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BURKINA FASO
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Une tournée au pays des hommes intègres
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- Table des matières
- SEMAINE 1
- Jeudi 24 FÉVRIER 2011 : arrivée
- Vendredi 25 février : Première journée de travail.
- Samedi 26 février : diarrhée et festival des films de Ouagadougou (FESPACO)
- Dimanche le 27 février : repos
- SEMAINE 2
- Lundi 28 février
- Mardi 1 mars : Le départ en brousse
- Mercredi 2 mars : meeting & visite de la mosquée de Bobo
- Jeudi 3 mars : meetings et visite de la vieille ville de Bobo
- Vendredi 4 mars : direction Toussiana, mecque de la mangue
- Samedi 5 mars : Banfora, meeting productrice de cajoux, et hippos du Lac Tengrela
- Dimanche le 6 mars : Cascades de Banfora, Les dômes, les Pics de Sindou et les caïmans sacrés !
- SEMAINE 3
- Lundi 7 mars : meetings et direction Orodara
- Mardi le 8 mars : Journée de la femme à Banflagaye
- Mercredi le 9 mars : Manifestations étudiantes !
- Jeudi 10 mars : juste une tite journée !
- Vendredi 11 mars : rédaction
- Samedi 12 mars : visite de M. Compaore et sa maison Laprise
- Dimanche 13 mars : cathédrale, village artisanal
- SEMAINE 4
- Lundi 14 mars : rédaction
- Mardi 15 mars : départ pour Bobo
- Mercredi le 16 mars : Gros meeting régional, formation et réaction à la pompe
- Jeudi le 17 mars : crocodiles sacrés de Sabou et retour sur Ouagadougou
- Vendredi 18 mars :
- Samedi 19 mars : Ziaré et Leongo
- Dimanche 20 mars : lunch dans la famille d’Adama et clinique médicale
- SEMAINE 5
- Lundi 21 mars : rencontre avec Mme Sonny
- Mardi 22 mars : L’armée se déchaîne
- Mercredi 23 mars : rencontre avec le client après la rébellion de l’armée
- Jeudi 24 mars : visite de l’orphelinat
- Vendredi 25 mars : Cystite ?!!! et départ pour Montréal
- Samedi 16 avril : le retour et l’armée
Jeudi 24 FÉVRIER 2011 : arrivée
Intégrité : Qualité d'une
personne qui ne se laisse entamer par aucun vice.
Je suis partie le 22 février de Montréal direction Paris, le
vol est archi plein. Pas de siège sur lequel m’étendre pour faire un petit
roupillon. Paris, il fait gris, comme c’est l’habitude l’hiver mais ça ne me
dérange pas, je m’en vais vers le soleil. Départ de Paris pour Ouagadougou.
Nous sommes retardés à cause d’un bris du système de levage, ils doivent sortir
le container de fret pour laisser celui des bagages. Là encore, le vol est
archi plein. C’est le Festival du Film de Ouagadougou qui commence cette fin de
semaine. À ma droite, un monsieur qui vient découvrir des nouveautés pour le
festival du film qu’il organise je ne sais plus trop dans quelle ville de
France.
Dans l’avion, j’ai commencé à saisir un peu ce que sont les
Burkinabés, des gens calmes, souriants, courtois, ils n’ont pas un physique
agressant, le regard est doux, la peau est sombre quelque fois un peu plus
claire, ils ne sont pas tapageurs, la vie coule. Il y a beaucoup d’entraide
avec les bagages à mettre dans l’overhead bin !
Enfin, je traverse de l’autre côté de l’aéroport, jette un
regard, il n’y a pas d’affiche avec mon nom dessus, est-ce qu’ils sont partis
ou s’ils sont de l’autre côté de la porte à m’attendre ? Je verrai bien.
Mais là, c’est le zoo, les passagers d’un 737 dans une salle de 30 pieds x 30
pieds c’est petit et tous sont à la recherche de leur bagage respectif. Wow !
Un deuxième avion en provenance du Sénégal. Évidemment on ne voyage pas léger
dans ce pays. Alors des valises il y en a partout. On demande au gars du
chariot qui s’attarde et vous regarde seulement si vous avez toutes vos
valises. Je reste là, plantée là, à regarder tout ce va et vient et je me dis ;
je vais attendre. Je m’habitue à la chaleur, je traîne mon manteau d’hiver, je
ne suis pas la seule d’ailleurs, ma petite valise roulante, mon gros sac à
main, mon foulard. Dans ce qui aurait pu être à Montréal un événement ou on se
serait toiser du regard sèchement, ou bousculer pour prendre nos valises, non
ici ça reste calme et très civilisé, même si les bagages arrivent et que la
passerelle à bagages ne fonctionne pas. On m’aide à retirer mes énormes
valises. Merci c’est gentil.
Enfin, je sors et vois la pancarte ONG. C’est bien mon
chauffeur. Eudoxie l’adjointe du responsable de l’ONG au pays est dehors dans
le stationnement elle parle avec une québécoise que je venais tout juste de
croiser, elle vient retrouver sa mère elle aussi volontaire. Le chauffeur ira
la conduire en premier ensuite nous arrêtons prendre une bouteille d’eau et enregistrement
à l’hôtel. Première impression arrivée à l’hôtel, sous l’éclairage des néons ça
semble lugubre, mais bon, le gros Colonel, le bus boy de service (il se fait
appeler comme ça), me montre comment me servir de la climatisation et enfin je
dis bonne nuit à Eudoxie il est 12 :30. Je suis assez fatiguée, les idées
se bousculent et comme elle doit venir me prendre demain à 9 :00 alors je
me dis ; je dois dormir et vite. J’ai toujours du mal avec l’air
climatisée, c’est soit trop ou pas assez, enfin je rafraichis ma chambre qui
est correcte, pourrait aussi être pire, bonne toilette, la couleur de la taie
d’oreiller laisse à désirer, une chance que j’ai emporté la mienne, et dodo.
Une fille m’appelle, le son est québécois, qui ? Carmen,
oui je suis de ONG qu’elle me dit et qu’Eudoxie ne viendra pas et qu’elle
voudrait se présenter à moi. Mais bien sûr. Je monte à sa chambre. Elle est
informaticienne 35 ans de service à la commission scolaire de Montréal, 53 ans
comme moi mais elle a un bon fond de pension. Elle est grippée. Elle me montre
sa chambre et on descend au restaurant (c’est un grand mot) et on me dit que le
petit déjeuner est fini, je vois des brioches et me dit qu’elles feraient bien
l’affaire, jus d’orange frais, un café nescafé en poudre Ok, je me mets deux
autres brioches dans une napkin. Ça fait un fond.
Je défais mes valises, prend le temps de charger mon
ordinateur, les cellulaires et tout. Mets de l’argent dans le téléphone. Je
dois aller dans le lobby pour avoir accès à Internet pas grave, je skype.
Louise, ma sœur Agent de bord pour Air Canada, est à Londres donc sur le même
fuseau horaire à – une heure. Elle devait aller à Tripoli en Lybie chercher les
ressortissants canadiens. Le gouvernement a décidé qu’il envoyait des avions
militaires à la place. Alors, elle doit revenir à Montréal. Je suis désolée
pour elle mais pas fâchée. Eudoxie me téléphone pour me dire qu’elle
viendra plus tard, ce qu’elle ne fera pas. Je commence à saisir…la notion de
temps.
3 :30 je fais un petit somme. Carmen me rappelle ; passe à ma chambre je veux te présenter
Denise et son mari Michel. Ils habitent à St-Donat et ont voyagé partout
dans le monde, elle aussi travaille pour ONG et son conjoint vient avec elle,
elle s’occupe de micro crédit et beaucoup d’informatique bancaire. Elle
travaillait au gouvernement, elle aussi bonne pension. On se donne rendez-vous
pour aller souper à 6 :00 dans le lobby. Entre-temps Carmen m’a passé son
Petit Futé, que je vais lire sur le bord de la piscine. Michel vient m’y
retrouver et me dit qu’il va acheter de l’eau alors je me joins à lui.
Première sortie de la journée WOW. Les chemins sont en terre
ou plutôt du sable rouge qui se soulève à chaque pas. Les mobylettes, vélos,
autos arrivent de partout. Il y a quelques feux de circulation, mais pas de
noms de rue. Je dois regarder ou je mets les pieds les trous sont comme nos
nids de poule, il y a des marchands, oups une femme avec un gros sac sur la
tête, je dois regarder par terre ou je mets les pieds mais je me rends compte
que je ne regarde pas ou je vais. Bon, c’est juste au bout de la rue mais c’est
une expédition en soit. On arrive au coin, on cherche ha c’est là. Je me suis
presqu’esclaffer de rire. Une SAQ !!! Nouveau genre. Ils y vendent du vin,
du champagne par cette chaleur wowowo. Merci pour moi. 2500 FCFA pour 6
bouteilles d’eau, Michel qui
m’accompagne va m’en laisser 4 au passage. Je retourne à ma lecture.
6 heures, Ils sont là, Denise, Michel et Carmen, dans le
lobby, point de ralliement pour aller souper, on marche de clarté, pour aller
au restaurant, à toute vitesse à contre sens de la circulation, qui est
tellement intense à cette heure- là ce n’est pas croyable et la pollution me
prends à la gorge tant il y a de ces mobylettes rafistolées, en trois coins de
rues on a croisé trois boutiques de réparations de mobylettes, c’est dire. On
va rencontrer d’autres volontaires de ONG. Micheline de Saguenay qui travaille
au niveau de la restauration et sa fille en visite (celle que j’ai croisée la
veille à l’aéroport) et Claude en
ressources humaines.
Le restaurant ? le Bouguinvillié. L’odeur est
incroyablement intense, je ne savais pas que ces arbres pouvait être si odorants,
pourtant ce n’est pas la première fois de ma vie que j’en vois David mon frère
qui habite au Brésil, en a même un chez lui mais on s’entête à me dire que ce
sont ces arbres qui sentent bon, enfin je doute. Beau et très bon restaurant.
J’ai pris une entrée d’avocat vinaigrette et un Capitaine braisé avec sauce
provençale et haricots verts et j’ai partagé une bière avec Claude. Excellent poisson
qui ressemble beaucoup au doré et sans arête de surcroit le bonheur c’était
vraiment délicieux. J’en profite parce que Micheline est déjà venu ici trois
fois elle peut donc faire les recommandations. Tous sont super gentils et ont
beaucoup voyagé. Micheline vient ici presque pour 6 mois Ouf, et en général elle
est à la campagne ou dans de petits villages isolés. On sentait vraiment qu’elle était contente de
voir du monde. 9 :00 heures, la nuit est tombée, et je me demande comment
je vais faire quand ils ne seront plus là et que je serai seule à mon tour dans
de petits villages.
Je dois aller à Banfora et tous m’en ont dit grand bien et
Denise, Carmen et Michel veulent descendre avec moi. Demain c’est le travail.
En fin de semaine on prévoit déjà d’aller au cinéma. À+
Vendredi 25 février : Première journée de
travail.
Mandat : Mettre en place un
regroupement pour la commercialisation des produits de la filière mangue,
manioc et anacarde. Élaboration de la structure organisationnelle,
réglementaire, de fonctionnement, de financement et de budget d’opération et ce
dans la recherche de l’assentiment majoritaire de ses membres dans sa mission
et sa réalisation.
Eudoxie doit venir me chercher à 11 heures bon avec une demi
heure de retard. Une fois arrivée à XXX (mon client) rencontre avec M. Sampebre,
M. Traore de XXX, le président Traoré et Mme Sonny qui est aussi la
vice-présidente de l’Association. Bon, présentations, palabres, et je leur
explique ce que je pense du mandat et comment je vais le réaliser.
