bord du chemin de petites boulangeries ambulantes, offrent la baguette du jour. Je vois de jeunes enfants s’acharner à faire tourner la roue du puits. Nous retraversons, les postes de péages où vendeurs et vendeuses de gâteaux, de cartes téléphoniques se ruent sur nous pour nous offrir leurs marchandises. Adama achète de l’eau en sac, avale le tout et jette le sac par la fenêtre, ça fait des lunes que chez nous on ne fait plus ça et ce serait un sacrilège mais je me rappelle que jeune, j’ai vu ça aussi chez nous. Alors on  en discute, il est ouvert à mes idées.

Je retrouve mes baobabs, mes manguiers, mes nérés, mes  kapokiers, compagnons de voyage. Je suis sereine. Pendant que Mme Sonny est au téléphone, Adama a engloutit un Nescafé, un sac d’eau et maintenant il mâche une gomme et là il est prêt. Il prend le volant d’une main sûre remonte le coussin sous ses fesses et je me dis, c’est le départ. Il attaque la route, dépasse avec prudence un camion super chargé de cageots de tomates bien rouges. Nous croisons les charrettes tirées par les ânes qui se dirigent au travail. Nous passons Tanguin Dassei. Je vois une mini vanne chargée avec à son bord sur la toiture, 6 mobylettes et 6 hommes dessus. Plus tard je verrai 2 moutons sur le toit d’un camion citerne filant à toute allure, je crie à Adama, mais c’est dont fou ça ! Il ne va rien arriver aux moutons qu’il me dit. Ici, je me fais surprendre par tant de choses et il rit de voir mon étonnement qui pour lui fait parti de son quotidien. Les petites biquettes sont toujours à pied d’œuvre pour trouver quelques broutilles à se mettre sous la dent. La goudronnée est bordée par de la terre rouge et champs de sable blanc. Les manguiers sont chargés à bloc et croule sous le poids de leurs fruits. Les champs d’échalotes verdissent le paysage à l’occasion.
J’essaie d’apprendre quelques mots de moré ; BARCA qui veut dire non merci, j’aurais pu dire ça des centaines de fois l’autre après-midi au marché mais soyez assurés que je vais m’en rappeler pour ma prochaine visite. Il y a toujours des tonnes de camions sur le bord du chemin en train d’effectuer des réparations sous leur véhicule et pour se protéger et avertir de la situation ils coupent des branchent qu’ils disposent dans le milieu de la chaussée pour vous avertir d’être prudents. Je m’étonne qu’ici il n’y a pas beaucoup de mouches, ni maringouins et que nous croisons en de très très rares occasions une odeur nauséabonde.
À chaque fois que nous croisons une étendue d’eau qui ressemble à un petit lac, on y voit une activité de façonnage de briques. Les champs d’ibiscus que l’on cultive pour le bissap ressemblent à la culture du soya. Les nids de vautours nous rappellent que la mort est toujours proche. Tout à coup Adama se met à crier à Mme Sonny quelque chose il vient de voir ce que j’ai vu, mais je ne comprends pas ils parlent en je ne sais plus trop quelle langue il en parle 4 en plus du français. Quoi ? Quoi ? Eh bien la jeune mariée a décidé qu’elle ne voulait plus de son époux et elle essayait de s’enfuir. Il l’a rattrapé, c’est ce que j’ai vu, il a mis ses bras autour d’elle. C’est ce qui arrive à l’occasion quand les mariages sont arrangés, est-ce qu’on ne peut pas rebrousser chemin et la prendre avec nous ? Mais nous filons.
Il est plutôt rare de croiser des élevages d’ânes et ce matin j’avoue que le troupeau est plutôt nombreux. L’autre soir quand nous étions au resto les 4 saisons, il a plu et quand nous sommes ressortis du resto tout était trempé, et la galerie en eucalyptus sentait bon. Le ciel est souvent poussiéreux ici, trop de sable en suspension. Nous atteindrons Boromo à 10 :45. Après être allés aux toilettes, nous prenons une boisson gazeuse pour étancher notre soif et pendant ce temps je prends des informations concernant les éléphants de Boromo. Au retour je compte bien aller les voi r, nous repartons et quelques kilomètres plus loin, Mme Sonny qui maintenant m’avait cédé son siège pour que je sois mieux placée pour filmer, s’écrie Adama arrête ! ce qu’il fait. Nous reculons, elle a vu des marionnettes géantes. Elles sont là. Nous arrêtons, et visitons, l’endroit, le propriétaire est bavard et nous raconte tout depuis la Genèse jusqu’à nos jours, mais c’est très intéressant. Ils sont invités partout en Europe aux États-Unis pour faire jouer leurs marionnettes géantes en papier mâché. Ils ont construit un abri de style voute nubienne qui conserve l’air frais alors quand les artistes décident de rester là c’est dans cette pièce qu’ils couchent et qui sert en même temps de magasins pour vendre les œuvres. Je me laisse tenter par une tête d’antilope joliment peinturée et qui par hasard est l’œuvre du propriétaire de l’endroit je lui demande donc de bien vouloir me signer son œuvre. Nous partons, mais avant nous nous brûlons littéralement les fesses sur les sièges de cuir qui étaient restés exposés au soleil, faute d’arbres pour nous protéger. Aouch ! On passe devant la pancarte qui dit que 108 personnes sont décédées dans un accident, Adama se signe et prie. 