Mme Sonny est tout sourire. Plus tard, elle me dira que quand
elle a vu mon CV que j’étais son premier choix. Bon la flatterie on connait,
mais ça fait toujours plaisir. Je suis ici, il fait très chaud dans cette
salle. Nous convenons de définir
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On se prépare pour aller souper. Nous irons au Verdoyant. Je
prends une escalope de veau, quelques bouchées et là les coups de poignards
m’arrivent dans l’estomac, je gonfle à vue d’œil. J’ai mal au ventre, mais je
me dis peut-être que ma ceinture était trop serrée, je demande la permission de
me déboutonner. Bon ça ne passe pas. On s’en va au Jardin de l’Amitié, sous les
arbres, un orchestre va jouer de la musique, il y a aussi des gens qui exposent
leurs créations. Il y a un jeune homme appelé Amidou qui me montre comment on
fait le bronze avec la cire et pour démontrer que c’est vraiment du bronze, le
pauvre laisse tomber sa création qui n’est
pas supposée casser et voilà, le bras a cassé que dire… ensuite ça été la même chose
avec une fille qui voulait nous montrer un petit sac en cuir elle tire sur les
cordons et un d’eux reste dans ses mains…J’ai déjà voyagé dans des pays
africains mais c’est le premier ou je vois des statues de bronze, c’est une de
leur spécialité ici. Aussi, il y a des chevaux. Une cavalerie même. Le cheval
est honorée parce qu’il est associé à comment le pays est né d’une princesse
etc…Alors je me lève je marche de long en large en espérant que les crampes
passent, je vais aux toilettes wowo, il n’y a pas de papier et j’en ai pas pris
avant de partir de l’hôtel et l’odeur et la saleté, que dire… je retourne et là
Denise qui ne me voyait pas revenir s’est inquiétée et est venue à ma rencontre
et a offert de rentrer, je ne voulais pas casser leur veillée mais tout le
monde a dit non on rentre, nous aussi on en a assez. Alors négociations pour
rentrer en taxi, il faut toujours négocier les taxis. On tient bon, 1000 francs
cette fois pour les 4.
J’essaie de me coucher sur le ventre, ça ne passe pas, je
passerai la nuit à avoir mal au ventre, en matinée, c’est confirmée ;
diarrhée. Bon sang je n’ai rien fait pour avoir ça. Mais c’est comme ça. Je
pense bien que c’est la bouffe sur Air France, je voulais prendre les pâtes
comme Louise me l’avait conseillé et arrivé
à ma rangée il ne restait plus que le poulet en sauce.
Samedi 26 février
: diarrhée et festival des films de Ouagadougou (FESPACO)
La pollution ici est terrible toute ces mobylettes qui roulent
avec des « exas »perforés, ça pu tellement ! C’est je pense ce
qui est le plus difficile ici et les déchets qu’on fait brûler un peu partout,
Il y a toujours de la boucane ou de la pollution. C’est ça le problème, on
envoie nos vieilles bagnoles dans ces pays et ça tue le monde à petit feu et
nous aussi quand on y va.
C’est le début du Festival du film de Burkina Faso, un
événement qui arrive à tous les deux ans et ça commence officiellement ce soir.
Aujourd’hui, il y avait des rues de fermées et des tapis rouges dans les rues.
Ce soir la grande première était au plus grand stade d’Ouaga. On a regardé ça à
la télé pendant qu’on mangeait. Dommage. Ils invitent le monde entier et nous
on ne sort pas parce qu’on est malade….Je me suis acheté une jupe longue, parce
que les pantalons, c’est pas mal chaud. Demain
on doit aller voir au moins un film, j’espère juste que j’irai mieux parce que
le travail commence lundi et je dois être en forme.
Dimanche le 27 février : repos
Ce matin ça va un peu mieux, j’ai pris la moitié d’un immodium
au cas où…. Je me suis réveillée tôt, la personne de la chambre à côté faisait
pas mal de bruit on aurait dit des talons hauts sur la dalle. Alors, j’ai
commencé à me préparer, petit déjeuner ; deux mini-danoises et une petite
banane. C’est gris ce matin, j’espère seulement que ça va se dégager parce que
je pensais m’étendre un peu au soleil. Je suis étonnée, le soleil ne bronze pas
trop ici, je pense que c’est parce qu’il y a trop de sable en suspension dans
l’air et que ça filtre les rayons. Les filles disent aussi la même chose parce
qu’elles ont des lunettes qui changent de couleur quand il y a trop de UV et
ici elles arrivent à peine à atteindre brun au lieu de noir alors…
Hier, au marché, j’ai pris une photo des étals d’arachides et
les femmes pensaient que je prenais des photos d’elles, elles étaient choquées
et je leur ai montré ma photo et elles m’ont dit qu’ici on doit demander la
permission, on n’aime pas que nos visages soient pris dans la boîte. Quand
elles ont vues que ma photo était les cajous elles ont ris mais elles ne
riaient pas au début.
Hier midi, quand je suis allé luncher avec Marcel le
Sherbrookois, au restaurant MAXI j’y ai
rencontré la propriétaire Brigitte, très gentille. Quand Marcel m’a quitté pour
aller avec Jacques un ami de M. Jacques comique
non ? Bon, acheté des sels
réhydratants je l’ai attendu au restaurant et Brigitte est venue s’asseoir avec
moi et on a jasé de tout et rien et ensuite elle me dit que les profits qu’elle
fait dans son restaurant elle les donne à son œuvre de charité. Elle a une
fondation qui s’occupe de 300 enfants orphelins et maintenant elle est reconnue
comme ONG et elle s’occupe des femmes veuves et battues. Je me suis mise à lui
raconter ce qui était arrivé au Maire de Virginie et elle s’est mise à pleurer.
Je vous raconte de mémoire le gros de l’histoire. Ce maire est marié à
une neurologue et il fait face à de gros problèmes, ses prisons sont bondés et
il cherche une solution et un soir qu’il en discutait avec sa femme et elle lui
a dit que s’ il voulait éradiquer le problème il devait commencer à la petite
enfance. Elle lui a montré des scans des cerveaux d’enfants aimés et d’enfants
battus le premier était rose et
remplissait complètement la boîte crânienne et l’autre était noir et petit. Il
a donc décidé de commencer à mettre en place des résolutions pour ce faire et
depuis ses prisons se vident.
Brigitte a perdu un enfant à l’âge de 4 ans et elle a ensuite
adopté deux enfants. Son mari est dentiste ils ont donc fait bâtir cette
bâtisse où son restaurant occupe le premier plancher et le deuxième est la
clinique de dentiste de son mari.
Marcel s’occupe de micro-finance ici, il vient de se joindre à
moi sur le bord de la piscine. Il quitte vendredi et il a une grosse semaine et
doit préparer ses dossiers. Mardi rencontre avec tous ses intervenants, une
dizaine, qui vient d’un peu partout du pays, ensuite il doit finir
l’installation du système informatique. Les caissières comptent l’argent avec
des calculatrices. Il m’a recommandé d’aller manger dans un petit restaurant
dont le nom lui échappe mais qui est en face du restaurant chez Simon. Je ne
sais pas quand j’irai mais on verra.
J’ai envoyé un courriel à L. Gagnon la femme de R.Tremblay un
journaliste… dont je n’ai toujours pas eues de nouvelles, elle devait m’envoyer
sa liste de contacts ici au Burkina etc… mais bon, ils te disent ça et tu sais
bien qu’ils ne le feront jamais. Pour ce qui est de mon monsieur Campaore à qui
j’ai vendu une maison Laprise ici à Ouagadougou, je ne peux pas le voir en fin
de semaine parce qu’avec ce qui m’arrive je ne peux pas commencer à chercher
les toilettes chez un client, la fin de semaine prochaine je vais être à
Banfora, donc je l’appellerai pour ma troisième fin
de semaine ici pour
visiter la maison.
Ma chambre est séparée en deux, partie salon et partie chambre
et hier après-midi j’ai fermé la porte de la chambre pour garder la
climatisation d’un côté et je me suis embarrée il a fallu faire venir le gars
avec le passepartout mais tu penses qu’ils auraient pris la peine de dire
attention de ne pas fermer la porte, bon ce n’est pas bien grave je n’étais pas
toute nue, une chance.
Bon je suis obligée de monter à ma chambre, il commence à
pleuvoir sur mon ordi. Dommage. Hier soir, j’ai remarqué que l’eau du robinet
était très chaude et je me suis empressée à me faire couler un bain. Quand j’ai
dit ça à Carmen que j’avais pris un bain elle a dit c’est toi qui a pris toute
l’eau moi j’avais juste un filet d’eau, et bien y a pas que des mauvais côtés à
rester au premier étage (voir qu’il y a des coquerelles, je n’ai même pas vu
l’ombre d’un moustique encore quelques mouches dehors mais rien de bien
spécial). En général à l’hôtel les gens sont assez tranquilles y a pas de
grabuge, de claquage de portes, on est très poli en ce sens.
Ici les hommes ont l’air des hommes ! Faites-en ce que
vous voulez mais c’est ça. Dos droit, belles épaules, ….ça va j’en dis pas
plus.
Le premier soir quand nous sommes allés manger au restaurant
le Bougainvillier il y avait de gros oiseaux qui volaient de branches en
branches, je m’en étonnai parce qu’en général la nuit les oiseaux ne volent pas
trop et Claude de me répondre se sont des chauves-souris ! Ha ben là, je
ne te crois pas ça ne peux pas être aussi gros qu’un pigeon quand même ?
Apparemment que oui, j’en doute encore à suivre….
Denise et Carmen ont acheté du beurre de karité et s’en sont
enduites et ont dit que cela avaient une odeur… et l’autre soir Cheik m’a dit
que les femmes ici enduisaient les enfants jusqu’à l’’âge de trois ans de ce
beurre et les massaient avec ça. Alors je ne sais pas si je peux faire une
parallèle avec ça…mais nous aussi on a une odeur, et ce n’est pas du Baby’s
Own !
Ici la terre est rouge, il y a que quelques rues goudronnées.
Quand je suis allée au resto hier avec Jacques on a pris une rue goudronnée
pour arriver au bout et en prendre une autre non goudronnée et là sur les deux
côtés s’entassaient des cabanes rudimentaires, malpropres, dans la rue je
marchais sur une vielle brassière, des sacs de vidange qu’on n’est pas capable
de recycler qui se mêlent au sable ouach, la pollution, ça vient de chez nous
cette merde là, et sont bleus marins donc très voyants. C’est la même chose
pour les mobylettes dont on ne veut pas dans les pays riches et qu’on envoi
ici, Ouach encore. Dans ce désordre, dans cette pollution, arrive comme dans un
mirage, une fille, belle élégante, racée, le port altier, qui s’en vient vers
moi portant une jupe longue et un corsage assorti et une écharpe pailletée
portant sur sa tête une bassine remplie de fraises fraîches montées de façon à
faire rougir les plus grands étalagistes de chez Harrods. Comment elles font ?
Je me le demande. Tout à coup elle porte la main à sa bassine, prend une
fraise, la mange et rien ne tombe, alors là !!!! je suis estomaquée !
Quand on vous emmène l’addition, elle est présentée en général
dans une boîte sculptée très chic. Cette idée devrait être récupérée au Québec.
Parlant de récupération, ici on fait de tout, l’autre jour je me suis fait
apostrophée encore par un vendeur, ici ils sont assez, pressants je dois
l’avouer, il avait fait cette petite bicyclette, bon ici je pense que je radote
alors je vous envoie ça j’espère que ça va vous donner une peu de mes
nouvelles. Je vais essayer de faire ça à tous les dimanches.
Alors j’essaie de m’assoir à la piscine pour vous écrire et il se
met à tomber des gouttes, alors comme j’ai le portable, je remonte à ma
chambre. Je mange un petit quelque chose pour me raplomber l’estomac, sardines
(ce n’est pas le meilleur choix mais quand même), un triangle de fromage, la
vache qui rit et oui elle est ici elle aussi, une banane, des cajous, un
yogourt.
Je suis allée faire un film sur la terrasse de l’hôtel, en fait
c’est là où les femmes de ménages étendent le linge à sécher. Je retourne
à la piscine où Marcel me présente son
ami Jacques un Mossi super gentil. Les hommes ont l’air bien jeunes aussi et
c’est aussi dans leur comportement. Marcel me dit qu’il a une trentaine
d’années et pourtant de la manière qu’il raconte, c’est comme s’il en avait
seize. Il est bien drôle dans sa manière de parler avec ses mains de ce que ses
ancêtres faisaient et de comment son grand père s’est fait surnommer ;
l’homme qui n’entend pas l’eau bouillir. L’histoire est que si tu reçois
quelque chose en cadeau tu dois aller le montrer au chef et c’est à lui de
t’autoriser à le garder par exemple un t-shirt ne pourrait pas être plus beau
que celui que le chef porte. Il est aussi défendu de faire cuire un poulet si
le chef n’en n’a pas donné l’autorisation. Alors un jour, le grand-père de Jacques
faisait bouillir de l’eau pour faire une soupe au poulet, le chef a entendu
l’eau bouillir et le grand-père s’est empressé de tout cacher, et n’a pas été
attrapé, mais il a été depuis surnommé l’eau non bouillie.
SEMAINE 2
Lundi 28 février
Meeting toute la journée.
Rentrée en taxi dodo
10 :30 réveillée à 2 :30 à cause de la clim et debout à 5 :30
pour préparer départ.
Mardi 1 mars :
Le départ en brousse
Avant hier je suis allée à la première du festival du film, le
président était là avec tout le gratin burkinabé, tapis rouge etc...Hier, ont est
allé voir un autre film super bon Death Weight de Yémane Demissie, extra il
devrait être à Cannes !
Ma chambre m'a couté 135,000 CFA pour une semaine
Finalement, ils sont venus me chercher à 8 :30 merci j’aurais
pu rester couchée, on a dû retourner à l’APIPAC pour avoir le camion, ce n’était
pas prêt, le per diem de Mme Sonny non plus n’était pas prêt, enfin on a mit de
l’essence et nous sommes partis à 10 :30 !!! Bravo !
Ma cliente Mme Sonny va m’accompagner tout au long de mon séjour.
Nous irons donc de villages en villages rencontrer les producteurs de mangues
séchées et d’anacardes afin de connaître leurs besoins respectifs vis-à-vis la
création d’une nouvelle coopérative.
Mme Sonny est mère de 4 enfants et grand-mère de deux
petits-enfants. Elle est plutôt
corpulente et se coiffe avec beaucoup de petites boucles. Elle est très
gentille.
Ça nous a à peine pris 1 :30 pour se rendre à Boromo halte
routière et sommes arrivés à 15 :30 à BoboDioulasso alias Bobo ou on n’avait
pas nos réservations !!! Entrée dans ma chambre à 16 :00. Brûlée, crottée,
brassée à souhait. Bon une bonne douche un petit roupillon et me voilà en train
de vous écrire il est 18 :02.
Il y a une grosse industrie de ciment ici la Diamond cement, quand
on pense que tout est en ciment on doit s’imaginer un peu le compte en banque
de cette personne !!!
Maintenant le paysage change de couleur, de pollué avec des
millions de mobylettes il devient plus paisible et respirable. J’enlève mon
foulard de sur la bouche pour me le passer sur la tête. Il y a un poste de
péage et là tout le monde qui a un petit quelque chose à vendre se garoche sur
ta voiture bon pas tant que ça mais quand même. Ça fait à peine une demi-heure
que nous roulons que déjà je peux me rendre compte que les mangues sont plus
grosses ici et ça va aller comme ça jusqu’à ce que nous soyons arrivés à Bobo
ou on commence à les voir se faire vendre sur le bord de la route.
Mon premier baboab !!!!! Dont le fruit s’appelle le pain de
singe, dont je vais aller prendre un jus tout à l’heure pour accompagner mon
repas au capitaine, je vous fais saliver dites-le !!!
De toute évidence tous les enfants ne sont pas à l’école malgré
que ce soit la loi, j’en vois de tous petits sur le bord du chemin tendant des
sacs au bout de leurs bras pour que nous nous arrêtions. Hélas….
Ici, il y a les maisons en pierres, en blocs de ciment, des huttes
de paille. En fait, derrière les maisons il y a souvent quelques huttes de
pailles couvertes d’un toit, ce sont les greniers ou on engrange les grains
etc… ça contient près d’une tonne de grains.
Ouagadougou, dougou ça veut dire ville, ça va revenir souvent alors
c’est Ouagaville, compris ? Parfait on continue.
Il est fortement conseillé de ne pas boire trop d’eau mais plutôt
un peu à la fois, parce qu’une vessie pleine dans un camion qui affronte toutes
les bosses sur son passage, ce n’est peut-être pas la meilleure idée du siècle,
j’ai été bonne depuis 7 :00 ce matin et nous ferons une halte à 12 :30
quand même elle doit être plutôt élastique mais j’avoue que c’était temps qu’on
arrive.
On passe Vitry Bongo
Neem ; arbre avec le fruit rouge. Huile.
Les fermiers brûlent des lopins de terre pour faire pousser la
végétation. Après Boromo on commence à voir quelques collines par-ci par-là, en
général la morphologie du pays est plutôt plate.
J’en reviens pas encore de voir comment ce peuple est travaillant,
partout on fait quelque chose, pousse une charrette avec des bananes plantains,
on tire un âne qui porte des fagots de bois, on marche à côté de sa bicyclette
parce qu’elle est aussi chargée, on porte des colis sur la tête, on accompagne
son troupeau, on charge une mini-vanne, on fait toujours quelque chose. La vie
est très active.
Il fait très certainement autour de 35 degrés si ce n’est pas 40
d’après Mme Sonny. On vend aussi des cordes de bois sur le bord du chemin. J’ai
aussi vu des poches de maïs, les mangues etc…
Le menu à jus ; ananas, orange, bissap, avocat, pin de singe,
mangue, papaye, ananas Ivorio, jus d’ananas en canne en provenance de Côte
d’Ivoire, les connaisseurs le choisisse au détriment du local qui a trop d’eau
dedans alors je saurai pour la prochaine fois, en général les jus sont à 600 fcfa,
celui-là 1000 mais pour la canne au complet.
Mercredi 2 mars :
meeting & visite de la mosquée de Bobo
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Figure 2 Séchoir à mangues
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Mme Sonny est passé me chercher à
8 :15 et nous sommes parties à 8 :30. Première rencontre extrêmement
intéressante avec les productrices de mangues séchées.
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Elle vaut un chapitre à elle toute seule. Maman Assita Kone
70-37-76-86. Une petite vieille de 88 ans, avec toute sa tête, les yeux coquins
malgré une légère cataracte. La vilaine elle nous a fait bien rire. Malheureusement
je n’ai pas de photos d’elle, je n’ai pas osé. Elle vend des produits médicinaux,
elle est guérisseuse. Les sinusites, le diabète, les ulcères, elle connait.
Elle grignote des cacahuètes et nous raconte toute sorte d’histoires
incroyables. Son secret ; garde ton cœur propre ! Qu’elle me dit. Elle vient de la région d’Orodara, la
même que Mme Sonny elles découvrent qu’elles sont presque du même village et
donc le même sang !!! bon elle essaie de me filer un truc un cure-dent (guèssé)
elle appelle ça son guéssé viagra et elle vend ça aux hommes et y en a plein qui achète je l’ai vu, alors
elle me dit tu t’en vas au meeting tu en prends un petit morceau ( j’avoue que
ça donne une bonne haleine) et là tu vas avoir du succès tu vois le genre et
elle raconte un autre truc et là elle se
poigne le sein et dit que c’est doux comme le lait et là on s’esclaffe comme
des bonnes on en peu pu elle est juste trop drôle..
Jeudi 3 mars : meetings et visite de la
vieille ville de Bobo
On va
rencontrer le président d’une des associations, qui malheureusement a été opéré
pour les cataractes et ça mal tourné et là il ne peut plus rien faire il
n’arrive même pas à traverser la rue. Il nous fait visiter ses bureaux qu’il
partage dans un dispensaire. Avis aux intéressés, vous n’avez pas envie d’être
malade ici !!!!!
Mais
avant d’entrer dans ce lieu on s’est bien amusé, une école de percussions, de
tam-tam était en pleine exécution quand je m’y suis pointée et les enfants
voyant la caméra ont été débridés c’était un moment de bonheur africain. (vidéo
disponible)
12 :30
nous sommes toujours dans le village à apprendre l’histoire des masques, leur
signification un oiseau : masque de célibataire, deux oiseaux un couple un
masque avec la forme ronde au-dessus, amoureux, masque passeport bien avant les
cicatrices portées au visage pour identifier notre tribu, on voyageait avec
celui-là pour se présenter. Mme Sonny est Mossi elle ne porte pas ce cicatrices
mais beaucoup ici en ont. Maman Assita a toute une balafre qui traverse toute
sa joue droite de bas en haut, d’autres on trois lignes près des yeux etc… en
Afrique j’en ai vu avec des moustaches de lions.
Il y a cette femme qui fait une grosse chaudronnée de soupe, Mme Sonny
me dit que ce sont des abats, les intestins, le foie etc…franchement à première
vue ça pas l’air très tentant, mais l’odeur elle …Hummm. Avant j’aurais osé
demander à goûter mais là avec le mal de ventre que j’ai eu la semaine dernière
et je pense bien que c’est de la malbouffe d’ « Air Franche » qui m’a
fait ça, je reste un peu sur mes gardes, mais ça viendra, parce que jusqu’à
maintenant, tout est bon ici, mais je mange de la nourriture dite européenne,
j’ai bien hâte de me taper mon premier maquis.
Les
mères sont assises sur des nattes et s’occupent de leur progéniture.
Quelques
jours après mon arrivée, j’ai reçu un
message de l’Ambassade canadienne qui nous disait d’être prudents dans la
région de Koudougou. Un étudiant a été tué, turbulent il a été appelé chez le
directeur et quelque chose a dégénéré, l’enfant a été abattu et on a fait
passer ça pour une méningite. Alors la population s’est révoltée et ça brassé,
on a demandé à ce que les écoles soient fermées le temps que l’histoire se
calme. Alors c’est une des raisons pourquoi je vois tant d’enfants dans les
rues, avec leurs parents, partout, parce qu’ils ne vont tout simplement pas à
l’école. Ça me fait penser au cas de Montréal-Nord qu’on a eu chez nous il n’y
a pas si longtemps avec ce jeune Noriega de San Salvador, là aussi ça avait
dégénéré. Mais il semble que dépendant des régions les enfants sont retournés à
l’école aujourd’hui et comme demain c’est congé alors…
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17 :30,
mes amis semblent partants pour que nous fassions une autre petite excursion
avant de nous quitter pour la soirée. Alors nous optons pour aller visiter les
potières, mais avant on va passer au rond point du cinquantenaire, magnifique
avec des chevaux et tout…apparemment que le soir c’est grandiose parce que
c’est tout éclairé. Je peux facilement m’imaginer.
Je
rentre à l’hôtel, ça été une bonne journée. J’ouvre mon ordi en attendant un
jus d’ananas et maman et Louise sont en ligne sur Skype alors et pour la
première fois elles sont capables de me voir, je leur fait donc un petit tour
du propriétaire et leur montre les masques de la maison.
Monte à
ma chambre, transfert mes photos, écris mon rapport, de la journée et mon livre
de bord de voyage, douche, fais les valises car demain on va partir tôt, on se
rend à Toussiana ensuite voyage jusqu’à Banfora. Alors dodo à 9 :30
Vendredi 4 mars : direction Toussiana, mecque
de la mangue
Je suis
debout depuis 2 heures 40, les tam-tams vont bon train, j’essaie de me
recoucher… me relève, me mets des bouchons dans les oreilles, en vain, le bruit
et la vibration de mon oreiller m’empêchent de dormir.
Je
viens pour payer, non on ne prend pas
les cartes de crédit. Avant de partir, à Montréal, Johanne Veilleux me
dit ; mets l’argent sur ta carte de crédit pour payer l’hôtel, arrive ici
pas de carte. Bon la jeune fille a été assez gentille pour me faire crédit,
sinon il aurait fallu attendre l’ouverture de la banque et décaler notre
voyage. Comme on revient à Bobo je lui dois 10,300 FCFA.
Bon,
l’histoire du jeune qui est mort ressemble en quelque chose comme ça. À l’école
une jeune fille faisait du grabuge dans la classe au point ou le professeur a
décidé de quitter la classe, il en avait marre. Un étudiant du groupe a commencé
à dire à la fille : tu vois ce que tu as fait ? À cause de toi on n’a
pas de classe, moi je suis venu ici pour étudier etc… et il était fâché et il
l’a giflée. Elle, qui sort avec un policier, est allé dire ça à son copain et
son copain a emmené le jeune étudiant au poste de police et ils l’ont tabassé à
mort et le coroner a dit que c’était une méningite. Comment est-ce que ce médecin
peut signer un tel papier ? Alors, c’est pourquoi les classes sont
suspendues à l’échelle nationale jusqu’à lundi, tous groupes confondus.