J’apprends que les gens ici souffrent beaucoup des cataractes parce jeunes, ils se sont baignés dans des marigots contaminés et que  ce n’est que plus tard qu’ils souffrent de cela. J’ai revu certains de mes films et je me rends compte du nombre de fois que j’utilise le mot Alors quand je parle, ouf il va me falloir faire un effort pour corriger ça.
Tout à l’heure je parlais du nombre de langue que parle Adama, Dioula, Moré, Turka, et le français. Dioula c’est à Bobo, Moré à Ouaga, Turka à Banfora, le pwaba, c’est à 10 kms de Bobo, le Dafi (qui veut dire bouche noire) c’est à Boromo, Le Toussan à Toussiana, Tarcalèdoudou est la même langue mais avec l’accent plus fort, le Ouais à Banfora et à Nieangologo et Soubagagnidougou, Karamboro à Banfora, Senoufou à Sindou le Siamou à Orodara, À Toussiana l’accent y est différent très fort. À Banfora  il y a 5 accents très différents, le Tengrela, le Banfora, Labora, Tchéfora et Sideradougou. Il y a aussi le ouais de Nafona, Bounouna Nafona, Darfila, et Nincara. Le Turka, (Langue maternelle d’Adama) est parlé à Fabédougou, Moussodougou (qui veut dire, pays des femmes), Colocolo, Mondon, et Douna. Adama est né à Bérégadougou mais la maison est à Fabédougou.
Le moré est parlé à Ouhigouya, Diaco, Koupela, Zorgo, Imasco, et Nobéri. Les Bouamas parlent le bouamou. Les Peuls parlent le foulfouldé, les Touaregs le Djerma et le OussaDafiSamo ;
On entre dans Bobo et j’entends la musique de Céline Dion !!! Adama tu connais? Oui il est allé voir le film Titanic, je lui promets de lui envoyer un CD. Il ne savait pas qu’elle était du Québec. Je lui dis qu’elle aussi elle perd la voix et que j’espère que quand je vais retrouver la mienne je chante comme elle. On a bien rit. Il m’appelle deux fois par jour pour connaître mon état de santé et me demande : Tu as trouvé la voix de Céline Dion madame Tremblay ?
Nous effectuons le check-in l’hôtel Entente, cette fois ma chambre c’est comme un bunker, porte de métal, douche qui déborde et me retrouve avec 2 pouces d’eau dans ma chambre, pas de clim, juste une grosse fan, une terrasse, mais la poisse que je saurai plus tard, c’est que ma chambre donne justement et directement sur la discothèque du coin. Je fermerai l’œil à 5 :30 pour une heure.  

Nous allons manger Mme Sonny et moi au Bel-Air et notre poisson est un petit peu plus cuit que la dernière fois mais somme toute délicieux, il en reste. Je demande à Mme Sonny si je peux offrir ça à Adama, je sais qu’il n’a pas mangé alors elle est surprise et me dit Ok alors il vient s’assoir avec nous et enfile le dernier morceau. Nous déposons Mme Sonny à sa résidence et Adama vient me conduire. Nous jasons un peu dans l’auto et il m’invite à boire quelque chose sur la terrasse en face de l’hôtel, comme je ne peux pas trop parler à cause de mon mal de gorge, je le laisse se livrer. Ce que j’apprends ne m’étonne pas mais j’ai de la peine pour lui et je voudrais lui dire que tout va être correct maintenant mais je ne peux pas, je ne peux qu’écouter. À l’âge de 5 ans ses parents l’on donné à un groupe qui s’en allait travailler en Côte d’Ivoire.

Il a travaillé avec ces gens quelque temps ensuite il s’est retrouvé dans un garage, on  a longtemps cru que le soir venu, il rentrait à la maison, mais il s’était fait un lit sous le siège arrière d’une vielle voiture qui traînait là, il dit que depuis il peut dormir n’importe où et dans n’importe quelle position. Le jour, il travaillait dans le garage et le soir il surveillait le garage, jusqu’au jour où le garage a été cambriolé et il a vu ça, il a eu très peur, il ne pouvait rien faire, et il n’a pas pu identifier les gars. Ensuite, il a fait d’autres travaux dégradants. Il se rappelle que les enfants allaient à l’école et que lui n’y allait pas et que l’heure venue ou tout le monde disparaissait pour apprendre, lui restait là et il dit qu’il aurait voulu disparaître aussi. Aujourd’hui Adama sait lire, il a appris seul, en autodidacte et il écrit aussi. Il va lentement mais il va.  Il a subit les agressions, d’aller acheter quelque chose au marché et se le faire voler à la sortie de l’épicerie par des voyous. Il a des balafres qui lui rappellent ces douloureux moments.
Un jour, quand il a eu une quinzaine d’années, il a apprit qu’il avait des parents par quelqu’un qui les connaissait, dès lors, lui qui avait roulé sa bosse au Sénégal, au Cameroun… dans de menues besognes, avait décidé de rentrer à la maison pour connaître ses parents. Depuis, ils s’occupent d’eux et les fait vivre. J’ai appris hier qu’ils avaient un verger de mangues dont ils donnent la production à l’association W. Alors, où va cet argent ? Pourquoi est-ce que ses parents n’ont pas vendu leur terre avant de donner leur fils, c’est quoi ça ? Alors pourquoi ne leur donnent-il pas la terre et lui pourrait l’exploiter ??? Enfin je ne connais pas tous les détails, sauf que pour rester dans le droit chemin il a trouvé la religion Musulmane sur son chemin et l’a adoptée. Ce soir nous discutons jusqu’à minuit, la brise sur la terrasse est meilleure que mon four crématoire. à suivre...

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