Je mets
un turban sur la tête, de un, mes cheveux ne s’en vont pas en tout sens et de
deux, ça fait du bien aux oreilles, mais l’état des cheveux quand j’arrive chez
les producteurs et bien ce n’est pas grave.
Il faut
vraiment mettre sa ceinture de sécurité ici, parce que des fois ça brasse pas
mal fort, même que je suis obligée de
retenir mes seins avec mes bras parce que je pense qu’ils s’envoleraient. Alors,
les filles soyez avisées, ici les demi-bustes oubliez ça et optez plutôt pour
la extra extra sportive ! Hier,
la voiture que nous devions prendre n’était pas prête du garage et alors
on nous a dit de prendre ce véhicule grand bien nous en fasse l’autre véhicule
a perdu une roue pendant la nuit et ils ont pris des heures à la retrouver dans
la brousse.
On
commence à voir des palmiers par ici, la végétation change rapidement. Le néré,
arbre avec le fruit rouge de la grosseur d’une pêche, il y en a beaucoup par
ici. Il y a aussi pas mal d’eucalyptus.
Y a des manguiers qui sont vraiment énormes, j’ai compté jusqu’à 60
pieds de circonférence. Alors, il faut prévoir beaucoup de place
entre eux à la plantation. Il y a aussi des arbustes jaune qui me font
penser à des forsythias ou des glycines jaunes, mes compagnons ne les
connaissent pas, on verra si on peut s’en approcher de plus près. Quelques
éperviers planent ici et là. Nous arrivons à Toussiana et sommes accueillis par
les manguiers et les étals de vannerie.
Le
rônier est un palmier duquel on retire une sève tôt le matin à la cime de
l’arbre. Ça goute un mélange de jus de noix de coco et de limonade un peu
piquant sur la langue et qui au cours de la journée va fermenter et donner un
alcool d’environ 3 %. C’est très rapide
déjà vers 4 heures on entendait les gros bouillons dans le jerricane.
En 2007 elle a fait 40 tonnes de sec !
Un manguier peut vivre 100, 200 ans. Ici elle
a fait des boutures, ce n’est pas du
marcottage, bon des greffes de manguiers XXX et ça fonctionné, c’est une mangue
plus petite et plus sucrée très bonne pour le séchage, on ne sent pas du tout
l’acidité. Ces producteurs ont aussi de l’Amélie, petit à petit ils tentent de
greffer les arbres avec de plus en plus de XXXX.
Les
cases sont très confortables et très bien décorées. Je vous écris en ce moment
c’est samedi matin il est 5 : 29 et le Muezzin chante Allah, je suis dans
mon lit sous la moustiquaire et au plafond un ventilateur oscille et m’évente.
Hier, il a fait assez chaud et c’est un peu plus humide ici par rapport à
Ouaga.
Samedi 5 mars : Banfora, meeting productrice
de cajoux, et hippos du Lac Tengrela
Je
pense à toutes les défaillances en marketing. À commencer quand on arrive à
l’aéroport. Comment bien recevoir ses invités. L’aéroport est en chantier depuis deux ans, est-ce qu’on ne
pourrait pas accélérer tout ça ? Accueillir les visiteurs avec une liste
de choses à faire, puisque les guides touristiques sur le pays sont assez
rares. Aussi il pourrait y avoir une petite boutique un coin pour s’assoir
quand on attend nos bagages, de l’eau en
bouteille, un endroit pour changer l’argent toutes ces petites babioles
nécessaires aux voyageurs. De même que
quand on organise un événement supposément d’ordre international, que les
hôtels soient avisés, et qu’ils soient en mesure de donner une information
pertinente. ( Festival du Film aucune information disponible à partir de
l’hotel !!!) Qu’on enseigne aux vendeurs de ne pas harceler les touristes,
ils vont acheter davantage si vous les laisser venir à vous. Tant de choses à
faire dans un pays en émergence. Chez nous tout a été fait et il n’y plus de
place pour personne. Ici, il y a du rêve au moins.
Quand
on déambule sur la route et que je vois défiler le paysage, je me prends à me
demander si je viendrais vivre ici, établir un verger de mangues ??? Le risque est grand, seule,
et 53 ans !!! Bon revenons sur terre.
Ce
matin petit déjeuner au deuxième étage d’une case. Pain baguette, confiture de
bissap, beurre français (pas salé) et un thé Lipton !
C’est quoi cette affaire là, les patchs que le
docteur m’a prescrites ce n’est pas pour venir en Afrique colle colle pas alors
peut-être que j’ai manqué et que ça déboussolé mon système.
Le riz
gras est fait à base d’huile de palme et ça tache en tsitsi, des grains de riz
ont touché le pantalon, scrapé ! Avis aux intéressés
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Figure 6 productrices d’atchiké
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Alors
la journée de travail terminée, je suis en sueur aujourd’hui. Ici il fait plus
humide. Dans la soirée on aura droit à des éclairs, le temps est chargé, mais
il y a une brise et la pluie tombera mais à Toussiana pas ici.
La dame
des cajous c’est toute une personnalité, je ne suis pas étonnée qu’elle ait
réussi, déjà elle a une stature imposante, assez jolie et comme toute les
Burkinabés coquette,
mais elle a la pogne et ne s’en laisse pas imposer. Elle est en guerre
ouverte contre XXX et gare à lui s’il vient mettre le bordel dans la gang des
cajous. M. XXX lui est plutôt âgé avec les dents bien gâtées, les yeux un peu
croches, on dirait peut-être aussi un début de cataracte, mais est assez
présent au niveau des associations. La visite chez la personne qui fait
l’attikeh a été assez intéressante, derrière la clôture, elle a fait ses
opérations de transformations là, et tout de suite en franchissant la porte on
est assaillie par l’odeur nauséabonde de l’attikeh qui pisse son jus au soleil,
mais aussitôt que je comprends d’où ça vient, l’odeur se dissipe parce que
enregistrée dans le cerveau, mais en fait c’est assez bordélique chez elle.
Mais il y a là les employés, les enfants (5 en bas âge), alors elle fait ce
qu’elle peut j’imagine.
De là,
nous irons manger notre poulet tiraille et ensuite nous irons visiter le Lac
Tengrala. Le chef Tengrela est un homme prospère, le territoire qu’il couvre
est très grand et très orienté sur l’agriculture, les troupeaux de bovins, on
croise des rizières, des plantations de bananiers, et… on croise encore l’arbre
de kapokier, mais qui cette fois les fruits ont explosés sur les branches et
partout il y a des minous qui tombent sur le terrain.
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Figure 7 Celui-ci me montre ce qu'il a mangé pour déjeuner!!! un peu trop
près à mon goût!!!
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On
croise encore de magnifiques baobabs. Nous arrivons, la pirogue nous attend,
derrière nous il y avait un 4X4 d’une société d’ingénierie minière, deux gars
avec leurs copines de Banfora, il y en a un qui a peur, il ne viendra pas,
c’est la même chose pour Mme Sonny et mon chauffeur, ils nous attendrons sur la
berge. Alors, l’embarquement se fait
pendant qu’une ribambelle d’enfants se baignent là, j’ai donc moins peur de
tomber à l’eau. On glisse tranquillement, entre les nénuphars, les joncs. Notre
pagayeur Nassi, un étudiant, fait ce travail à temps partiel. Ils sont tellement
forts ici les jeunes. La pirogue est lourde en plus de 5 personnes à bord. On
traverse le lac. Je les vois, les hippos sortent leurs petites oreilles, c’est
une famille de 10. Ils réussissent à se reproduire ici. Alors il ne faut pas
les approcher de trop près pour leur faire peur. Ils amènent de l’argent pour
le village. Sur la berge on voit les troupeaux on les entend aussi. Tout à coup
un gros hippo mets sa tête sur le dos d’un autre, on le voit bien, ils se font
de petites mamours. La mère se mets devant les petits on sent la protection.
Nous on reste coi, la main sur l’appareil photo pour ne rien manquer. Ce qui me
fait chier c’est que la caméra ne fait pas le focus, alors je manque toujours
les photos qui sont loin.
Alors, c’est plate pour ça de pas avoir de souvenir à
montrer. Mais bon, moi je sais bien que je les ai vus. Alors comme on quitte et
que ma caméra est éteinte et bien un des plus gros s’ouvre la bouche toute
grande !!!! C’est quelque chose. Nassi nous fait des colliers avec des
nénuphars magnifiques. Nous sommes presque sur le point de rentrer quand une
des jeunes fille qui m’accompagne se rend compte qu’il y a une sorte de grosse
mouche sur son épaule elle fait le saut mais c’est l’autre copine qui fait un
plus grand saut et qui manque de tomber à l’eau, alors on se met à rire de tout
ça et tout à coup un dès gars qui les accompagnait se lève debout dans la
pirogue alors ça se met à tanguer et là je lui dis de se rassoir avant qu’on
finisse tous à l’eau, mais on rigole encore. Je voulais montrer les quelques
photos d’hippos à mes amis qui m’attendent et là pouf plus de pile. Ce n’est
pas bien grave parce que là on est sur le chemin du retour.
C’est
difficile ici parce que dans ma case il n’y a qu’une seule prise électrique alors je fais le relais
constamment entre l’ordinateur à recharger, la batterie pour la caméra et le
cellulaire, et la lampe de chevet si je veux y voir
clair. La prochaine fois je dois emporter un câble à extension.
Dimanche le 6 mars : Cascades de Banfora, Les
dômes, les Pics de Sindou et les caïmans sacrés !
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Alors
je vais vous raconter notre première journée de congé.
Petit
déjeuner, rituel baguette, confiture thé. Nous attendons mes amis conseillers
volontaires Carmen, Denise et son mari qui lui n’est pas volontaire mais accompagne
sa femme dans son travail de coopérante. Ils
m’ont téléphoné pour me dire qu’ils avaient eu toute une aventure avec
leur voiture dont le moteur avait sauté. Selon les recommandations du
chauffeur, ils ont mis leurs valises sur le bord du chemin pour montrer qu’ils
avaient besoin d’un lift et non pas que quelqu’un vienne réparer leur voiture.
Un fonctionnaire les a embarqués, ils ont été chanceux. Donc, l’agence de qui
ils avaient loué, chauffeur et véhicule, leur a envoyé une autre voiture, oups
celle-ci l’air climatisée ne fonctionne pas, il retourne au bureau de l’agence,
enfin l’agence trouve un chauffeur et une autre voiture. Bon, le gars arrive de
Bamaco au Mali il est fatigué et cogne un peu des clous mais ils réussissent à
arriver à Bobo et visiter la ville. C’est de là qu’ils me confirment qu’ils
seront à Banfora avec nous dimanche matin 9 :30. Ils viennent nous trouver
à l’hôtel pour nous dire qu’ils vont faire leur check-in et s’en viennent tout
de suite nous trouver. Apparemment, ce qu’on leur avait loué était vraiment une
case en tôle, ils décident donc de changer pour aller au Canne à Sucre.
Reviennent nous trouver avec plus d’une heure de retard. Merde on va visiter
quand le soleil va être au maximum de sa force. Bon on est ensemble. Notre
chauffeur est allé chercher un jeune qui connait très bien la région il sera
notre petit guide mais si c’était juste pour accompagner son ami. Alors comme
mes amis n’ont plus leur guide chauffeur et que celui-ci ne connaît rien et
bien ils sont bien contents de nous suivre, c’est parfait comme eux ont l’air
climatisé ils peuvent encaisser toute la poussière qu’on va leur
envoyer !!!
Alors
départ, on fait un petit arrêt à la banque et à l’épicerie, bouteille d’eau,
biscuits, cajous grillés, bananes frites, des petites choses au cas où on ne
voudrait pas s’attarder pendant deux heures à table. Alors c’est parti,
direction les Cascades de Banfora. Le trajet est bien et le paysage en constant
changement, jardins d’échalotes, de choux, de piments se succèdent pour laisser
place à la canne à sucre, bananier et autres. Nous prenons des chemins soit
sous l’ombre de gigantesques arbres ou soit sous le soleil qui plombe déjà.
En cours de route notre guide Aruna (72-59-15-92) voit un Baobab et
nous dit qu’il peut en cueillir les fruits, je le prends au mot et nous
arrêtons donc les voitures au pied de ce géant. Bien oui, il grimpe. Lucky (
mon neveu de 14 ans) je pense à toi en cet instant quand tu le verras faire je
pense que tu vas te dire que tu aurais bien aimé ça le suivre. Il revient avec
le fruit que nous goûtons. De l’autre
côté du chemin il y a des rôniers alors j’en profite pour expliquer à mes amis qu’ils
en font une boisson etc… (Je vous ai déjà conté ça. Alors nous reprenons la
route et croisons à l’occasion ces citernes géantes qui arrosent les champs de
canne à sucre.
Nous
devons stationner les voitures et emprunter un sentier et monter jusqu’aux
chutes. Le
chemin est ardu et très escarpé par endroit. Mme Sonny a de la
difficulté à suivre alors on prend notre temps et j’avoue que ça fait mon
affaire aussi à cause de la température. Arrivés tout en haut, le spectacle est
magnifique et valait la peine de se dégourdir les jambes. La descente C’est
tout aussi ardue. Nous avons extrêmement chaud.
C’est
la première fois de ma vie
que l’eau me pisse au bout du nez ! Ça coule sur les jambes. Tout
en haut des chutes nous aurions pu traverser les chutes, mais Carmen et Denise ne
voulaient pas se déchausser et Mme Sonny venait de voir deux jeunes glisser
alors c’est pour ça que nous avons décidé de redescendre et de prendre la
voiture pour aller voir les Dômes.
N’ayez
crainte je ne suis pas toujours habillée comme ça, mais les chaussures de
marches s’imposaient et je mets souvent une écharpe autour de mes hanches pour
empêcher les pickpockets d’aller directement dans mes poches de pantalons.
Aussi les écharpes ça aide à vous couvrir les épaules au besoin et se laver le
visage quand un caïman vous arrose. Mes chapeaux sont toujours très pratiques.
La vue
des chutes est vraiment magnifique. Avis aux intéressés, il faut y aller tôt le
matin.
Les Dômes
se sont des XXXX (quand je fais ça je cherche mon mot, c’est le fun les blancs
de mémoire), ah ! Des formations rocheuses particulières, ont dirait des
mini canyons, je ne sais pas comment l’exprimer, la mer s’est retirée et a
façonné les roches, ça me rappelle un peu Mingan sauf qu’ici les pierres sont
stratifiées.
De là,
nous nous dirigeons au Pics de Sindou 45kms plus loin sur un chemin de terre
rouge en escalier, nous devons donc rouler à une bonne vitesse si nous ne
voulons pas sentir la planche à laver sous nos fesses.
Visite
des Pics ou nous apprendrons qu’anciennement cette partie était le royaume des
Sanafous.
Et
qu’ici vivent maintenant les Sedoufos.
Le
camion de mes amis a encore des problèmes alors quand nous rentrons nos
chauffeurs ne sont plus là, ils ont dû aller chercher une pièce, alors nous
attendons mais ils reviennent vite.
Nous
quittons pour rentrer, mon guide me dit que nous sommes sur la route pour aller
voir les caïmans sacrés, ceux dont
Marcel nous avaient parlés. Allons-y donc si c’est sur la route.
Alors on nous fait visiter et là
je me dis, ce n’est pas l’endroit dont Marcel m’a parlé, les caïmans étaient en
liberté ici ils sont dans un petit enclos en ciment de 6 x 6 avec un peu d’eau
dégueulasse et des poissons morts qui flottent à la surface. C’est quoi
ça ? Le monsieur de me répondre que ce que je dis est vrai c’est un autre
endroit et ceux là ils sont tellement énormes que le crocodile ne peut pas se
retourner pour te manger c’est pourquoi on peut s’assoir dessus. Alors on
regarde les siens et ils les faits se bouger car Michel pensait qu’ils étaient morts aussi.
Puisque je ne vois pas très bien d’où je suis alors je vais de l’autre côté
pour les voir et là y en a un qui bouge la queue tellement fort que je me prends
toute l’eau dégueulasse au visage, dans les yeux dans
la bouche DÉGUEULASSE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
ouach et reouach !!!! C’est pour ça que je traîne toujours une
écharpe. La vitesse à laquelle je me la suis mise au visage je ne vous dis pas.
La bouteille d’eau y est passée je vous l’assure !
J’en ai
ri après m’être lavée à grande eau, et vous dire comment la gang s’est moquée
de moi s’est peu dire, ils étaient pliés en quatre ! Le proprio me dit que
c’est une grande chance et tout le bazar et que si je veux, je peux venir
chercher le caïman, il me l’offre. C’est sûr que je vais revenir toi, ça
s’emporte bien dans une valise!!!!
Les
Burkinabés aiment bien rire, ils sont très faciles et bons enfants. Je pensais
que celui-là avait 13 ou 14 ans mais non 18, la même chose pour Mme Sonny je
pensais qu’elle avait peut-être mon âge vu qu’elle a une grande fille mais non
elle a 60 ans et pas une ride, elle dit qu’elle met de la Vaseline !!!
Voilà pour le truc ! On visite une petite boutique, pendant ce temps les
garçons se mettent à jouer du tam-tam dont je ne me rappelle pas le nom, c’est
viscéral aussitôt qu’ils en voient un c’est plus fort qu’eux.
Carmen
et moi on essaie le xylophone géant dont les caisses de résonnance sont faites
à partir de calebasse dont nous venons de voir l’arbre dans lequel ça pousse
c’est assez étrange, énorme melon d’eau dans un arbre ! On appelle ça un
balafon.
avant la nuit, pas question de conduire sur les routes de brousse
le soir.
Toute
la journée, je disais, il va pleuvoir, et tout le monde me disait ben non, il
ne pleut pas ici, ben non c’est juste des gouttes. Tu sais maman comment je
suis bonne pour dire la température et ben croyez le ou pas mais… notre voiture
ne pars plus ! Oh my GOD!
Quand
on rentre dans le village de Banfora, c’est la désolation, ça tombe plus fort
ici, toutes ces personnes qui vivent dans de petites cases… les commerces sont
vides. Toute cette foule qu’il y avait en ce dimanche de marché a abandonné
l’endroit, c’est triste, mais d’un autre côté je suis contente d’être là en
plein milieu de cet orage. J’ai toujours aimé me retrouver au milieu des
éléments. Je n’ai jamais peur de sortir pendant une tempête de neige ou un
orage, j’ai toujours aimé me confronter aux éléments sachant très bien que je
ne risquerais pas ma vie pour autant, il faut savoir calculer les risques. J’ai
confiance en notre chauffeur, jusqu’à maintenant il n’a jamais pris de risque,
il est aussi bon que moi, c’est peu dire ! J’ai un petit moment d’humilité
ici laissez-le moi !!!
Somme
toute, nous avons tous eu un grand plaisir aujourd’hui, chauffeur, guide, Mme
Sonny et moi étions aux anges quand nous sommes rentrés. J’ai demandé à mes
amis de se cotiser afin qu’on donne des sous à notre chauffeur et à notre
guide. Ce matin j’ai montré au plus jeune qu’il devait nous offrir la main, et
nous aider à monter et qu’un d’eux doit aller devant et l’autre derrière. Tu
dis quelque chose une fois ici et c’est enregistré et là ils prennent plaisir
et exagère la chose et c’est bien. J’aimerais bien que ça soit la même chose
avec nos ados ! J’ai rencontré une Française hier qui est ici avec sa
petite famille d’ados et elle a dit que ça leur a fait un grand bien de voir
comment les jeunes d’ici vivent et les conditions et le travail qu’il doivent
faire juste pour manger un repas par jour ! Je vous laisse là dessus, je
vais manger et chercher mon cellulaire.
SEMAINE 3
Lundi 7 mars :
meetings et direction Orodara
Alors
rencontre avec M. Kone qui a été super longue mais fructueuse. On est ici dans
le village d’Adama, alors pendant qu’on fait de la business lui va faire un
tour dans sa famille, c’est jour de noces à la maison, avoir su on se serait
organisé autrement pour lui laisser plus de temps, mais bon, dans son village,
des femmes font du savon au beurre de karité et aux beurre de cajous alors on
passe en prendre, c’est une association de veuves. Elle me montre aussi le moringa ou quelque chose du genre et
Mme Sonny m’en avait déjà parlé, elle prend ce produit naturel pour faire
baisser la pression artérielle et ça semble
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Figure 9 Mme Sonny & M. Kone
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Ici
quand je rencontre des Mossis, ils nous serrent la main et en même temps font
comme une petite révérence et à l’occasion on cogne le front 4 fois de gauche à
droite. D’autres, serrent la main et claque le bout des doigts en même temps.
Ici on
a planté de l’anacardier, pas pour le fruit mais pour le bois afin d’alimenter
l’usine de canne à sucre, quel gaspillage.
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Figure 10 Moringa
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Il y a
un endroit, une terrasse ou flânent des balafons et des tambours en attendant
la prochaine fête, j’imagine.
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Figure 11Boucherie à ciel ouvert
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Je
remarque que les gens ont les pieds super larges ici.
Ensuite
nous irons visiter les transformatrices de manioc. Je reconnais l’odeur à
l’arrivée qui s’estompe une fois entrée. C’est une pas mal plus grosse
opération que celle que j’ai vue à Banfora. Ici il y a après d’une vingtaine de
femmes qui s’affairent à la coupe, au pressage, au tamisage et à la cuisson et
l’emballage. C’est un travail dur. Elles sont assises par terre avec les bébés
à côtés d’elles dans une bassine ou sur les cuisses endormis ballotés par le
mouvement répétitifs du couteau sur le manioc. Elles ont environ 6 fours et
c’est chaud en tsitsi à côté de ça, c’est là qu’elles font cuire l’attikeh,
ensuite emballage etc… La présidente me donne des échantillons de gari fin, de
gari gros, et de tapioca et deux sacs d’attikeh. C’est pour dire, ils n’ont
rien et je repars les bras pleins de choses à emporter et des gros sourires
dans mon cœur. Je ne sais pas comment je vais cuisiner tout ça alors je les
donne à Mme Sonny et ça prend de la place dans les valises aussi.
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Figure 12 Anacarde dont le pédoncule
devient la noix de cajou
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Demain
je vous écrirai sur la super extraordinaire magnifique journée des femmes que
j’ai passé ici d’ici ma prochaine missive, je vous embrasse tous et soyez
assurés que je ne m’ennuie pas de vous ni de la neige. Mon ordinateur chauffe
pas mal je vais lui donner un brake. Bisou
J’essaie
d’apprendre le vocabulaire de politesse mais ces si différents d’un dialecte à
l’autre, enfin je m’aventure, initchié ça veut dire merci pour une
personne et anatchié pour plusieurs
en Samou et inisohoma ; bonjour
en samou et aussi en djioula.
Nous
allons visiter.
Mardi le 8 mars : Journée de la femme à
Banflagaye
Ici on a fait un regroupement de 12
villages de la commune et on fait une rotation des villages. C’est chacun son
tour pour recevoir la visite lors de la journée de la femme. Chemin faisant,
nous traversons le petit village de Bandougou et les gens sont tous attroupés
d’un côté et de l’autre de la rue, il y a fête et tout a coup j’entends quelqu’un
crier Danielle. Impossible ! Katidja, la dame musulmane que j’ai rencontrée
hier et qui faisait les anacardes grillées, m’a reconnue dans la camionnette.
Nous nous arrêtons donc, elle me salue chaudement et nous décidons de rester
ici quelques temps pour y voir ce qui s’y passe. Une course à vélo pour les
femmes 6 kilomètres. Et c’est un départ. Elles s’élancent au volant de leurs
bolides, habituées qu’elles sont à pédaler en tout temps ici, elles se dirigent
vers l’école du village et
reviennent en gagnantes,
toutes.
On y joue de la
musique, les officiels sont assis et nous demandons la permission au chef de
photographier,
ce qu’il accepte
gentiment. Les enfants me regardent éberlués. Les femmes en grand nombre,
portent le pagne de la journée de la femme. Au Canada nous avons des T-shirts
pour afficher nos slogans, nos compagnies etc… ici ce sont les femmes de par
leurs pagnes qui affichent ces publicités. C’est nuageux et il fait frais. La
course des hommes se préparent et décidons de partir avant qu’elle ne commence.
Je salue Katidja et lui demande de ne pas laisser tomber son projet de savon à
la mangue.
Alors nous sommes donc en direction
du village de la mère de Madame Sonny. Sa mère n’y habite plus mais elle a
encore de la parenté ici. Alors on va visiter sa tante de 88 ans qui
malheureusement a eu un accident de la hanche et en plus elle est aveugle à
cause des cataractes. Alors elle est assise là, par terre sur une natte, toute
frêle dans un pagne. Elle a les traits très fins, elle devait être très belle
jeune. Les belles-sœurs de Mme Sonny sont là elles aussi. On apprend que cette
année la fête à lieu à Banflagaye. On passe
Toussiamasso. Il y a des gens sur le bord de la route dont des femmes
qui transportent de l’eau sur leur tête sans en verser une goutte, et j’ai envie de leur dire que la fête n’est
pas loin, mais la fête n’est pas pour toutes encore.
Nous passons des ponts dont le lit
des rivières est sec.
Adama est tranquille et je lui
demande ce qu’il a fait hier soir. Il me dit : « j’ai mangé un riz gras et il m’a abattu et suis allé me coucher. »
Quand je pense que je vais rentrer
et qu’il va y avoir encore de la neige et tous ces problèmes à faire
face !!!! Je me dis que je veux rester.
Direction SIDI et Banfoulagoue.
Je vois des chiffres écris très
gros sur les cases et on m’apprend que c’est pour dire que les habitants ont
été vaccinés contre la poliomyélite.
Chemin faisant je m’informe
toujours des différents arbres fruitiers sur notre chemin, cette fois nous
croisons un arbre dont les fruits ressemblent étrangement à des oranges mais
s’en ne sont pas. Que ce sont des congobaranis,
dont la chaire à l’intérieur est brunâtre et très bonne avec à l’intérieur des
noyaux, ça me rappelle un fruit dont Luciana ma belle-sœur brésilienne est
friande.
Nous y sommes, Oh mon Dieu, il y a
tant de gens, on y a organisé une arène et tout autour, tout le monde y est
attroupé. Nous garons la camionnette, je suis Mme Sonny qui nous amène droit
devant les dignitaires que nous saluons et nous nous assoyons parmi eux. J’aurais
vraiment préféré me promener dans l’audience et prendre de jolies photos, mais
comme je suis la seule blanche on me désigne un siège à côté d’un colonel et sa
femme qui sont assis à la gauche du maire. La belle affaire. Nous sommes en
retard mais la fête aussi alors on est arrivés juste au bon moment. Que la fête
commence !
Il y a un défilé des
femmes de chacun des villages, elles paradent dans leurs plus beaux atours, la
démarche est fière et parfois on essaie même de faire rire. Certaines, comme
les femmes du peuple Peuls qu’on appelle Poulottes portent des habits
traditionnels extrêmement colorés, c’est magnifique, elles portent aussi sur la
tête tous leurs outils de travail. Il y a des
démonstrations de
danse entre les présentations protocolaires. Je me demandais si tout ce
protocole avait un rapport avec les chefs des tribus ou la colonisation, il
semble que ce soit plutôt le deuxième d’après ma conversation avec Mme Sonny.
Il y a des divertissements. Il y a un groupe d’hommes qui se met à danser et
tout à coup y en a un qui vient vers moi et il se met à se trémousser comme
s’il était possédé par amour pour moi ou le démon (je ne saurai jamais) et se
touche partout, partout … et tout à coup il feint et tombe raide mort devant
moi et on vient le secourir. Tout le monde rit.
Il y a vraiment beaucoup de
monde. 1000, 2000 ?
En 2010 c’était à Sidi, 2011
Banflagaye reçoit ses invités et j’avoue que c’est réussi. C’est la journée de
la réflexion sur la vie de la femme et d’enfanter dans de bonnes conditions.
« Donner la vie sans être en péril » à Ouagadougou hier je voyais des
affiches qui elles disaient donner accès aux femmes dans les sciences !
Tout à coup il y a eu une grosse
bourrasque de vent, le sable a levé et piqué les yeux. Nous sommes vraiment
bien, les feuilles de rôniers sont utilisées pour nous faire un abri du soleil.
Bienvenu c’est DANSÉ !!! Facile non ?
Je suis la seule blanche à des
kilomètres et aussi une curiosité pour les gens alors j’essaie de ne pas trop
prendre de place pour ne pas enlever le spectacle. Déjà que quand j’étais
assise parmi les dignitaires ont venait me serrer la pince et me souhaiter
bonne fête, tous me dévisageaient autant les enfants, les femmes que les
hommes.
Aujourd’hui, j’ai réussi à mettre ma jupe pour la journée de la femme, mais honnêtement je ne suis plus sûre que ce soit le bon vêtement parce que quand il fait chaud, les cuisses viennent vite trempées et elles frottent l’une contre l’autre et je me dis que c’est une chance que je n’ai pas loin à faire sinon je crois qu’elles seraient irritées. Il y a tant de couleurs et de choses à voir, je voudrais toutes les prendre dans mon appareil, mais bon Mme Sonny dirait que j’en ai pris pas mal. Il y avait pas mal de poussière, la danse, le monde, au point ou j’avais de la misère à parler et j’ai demandé à Adama si c’était la même chose pour lui, Affirmatif ! C’est dur et me dis que c’est pour ça que les gars sont en train de fêter et boire de la bière de mil. Je les laisse à contre cœur. Je sais qu’ils vont fêter jusqu’à tard dans la nuit. Nous les quittons avec regret.
La fête c’est la danse, c’est aussi
rencontrer sa famille, les voisins et peut-être un futur mari, mais c’est aussi
prendre un verre entre ami avec de la bière de mil.
La fête, c’est aussi la bouffe que l’on sert en de rares occass, j’ai essayé les beignets à la poudre bleue (farine de Néré), des beignets aux pois de terres, des beignets aux pois sucrés. Il y avait aussi de l’attikeh, des poissons frits toutes sorte de bonnes choses. J’ai apprécié le travail des femmes qui assises aux côtés de leur feux brassaient la pâte d’un rythme que je ne connaissais pas. J’’aurais voulu rester là encore et apprendre d’elles.
Malgré que j’aie été pendant une partie de la matinée sous l’abri,
j’ai pris un peu de couleur, je me suis crémée et me demande si ce n’est pas
pour ça que j’ai aussi chaud. La
clim n’est pas
forte et la chambre est humide, je demande à ce qu’on vienne voir et le gars
l’a ajusté de l’extérieur. Mes amies m’ont conseillé un autre hôtel, dont le
nom m’échappe, non pas que je n’ai pas été bien servie au contraire, mais les
tams tams et j’aie bien aussi essayé des
endroits nouveaux.
Je me demande si Carmen, Denise et
Michel ont fait un bon voyage de retour à Ouaga.
Le maquis Le Bel Air, à Bobo Dioulasso, je vais me rappeler de ce nom là pour
longtemps. C’est tout près d’où habite Mme Sonny ici à Bobo et elle ne
connaissait même pas l’endroit. À chaque
bouchée on s’exclamait, ha que c’est bon,
que c’est délicieux, que c’est doux, que la sauce est bonne ! Ça
faisait longtemps que je ne m’étais pas tant régalé ! Premièrement, quand le garçon est venu
prendre la commande il nous a dit qu’il n’y avait pas d’accompagnement
seulement de la salade et là Mme Sonny se demandait si c’était pour être
suffisant, (comme elle ne prend qu’un repas par jour je sympathise) mais comme
Adama nous avait déjà quitté pour aller manger lui aussi, on a dû se rabattre
sur l’idée qu’on irait finir ça ailleurs
ci ce n’était pas. Il n’y avait pas de garnitures parce que c’était la journée
de la femme et comme elles ont chômé aujourd’hui, ben pas de riz gras ou d’alloco, (banane plantain), Deuxièmement, les assiettes n’arrivaient
toujours pas Mme Sonny est même allée au feu pour voir si on cuisait notre
repas, dans le noir. On nous dit dans encore trois minutes, mais en fait
c’était 15, notre assiette arrive. Troisièmement,
il n’y a qu’un lampadaire pour éclairer la rue, il fait donc noir comme chez le
loup. Quatrièmement il faut manger avec nos doigts, alors on emmène le savon à
vaisselle et la bouilloire à la table pour qu’on se lave bien les mains.
Cinquièmement, il arrive avec une seule assiette allongée qu’il pose sur la
table ente nous deux et lève le couvercle WOW deux énormes morceaux de poisson
nappés d’une délicieuse sauce légèrement citronnée avec une petite salade. La
première bouchée je suis montée au ciel, et en même temps on a dit : Dieu
que c’est bon !!!!!! Le petit côté braisé et la sauce et la délicatesse de
la chair un vrai péché ! Divin ! Je pense bien que je devrais
kidnapper le chef et le ramener avec moi
à Montréal et moi de me mettre à importer ce poisson digne des dieux. Rien de
moins !
Mercredi le 9 mars : Manifestations
étudiantes !
|
Figure 13 Mme Sonny
|
J’attends mes compagnons de voyage
devant l’entrée de l’hôtel, la vie s’active. On sent qu’hier ça été la fête et
que ce matin la levée du corps est difficile pour plusieurs d’enter eux.
Pousseurs de citernes d’eau sur roulettes, jeunes femmes à la démarche lascive,
vendeurs de colliers qui sollicitent, des gens gentils, qui partout qui vous
disent bonjour comment ça va ? Et la famille ? Bon voyage de retour !
bien dormi ? La famille ça va ? Et la mère et le père ça va ? Alouette…
les formules pour se dire bonjour ici sont longues et importantes, ça fait
partie d’une sorte de rituel de politesses réciproques, ça me semble encore
plus long quand c’est en dioula.
Les mobylettes, les vélos, les
autos de tout genre, se rendent au
boulot, on les lave, on les bichonne et répare comme on peut.
On vient d’arrêter acheter du
charbon pour un ami d’Adama et il a payé 2500 le sac son ami lui en avait donné
3000 alors il négocie bien cet Adama, quelques instants auparavant il s’est
gâté, il a acheté une chaise en bois pliante pour 2400 !! Il était très
content ! On vient de croiser un camion semi remorque complètement couché
sur le côté et la cargaison toute sortie par le toit. BRRR….
Bon, sur la route y a une affiche
qui dit qu’ici 165 personnes sont décédées en 2008, deux autobus, chargés à
mort, on fait une face à face !
En chemin on croise une école où
les élèves sont en uniformes et portent des couleurs lilas c’est très joli.
On roule toujours dans notre
camionnette. Adama est au volant Mme Sonny à sa droite et je suis assise
derrière en train d’écrire un rapport d’activité. Je suis concentrée mais je ne
veux pas manquer l’affiche qui indique le festival des masques de Pouni. Je
garde un œil sur la route. Un peu plus
loin je vois une pancarte qui annonce le festival des masques de Pouni que je
prends en photo pour avoir les renseignements.
À quelques cent mètres de là on
voit une foule dans la rue et un camion remorque canté sur le côté et là on
comprend que ce sont les étudiants qui débrayent 500, 600, 700 des ados 16 à
18 ans certains? Je ne saurais trop dire je ne suis pas une spécialiste en
évaluation de foule mais y en a une méchante gang ! autant de gars que de
filles, et j’ai encore ma caméra entre les mains et un étudiant remarque ça et me
crie qu’ils ne sont pas des acteurs et je lui montre que je l’ai serré et là on
nous dit de canté notre camionnette sur le bord du fossé et là on s’agglutine autour de nous,
on nous observe, jusque-là ça va. J’avais mis une écharpe dans la fenêtre pour
me protéger du soleil pendant que j’écrivais sur l’ordi.
Il y a vraiment trop de monde, je
me demande bien si ça va mal tourner, tout ce monde autour de la camionnette.
Notre camionnette a une boîte de camion ouverte. Mes valises, les sacs de
provisions d’Adama et de Mme Sonny sont aussi dans la boîte de camion. Ils ont
le nez collé aux vitres. À un moment donné quelqu’un se met à voler dans nos
sacs de provisions, des mangues et ça semble vouloir dégénérer, je fais voir
que je vais sortir et pendant ce temps Adama sort de la camionnette et interpelle les gens.
On m’a dit qu’une femme blanche au Burkina avait autant de pouvoir que le
Président. Alors forte de cette information je suis sortie du camion en montant
sur le plancher de la camionnette et donc je surplombe le toit de la camionnette
et je leur dis être d’accord avec leur manifestation mais qu’ils ne devraient
pas s’en prendre à moi et voler nos effets personnels. Un jeune homme me
demande : qui a fait ça ? Je ne sais pas et ne veut pas le savoir je
veux juste qu’on me rendre nos choses. Il a retrouvé le sac de mangues volées
et les restitues et il fait comprendre aux autres à coup de bâton qu’il ne faut
pas faire ça et nous dit de nous en aller, nous acceptons l’invitation avec
empressement.
Vous comprendrez que je n'ai pas de photos de l'événement.
J’avoue que ça passé pas mal
proche. OUF ! Mon chauffeur me gronde d’être sortie de la camionnette. Je comprends, mais
il fallait bien faire quelque chose avant qu’ils ne s’en prennent à mes
valises, mon ordi etc… Sauf qu’on n’est
pas au bout de nos peines. Plus loin, dans un autre village entre Tita et
Koupela, la même chose, je cache mon ordi sous la banquette. On encercle encore
notre véhicule et là on se met à taper dessus et on casse le miroir et un bord
de la fenêtre ou est assise Mme Sonny, et là elle se met à engueuler les
enfants comme du poisson pourri et ça leur a fait peur et nous avons donc pu
quitter en leur disant que nous avions écris le nom du village et que nous
reviendrons et que nous les dénoncerons au Chef du village. Ce groupe-ci, moins
nombreux, peut-être 100, 200 et plus jeune entre 10 et 15 ans avec des bâtons
de bois ! OK là, ça suffit, j’envoie un texto à Carmen pour lui donner ma
position, donc s’il nous arrive quelque chose elle pourra toujours savoir dans
quel coin je suis.
Eudoxie, l’adjointe du responsable
de l’ONG au pays m’appelle pour savoir ce qui s’est passé, (Carmen a dû l’appeler
pour l’en aviser) je lui explique, mais elle ne semble pas me croire et demande
à parler à Mme Sonny qui en remet plus que ce que j’ai dit alors… tiens
toi. Tout ça en
protestation avec cet ado qui est mort. Je les comprends, mais ce n’est pas en
prenant la population en otage qu’on va arriver à quelque chose. Sauf que là je
dois retourner dans la région dès mardi
et je me pose la question à savoir si oui ou non je vais revenir. Pour s’en
venir on ne savait pas, mais là je sais alors !!! Je suis donc avisée et
ne compte pas me jeter dans la gueule du loup. Demain, rencontre avec le
président de l’association et conversation pour assurer ma sécurité sinon on
verra qu’est-ce qu’on fait.
Jeudi 10 mars : juste une tite journée !
Je demande au président à ce que ce
soit le même chauffeur qui nous ramène à Bobo. Avec les événements qu’on a
connus j’ai confiance en lui et il conduit très bien et est prudent et
prévenant. Après le meeting avec le président de l’Association on me reconduit
à l’hôtel.
Je profite de l’instant pour
rappeler l’ambassade pour leur demander pourquoi je n’ai pas eu de retour
d’appel, comme j’avais laissé le message sur le répondeur et qu’il y a des
problèmes avec le système téléphonique et bien alors je demande à parler au
directeur de la Sécurité, M. Bernard. Je lui raconte donc ce qui s’est passé à
Tita il semble vraiment étonné et me remercie de l’avoir informé. Parce que
c’est la route principale entre Bobo et Ouaga. Je lui dis que je dois retourner
là mardi et retourner jeudi et il me dit que dans d’autres conditions il me
ferait escorter par la police mais là les étudiant en ont contre la police alors
ce n’est pas une bonne idée, il me dit d’être prudente. Alors je lui dis que je
vais procéder de la même façon et envoyer des SMS et donner ma position à
Carmen. Alors s’il y a quelque chose au moins ont aura une idée où je suis. Il
me dit d’être prudente parce que vendredi il doit y avoir aussi une manif des
étudiants dans Ouaga, alors ne pas s’approcher des sites de manifestations. Je
suis bien d’accord. J’avise ma gang.
Je dois m’occuper de mes finances,
je ne sais plus trop où j’en suis. Je n’ai pas trop bien dormi, ils ont changé
le matelas et il est très dur, je suis sortie de là courbaturée.
Je vais me baigner et ensuite je
lunche avec Réal avec qui je discute de coopérative puisqu’il connait bien le
sujet et que ça concerne mon client. (Pire bouffe de tout mon voyage, incapable
de mâcher l’agneau). Alors il me remet des documents pour m’aider. Je rentre à
ma chambre vers 16 heures lis les textes de loi 10 et 14, me lave la tête
et va dîner encore avec Michel, Réal, et Denise, cette fois je suggère à
l’hôtel l’Indépendance, chic, je mange encore du capitaine, mais celui-ci
n’arrive même pas à la cheville de celui du maquis Le Bel-Air de Bobo. C’était
quand même très bon et en entrée un tartare d’avocat, aussi très bon. Denise me
dit que Carmen aimerait aller voir une pièce de théâtre du centre culturel
vendredi soir, je suis bien d’accord avec l’idée. Dodo 9 :30
Vendredi 11 mars : rédaction
Je me réveille souvent le lit est
dur. 2, 4, 6 :30 enfin je peux aller prendre mon petit déjeuner. Ce matin,
fruits frais avec yaourt, une génoise, un thé.
Je dois rencontrer XXX ce matin
vers 11 heures, Mme Sonny va venir me chercher. Ensuite je dois m’enfermer pour
réussir à pondre un rapport.
Samedi 12 mars : visite de M. Compaore et sa
maison Laprise
Je vais rencontrer M. Campaore, à
qui j’ai vendu une maison Laprise. Il va envoyer son chauffeur venir me
chercher.
Il devait venir me chercher à
9 :00 mais m’a téléphoné pour me dire qu’il serait plutôt là vers 10 ou 11
heures et finalement il est arrivé à 9 :50.
WOW il arrive devinez dans quoi un
HUMMER !!!!!!!!!!!!!! Faut le faire ici ou tout est si pauvre, c’est
exagéré mais j’avoue que c’était confortable en tsitsi et pour quelqu’un qui
doit aller sur des chantiers c’est pas mal. Alors la maison est époustouflante
pour le Burkina Faso, j’ai de très bonnes photos, j’étais assez contente de moi
d’avoir réussi ça. Une maison canadienne en Afrique ! Il me fait visiter
et je suis comme dans une maison au Québec, la climatisation, salle de cinéma, tout,
c’est vraiment très bien. Il me dit préférer recevoir les présidents et
ministres dans sa maison plutôt que d’aller dans un hôtel de luxe. Il a tout
fait venir du Québec, la maison, les employés de construction et tout le
mobilier.
De retour à l’hôtel, je travaille
un bon deux trois heures ensuite piscine. Je travaille très fort avec mon
client et tous les membres mais je m’amuse aussi ici. Je suis la sirène de la
piscine, y a pas trop de blancs qui se baignent et la vingtaine d’ados je
dirais entre 15 et 19 ans me regardent faire mes prouesses de ballet aquatique
y en a même un qui m’invitent à faire une course avec lui, évidemment je l’ai
planté comme un chou et je lui dis : et j’ai trois fois ton âge !!!
Alors je m‘amuse un bon deux heures avec la gang et avec deux belles petites
filles. Elles étaient fatiguées et voulaient se coucher sur ma chaise. Me
touche la jambe, me touche le bras et pi ben on devient des amies. La plus
jeune, 3 ans voulait se baigner avec moi alors je lui ai dit de demander la permission
à son papa qui était là juste à côté, elle courre, revient avec sa permission
alors je la prends la fait glisser sur l’eau et l’autre Aida n’était pas pour
être en reste alors elle aussi 5 ans me fait des signes qu’elle veut sauter
dans mes bras, dès lors l’atmosphère autour de la piscine change, je fais
partie de la gang. Les ados viennent me parler tour à tour, mais je dois
quitter je dois bien travailler encore un peu avant d’aller souper.
Je remonte donc à ma chambre
travailler un autre deux heures.
Aussitôt que la jeune fille mets le
panier à pain sur la table une colonie de coquerelles sortent de là en
grouillant de tous les bords et de tous les côtés OUACH !!! Ce qui m’a
étonné c’est qu’il n’y a pas un conseiller qui a bronché, on dirait qu’on est
tous faits de la même couenne ! pas qu’on aime les coquerelles mais ça en
prend plus que ça pour nous énerver. Au Québec la totalité du groupe aurait
quitté le restaurant, ici rien ne nous étonne ! On demande à la jeune fille de reprendre son panier et de
nous en ramener un autre. Les discussions sur les voyages de tous et chacun
fusent de tous bords. Toute ma vie on m’a dit que j’exagérais dans mes
histoires enfin j’ai un groupe dans lequel je fitte et mes histoires ne sont
pas plus rocambolesques que les autres. Je me sens en famille. Je fitte dans la
gang !
Réal me commande un dessert parce
qu’il y a droit dans sa table d’hôte, un flan, d’accord, Michel a avalé le truc
en une seule bouché, Denise est presque rendu à la moitié quand j’ approche la
cuillère à mon nez, je me dis ça ne va pas et effleure seulement avec mes
lèvres et crache le tout dans mon assiette c’était dégueulassement suri,
REOUACH ! Bon finalement y avait que le gigot qui valait la peine, les
aubergines pas terribles et l’attikeh non plus. On ne reviendra pas là c’est
certain et la chaleur étouffante !
Dimanche 13 mars
: cathédrale, village artisanal
Je magasine les prix parce que
cette semaine je retourne à Bobo et là c’est la place pour les bronzes. Je veux
donc connaître les prix pour pouvoir marchander un beau souvenir. De mes amis
Peuls ici j’ai acheté une belle boîte en cuir repoussé de couleur turquoise
pour maman. J’ai acheté un cadeau à Josey pour quand elle va graduer infirmière
bachelière à 49 ans !!!, j’en dis pas plus, il faut attendre une autre
année avant de savoir HAHAHA. Bon là je rush, je dois quitter il va être
6 :00 dans quelques minutes et je dois ranger mon ordi dans la valise. On
s’en va souper au Coq Bleu je crois, Bisou et c’est climatisé OUF parce que ça
fait deux soirs de canicule !!! Il a fait 43 cet après-midi et il est
7 :00 et on sent encore la chaleur.
SEMAINE
4
Lundi 14 mars : rédaction
Une nouvelle semaine devant
moi ! Aujourd’hui je travaille de l’hôtel toute la journée à préparer des
documents pour la présentation de mercredi, je dois aussi téléphoner le
président de l’APIPAC pour savoir si je peux rencontrer un avocat en droit
coopératif. J’aimerais ça en fin de journée peut-être aller au Grand Marché
mais mes collègues détestent aller dans les marchés parce qu’on y est très
sollicité. Alors je vais voir.
Vendredi matin il y a le changement
de garde au gouvernement et apparemment ça vaut la peine alors je vais sûrement
y aller avec Carmen elle est pas mal belette celle-là, comme moi et calme, mais
elle déteste la chaleur, elle courre le moindre petit coin d’ombre ! 7H41
je vais aller travailler Bonne journée à tous ! Quand j’ai quitté ma
chambre j’ai laissé ma clé à la femme de chambre et là je dois monter
rapidement, voyez ce que je veux dire… ça cogne à la porte, alors je me
dépêche, évidemment elle n’est pas là. Je demande au concierge, qui par hasard
est dans les alentours, où est passé la femme de ménage, alors il descend et
fait remonter quelqu’un avec la clé et bien c’est la réceptionniste devant
laquelle je me suis attardée pour demander ma clé au cas ou, mais non elle ne
l’avait pas et bien tant pis pour toi il a fallu que tu montes parce que t’es
stupide ! Bon je me suis défoulée, dès fois, ça arrive.
J’ai travaillé comme une damnée de
8:15 à 12 : 30 sans broncher. Je suis allée faire des photocopies et j’ai travaillé
jusqu’à 15 heures, envoyé mes documents à M. Sampebre et lunché avec des
sardines et des biscuits soda. Ensuite fait mes valises, fais mon check-out.
Cette fois-ci ça pris exactement 45 minutes pas mal non, Je pense qu’ils ont dû
passer ma carte au moins 15 fois pour se rendre compte qu’il n’y avait pas de papier dans la machine yo !!!!!, y’a
quelqu’un là-dedans ??? Je n’ai pas accès à Internet pour voir ce qui
s’est passé dans mon compte je devrai veiller à ça à mon retour. Il est 4
heures, je vais porter mes valises dans la chambre de Réal pour les quelques
jours que je vais être partie. Je ne veux pas laisser ça à la réception devant
les yeux de tout le monde, d’autant plus que la serrure d’une de mes samsonites
a été brisée au cours du vol et de plus, je n’ai pas l’intention d’attirer
l’attention d’autres manifestants estudiantins qui auraient encore le goût de
nous voler dans la boîte de la camionnette. Alors je pars léger et celle-là
elle va entrer sur le siège avec moi.
J’ai super mal à la gorge. Hier ont
est allé dans un restaurant ou c’était assez moyen et ou l’air climatisée m’a
tombée dessus. Carmen a besoin d’un camion réfrigéré en tout temps alors c’est un
peu dur pour les autres. Michel s’est retrouvé avec un foulard au cou toute la
journée parce qu’il fait de l’arthrose dans le cou suite à un accident de
jeunesse et là il a souffert le martyr hier apparemment selon sa femme Denise
qui l’a empêché de prendre trop de comprimés. J’espère juste que ça ne va pas
dégénérer en rhume etc. Je commence à sentir ça monter dans mes oreilles.
Demain sur l’aller à Bobo ou il va faire super sec comment va être ma gorge. Il
faut être en forme en tout temps ici parce que les éléments de la nature nous
sollicitent beaucoup.
Demain matin départ 7 :30
alors je vais aller me coucher, me rincer la bouche avec du sel, sucer une
pastille pour la gorge, boire et boire et boire beaucoup d’eau.
Bonne Nuit
Mardi 15 mars : départ pour Bobo
M. Sampebre m’a téléphoné hier soir
9 :30 pour me dire qu’il avait trouvé un notaire et il m’a transmis ses
coordonnées et m’a dit que nous devions quand même passer au bureau pour Mme
Sonny, j’imagine que c’est pour son per diem. J’espère juste qu’on ne sera pas
des heures à trainer là.
Je veux juste payer ma note, je me
prépare à l’avance, je vais lui donner un bon 30 minutes pour me trouver le
change de 10000 F on va voir combien de temps ça va prendre. C’est vraiment
problématique ce « couraillage » de change, c’est rendu que les
petites coupures valent plus que les grosses
tant elles sont
rares. Bien, c’est ce que je pensais il me revient en me disant qu’il va me
faire un bon et que je n’aurai qu’à me présenter à la réception à la fin de la
journée que d’ici là ils vont peut-être avoir de la monnaie. NON ! Tu vas
me facturer ça quand je vais revenir jeudi, c’est plus simple. Voyez ce que je
veux dire. J’ai fais le saut hier quand j’ai vu ma facture de nettoyage, la
dernière fois il devait y avoir erreur et là $40.00 alors j’ai parlé à ma femme
de ménage et je lui ai fait comprendre qu’elle devait faire mon lavage et que
je paierais pour le repassage seulement, moyennant un petit extra bien entendu.
Je m’occupe bien d’elle.
J’ai bien hâte de retrouver Mme
Sonny et Adama pour notre voyage. Je vais tenter de rencontrer le notaire pour
le lunch et ensuite j’aurai du temps libre pour aller me promener un peu chez
les Bronziers parce que j’ai bien peur que demain, ça va être une grosse
journée, le meeting doit être de
9 :00 à 12 :00 mais je suis sûre que ça va déborder, à moins que mon
groupe soit prêt à être bien dynamique et que ça roule.
Je ne sais pas si je vais être en
mesure de remplir la totalité de ce mandat, ce n’est pas à moi à incorporer la
nouvelle coop et ça c’est s’ils acceptent mon choix, et les budgets, je n’ai
aucune idée de combien coûte un loyer, le téléphone etc… je vais demander à
Eugène Sampebre s’il peut me donner un exemple de budget pour ici.
Les nouvelles de la troisième
centrale nucléaire qui a explosée dans la nuit me dérangent. Ce tremblement de
terre, suivi d’un très fort tsunami a secoué le Japon. Ce matin aux nouvelles
j’écoutais un québécois sur la chaîne française. Il est employé d’une compagnie
de Tokyo qui ont décidé de donner congé à tous leurs employés pour une semaine
parce qu’ils ne sont pas capable de se faire approvisionner et vendre etc… et
les radiations qui soufflent maintenant sur Tokyo, alarmant au point ou ça
supplanté le conflit armé du gouvernement Libyen contre son peuple.
6 :45, je vais aller à ma
chambre faire usage de mon papier de toilette et ensuite dans le lobby vous
envoyer un petit coucou en attendant mes comparses.
|
Figure 14 Kapokier en fleur
|
Je retrouve mes baobabs, mes
manguiers, mes nérés, mes kapokiers, compagnons
de voyage. Je suis sereine. Pendant que Mme Sonny est au téléphone, Adama a
engloutit un Nescafé, un sac d’eau et maintenant il mâche une gomme et là il
est prêt. Il prend le volant d’une main sûre remonte le coussin sous ses fesses
et je me dis, c’est le départ. Il attaque la route, dépasse avec prudence un
camion super chargé de cageots de tomates bien rouges. Nous croisons les
charrettes tirées par les ânes qui se dirigent au travail. Nous passons Tanguin
Dassei. Je vois une mini vanne chargée avec à son bord sur la toiture, 6
mobylettes et 6 hommes dessus. Plus tard je verrai 2 moutons sur le toit d’un
camion citerne filant à toute allure, je crie à Adama, mais c’est dont fou
ça ! Il ne va rien arriver aux moutons qu’il me dit. Ici, je me fais
surprendre par tant de choses et il rit de voir mon étonnement qui pour lui
fait parti de son quotidien. Les petites biquettes sont toujours à pied d’œuvre
pour trouver quelques broutilles à se mettre sous la dent. La goudronnée est
bordée par de la terre rouge et champs de sable blanc. Les manguiers sont
chargés à bloc et croule sous le poids de leurs fruits. Les champs d’échalotes
verdissent le paysage à l’occasion.
J’essaie d’apprendre quelques mots
de moré ; BARCA qui veut dire
non merci, j’aurais pu dire ça des centaines de fois l’autre après-midi au
marché mais soyez assurés que je vais m’en rappeler pour ma prochaine visite.
Il y a toujours des tonnes de camions sur le bord du chemin en train
d’effectuer des réparations sous leur véhicule et pour se protéger et avertir
de la situation ils coupent des branchent qu’ils disposent dans le milieu de la
chaussée pour vous avertir d’être prudents. Je m’étonne qu’ici il n’y a pas
beaucoup de mouches, ni maringouins et que nous croisons en de très très rares
occasions une odeur nauséabonde.
À chaque fois que nous croisons une
étendue d’eau qui ressemble à un petit lac, on y voit une activité de façonnage
de briques. Les champs d’ibiscus que l’on cultive pour le bissap ressemblent à la culture du soya. Les nids de vautours nous
rappellent que la mort est toujours proche. Tout à coup Adama se met à crier à
Mme Sonny quelque chose il vient de voir ce que j’ai vu, mais je ne comprends
pas ils parlent en je ne sais plus trop quelle langue il en parle 4 en plus du
français. Quoi ? Quoi ? Eh bien la jeune mariée a décidé qu’elle ne
voulait plus de son époux et elle essayait de s’enfuir. Il l’a rattrapé, c’est
ce que j’ai vu, il a mis ses bras autour d’elle. C’est ce qui arrive à l’occasion
quand les mariages sont arrangés, est-ce qu’on ne peut pas rebrousser chemin et
la prendre avec nous ? Mais nous filons.
Le moré est parlé à Ouhigouya,
Diaco, Koupela, Zorgo, Imasco, et Nobéri. Les Bouamas parlent le bouamou. Les Peuls
parlent le foulfouldé, les Touaregs le Djerma et le OussaDafi …Samo ;
On entre dans Bobo et j’entends la
musique de Céline Dion !!! Adama tu connais? Oui il est allé voir le film
Titanic, je lui promets de lui envoyer un CD. Il ne savait pas qu’elle était du
Québec. Je lui dis qu’elle aussi elle perd la voix et que j’espère que quand je
vais retrouver la mienne je chante comme elle. On a bien rit. Il m’appelle deux
fois par jour pour connaître mon état de santé et me demande : Tu as trouvé la voix de Céline Dion madame
Tremblay ?
Nous effectuons le check-in l’hôtel
Entente, cette fois ma chambre c’est comme un bunker, porte de métal, douche
qui déborde et me retrouve avec 2 pouces d’eau dans ma chambre, pas de clim,
juste une grosse fan, une terrasse, mais la poisse que je saurai plus tard,
c’est que ma chambre donne justement et directement sur la discothèque du coin.
Je fermerai l’œil à 5 :30 pour une heure.
Nous allons manger Mme Sonny et moi
au Bel-Air et notre poisson est un petit peu plus cuit que la dernière fois mais
somme toute délicieux, il en reste. Je demande à Mme Sonny si je peux offrir ça
à Adama, je sais qu’il n’a pas mangé alors elle est surprise et me dit Ok alors
il vient s’assoir avec nous et enfile le dernier morceau. Nous déposons Mme
Sonny à sa résidence et Adama vient me conduire. Nous jasons un peu dans l’auto
et il m’invite à boire quelque chose sur la terrasse en face de l’hôtel, comme
je ne peux pas trop parler à cause de mon mal de gorge, je le laisse se livrer.
Ce que j’apprends
ne m’étonne pas mais j’ai de la peine pour lui et je voudrais lui dire que tout
va être correct maintenant mais je ne peux pas, je ne peux qu’écouter. À l’âge
de 5 ans ses parents l’on donné à un groupe qui s’en allait travailler en Côte
d’Ivoire.
Il a travaillé avec ces gens
quelque temps ensuite il s’est retrouvé dans un garage, on a longtemps cru que le soir venu, il rentrait
à la maison, mais il s’était fait un lit sous le siège arrière d’une vielle
voiture qui traînait là, il dit que depuis il peut dormir n’importe où et dans
n’importe quelle position. Le jour, il travaillait dans le garage et le soir il
surveillait le garage, jusqu’au jour où le garage a été cambriolé et il a vu
ça, il a eu très peur, il ne pouvait rien faire, et il n’a pas pu identifier
les gars. Ensuite, il a fait d’autres travaux dégradants. Il se rappelle que
les enfants allaient à l’école et que lui n’y allait pas et que l’heure venue
ou tout le monde disparaissait pour apprendre, lui restait là et il dit qu’il
aurait voulu disparaître aussi. Aujourd’hui Adama sait lire, il a appris seul,
en autodidacte et il écrit aussi. Il va lentement mais il va. Il a subit les agressions, d’aller acheter
quelque chose au marché et se le faire voler à la sortie de l’épicerie par des
voyous. Il a des balafres qui lui rappellent ces douloureux moments.
Un jour, quand il a eu une
quinzaine d’années, il a apprit qu’il avait des parents par quelqu’un qui les
connaissait, dès lors, lui qui avait roulé sa bosse au Sénégal, au Cameroun…
dans de menues besognes, avait décidé de rentrer à la maison pour connaître ses
parents. Depuis, ils s’occupent d’eux et les fait vivre. J’ai appris hier
qu’ils avaient un verger de mangues dont ils donnent la production à l’association
W. Alors, où va cet argent ? Pourquoi est-ce que ses parents n’ont pas
vendu leur terre avant de donner leur fils, c’est quoi ça ? Alors pourquoi
ne leur donnent-il pas la terre et lui pourrait l’exploiter ??? Enfin je
ne connais pas tous les détails, sauf que pour rester dans le droit chemin il a
trouvé la religion Musulmane sur son chemin et l’a adoptée. Ce soir nous
discutons jusqu’à minuit, la brise sur la terrasse est meilleure que mon four
crématoire. à suivre...
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